Chroniques concerts
20
Mar
2017

Le vaisseau MAGMA a fait halte au Sonambule samedi dernier !  

Et dès la première seconde on s’est envolé aux côtés de huit guides vecteurs d'émotions multiples sur un rythme qui transporte immanquablement très loin, très haut, l'auditeur de passage, comme à chaque fois 1. L’exceptionnel pilote-batteur Christian Vander est toujours à la barre et vocalise même parfois dans cette mystérieuse langue, parfois rugueuse comme un discours du Dictateur de Chaplin s’il n’étaient ces légendaires chœurs de sirènes des trois chanteurs narrant les épopées zeuhl en tête de proue de cinq musiciens virtuoses.

Free jazz, rock, progressif, le groupe ne peut / veut entrer dans aucun des carcans stylistiques à part celui qui porte son nom. D'une puissance terrible quand cette basse grouille et gronde en suivant les sinusoïdes d’une batterie arachnéenne qui sait se faire aussi fine que forte, chacune des longues compositions du groupe est un trip super cinématographique qui permet d'imaginer des images autant que Druillet par exemple peut inspirer du son avec ses peintures. Et on n'ose imaginer la tête des partitions et des siècles pour les apprendre par cœur, quel est donc le secret des kobaïens ? D'autant qu'on ne sait pas toujours quand commence un morceau et quand un autre se finit, voir par exemple la trilogie épique Emehnteht-Re qu’on nous sert, tac, là comme ça, en copieuse entrée.

L’inquiétant Theusz Hamtaahk, martial et massif, rappellerait presque les tambours de guerre orcs lors d'une inexorable invasion made in Tolkien (et ce rythme sur une telle longueur doit demander une sacrée force physique) tandis que le classique Kobaïa est une intemporelle invitation au voyage qui fait toujours son effet. MAGMA offrira un rappel sous une forme originale puisque c’est sur la ballade Ehn Deiss, un morceau du projet OFFERING, que s’achève un concert une fois de plus magique pour les fans qui ont rempli la salle et applaudi chaudement un groupe précieux, à voir absolument au moins une fois sous peine de mourir tristement inachevé.

Petite note pour finir, le groupe affirme ne pas bouder Montpellier mais a priori personne ne l'y invite, peut-être que quelque chose pourrait / devrait être fait en ce sens, bien que retourner au Sonambule est toujours un très grand plaisir ?

Spéciale Ged-y-casse à Anaïs, Ganis et surtout à Mathieu (avec un grand merci !).

1 voir MAGMA [Fra] à Carcassonne, Square André Chénier le 30/07/13 et puis, si tu as le temps, essaie donc MAGMA [Fra] Kobaïa (Le Chant du Monde) 1970 Réédition 2009 et MAGMA [Fra] Félicité thösz (Seventh Recs) 2012.

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Ged-set power !