Une petite contribution ?

Chroniques concerts
31
Jan
2012

On aura rarement vu autant de monde se presser dans le hall de la Tuilerie,

il est d’autant plus compliqué, quand ça jacasse le plus discrètement du monde à la manière toute locale, d’identifier les notes sortant des instruments des élèves de l’école de musique municipale. Un morceau teinté d’effets orientalisants sert grosso modo d’intro à l’immense Kashmir de LED ZEP’, restitué avec fraîcheur et soin, une mise en bouche agréable qui aurait sûrement mérité un endroit, par exemple le petit salon du fond, plus propice pour installer la formation. Mais en tout cas un beau cadeau pour les oreilles ouvertes, du rythme et de la couleur, Shéhéraz’hard ?! 

 

A la seconde où les jeunots décampent le public se rue vers l’entrée de la salle qui affiche donc complet avec plus de 500 personnes...assises. L’intro tout en puissance, paye ton jazz à coloration limite funk, transmet un message : si les cuivres étaient prévenus qu’ils allaient en prendre plein les tympans, les batteurs et bassistes vont aussi devoir retourner bosser tellement le niveau frise la perfection, en particulier le viking débonnaire à la quatre cordes qui n’en finit pas d’étonner. Le groove déployé par le groupe est tout bonnement infernal (Speed dating) voire chamanique et psilocybien (Obsession). Les influences fusent en tous sens : jazz roots, oriental, latino, et bien souvent (heavy) rock. L’auto-dérision de l’homme "en pyjama" fait plaisir à voir, la simplicité liée à la virtuosité est le gage des grands concerts surtout quand on y injecte autant d’humour (le duo Ibrahim versus Ibrahim est un must). Et autant donner libre cours à ses musiciens est aussi une preuve d’humilité bienvenue dans un monde souvent flétri par les égos. On reste encore sous le choc du colossal morceau Beirut qui mène l’auditeur, pourtant aux aguets, de l’intimité de souvenirs personnels marquants à un réveil cataclysmique zeppelinien sur le final. Si un reproche était à faire, ce serait d’avoir réussi à coller à toute la salle du Delerm (fils) dans le crâne, ce qui n’est pas franchement aisé quand on connaît les goûts de la maison. Pour le reste, rien à dire, excellent concert.

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