Une petite contribution ?

Chroniques concerts
09
Jui
2011

Handicapé routier est un statut difficile à assumer surtout quand le cigare géant d’un orange flashy trimballe une bien caquetante basse-cour qui semble utiliser le car pour la toute première fois, toutoute première fois.

Le Vinss sur le pied de guerre derrière le volant rejoint, direction Saint-Jean de Védas où la fine fleur de l’orchestre de Lucifer, les maintenant franco-allemands de SECRETS OF THE MOON, vont ouvrir les portes brûlantes du sabbat. Mais avant ça, le Diable, supposons-nous, sous la forme d’une chèvre (véridique !!) se précipite des alentours de la Secret Place vers la route, très fréquentée, gare à tes sabots, jeune capriné ! Un incident dingo qui death-y-dément se déroule toujours devant les mêmes yeux hallucinés, diantre où sont donc mes cachets roses ? 

 

Passé le cap très mondain du salut à chaque tête connue, c’est-à-dire à peu près équivalent au score d’un dictateur africain aux hell’ections, disons 83,8%, larga vida al rock’n’roll et c’est KRAKOW qui ouvre le ba(a)l avec pour ainsi dire un set un poil mollasson entre rock stoner et heavy crasseux, du metal moderne camouflé en filigrane. Ces norvégiens ne laisseront pas grand souvenir en ce jour où les légions de Satan fourbissent leurs cornes métalliques dans l’attente frémissante de la cérémonie à venir. 

 

SECRETS OF THE MOON ainsi placé sur l’affiche laisse un goût amer aux amateurs du groupe mais ne commençons pas, le groupe gratifie le public d’un concert puissant et sans faille mêlant morceaux récents et hymnes plus anciens jusqu’à ce que le canonLucifer speaks mette fin à la messe. L’aura que dégage le groupe est d’une rare intensité, on n’assiste pas seulement à un simple concert mais bien à une sorte de rituel occulte et sulfureux dont la musique n’est qu’un des innombrables vecteurs. Le black metal aux influences rock et heavy fait mouche quand il est commis avec conviction et énergie, ce dont le groupe ne manque pas. Le batteur qui mouline avec ses cheveux au rythme de ses baguettes semble avoir des cervicales de lézard tant, telle est la Loi, le headbanger doit agir avec parcimonie pour ne pas défiler, la queue basse, une minerve au cou. D’ailleurs, aïe. Un moment fort que ce concert qui fait, oui encore, regretter que SECRETS OF THE MOON ne fût pas en tête d’affiche, la suite montre combien le groupe l’aurait mérité. 

 

Car enfin soyons sérieux cinq minutes : les frêles vikings de KAMPFAR, bien gentils avec tout le respect que je dois au panthéon odinique et que l’on croirait engagés dans une tournée éternelle vu qu’ils sont partout tout le temps, et VREID (ex-WINDIR pour les classificateurs du CNRS) qui octroiera à un public pas difficile un metal sombre (noir, vraiment ?!) mais pas transcendant pour un sesterce ne sont pas tout-à-fait au niveau quand on parle d’ambiance, élément crucial d’importance quand on aborde la musique du Diable ou du moins celle qui s’en réclame. Vous permettrez donc à l’auteur de bâiller un bon coup, craquement de mâchoire inclus, et d’aller boire des pintes avec les sauvages du cru.

 

We are Satan generation and we don’t give a fuck pas vrai ?!

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