12
Déc
2008

Le givre a commencé à tout recouvrir,

donnant à ce tout un peu de cette patine innommable et désuète que l’on remarque sur les sapins de Noël passés à la bombe pour faire genre "il a neigé dans mon salon". Le cuir se racornissait, même mort il a encore froid, et un petit air vicieux s’amusait à passer entre les mailles, s’engouffrait partout où il pouvait pour se mettre au chaud lui aussi, après tout il n’y a pas de raison. Et on a beau marcher, quand on pense, on ne se réchauffe pas, on s’absorbe soi-même dans une divagation, on s’endort et on gèle. Et accessoirement on va mourir. Et pourtant la létale machine à laver tourne encore, au mépris du danger. Combien faut-il de distance pour arriver à la fin d’une pensée, admettons que celle-ci existe... Le seul fait de se le demander fait encore tourner et retourner les engrenages maudits amis du gel. C’est ainsi je marche, réchauffe le bitume et congèle mon être, crie au génie devant ce froid, implacable mais doux, préfigurant la terre qui se nourrira de mes chairs, hiver comme été.

© GED Ω - 12/12 2008

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