Chroniques concerts
16
Mai
2017

[C'est au Jardin des Plantes de Montpellier,

où les jeunes filles viennent montrer à leur petit ami « l’arbre le plus classe du monde » (en l'occurrence un vénérable pistachier) et où les couples évoquent dans le calme la théorie du complot, que la journée, forcément embrumée, commence… Car tout le monde ne survit pas facilement au combo Banzaï / Kanpaï 1 et le Moshfest, tapi dans l'ombre, ne demande qu'à fondre sur nous pour nous coller l'atémi sonore ultime, la double attaque INHUMATE / BLOCKHEADS promettant juste l'atomisation totale espérée tant de fois… Une dose de doc historique pour calmer la machine, un coup de tram qui apporte la preuve qu'une partie exhibitionniste de la jeunesse est définitivement à jeter à la benne (« on va acheter de la coke de gitans » gueulé bien fort, la veille c'était « jpeupadormisanbédo, fokjaïàcellneuv » encore plus fort pour que tout le car entende) et hop arrêt minute pour grimper dans la Zazamobile de nos amours et let's fuego à la TAF !]


Ce massacre de The Trooper lors de la balance se paiera forcément dans l’autre monde, mais pour le reste, PENDRAK préci-pite les tympans dans une machine à baffes version grind avec des passages sombres et lourds, des cris aigus à la MACABRE qui n'excluent pas pour autant l'humour (3615 connard haha !). Ces messieurs parlent peut-être un trop entre les morceaux mais envoient sévère quand même et rendent même hommage à Bill Paxton, ce qui est cool. LUST FOR DEATH suit et, après une intro instrumentale très BOLT THROWER (époque In battle 2) et un petit côté CRUZ 3, délivre un set charismatique de death aux senteurs doom et crust beaucoup plus métallique, lent et sombre que reste de l'affiche. Un régal.

Avec RIPOSTE, c’est retour au grindcore option power violence cinglé avec une frêle vocaliste dissimulant une putain de voix de grizzly en rut qui en mettra quelques-uns sur le cul, une jolie baffe en vérité que cette intense prestation que l’on aurait presque, en bon audiomasochiste, voulu voir plus longue. VENGEANCE se caractérise ensuite par un double chant masculin / féminin et ponctue ses attaques soniques par des passages parfois eyehategodo-sabbathiens mais le maelström de violence est de mise le plus souvent, youpi donc, c'est bon quand ça fait mal. Quand on laisse traîner la partie des oreilles encore valide, on note que ces deux groupes ont particulièrement marqué les esprits. 

T'en veux de la tarte ? Ça tombe bien INHUMATE arrive et la tannée annoncée se transforme en carnage absolu tant le groupe semble content de revenir dans le Sud (la dernière fois c’était sûrement à Saint-Sulpice pour Une Nuit en Enfer ?) et d'être confronté à un public aussi déchaîné. Un extrait du dernier album « qui sortira avant la fin du siècle » et tout le monde finit sur scène ! Excellent gig qui place la barre très haut pour les nancéiens de BLOCKHEADS, le dernier gros morceau de la soirée. « Dans la bonne humeur et avec détermination », ils prouvent à leur tour être une machine de guerre imparable pour tout fan de grindcore classique et livre un set à son tour inoubliable, tout en dispensant à leur habitude un discours engagé et intelligent. Argh ! Revenez quand vous voulez !

Entre les bastons d’épées en mousse, l’absence salutaire de barrières entre artistes et public, un bon esprit général typiquement grindcore, vous aurez compris qu’on s’est mangé une soirée qui tue, qu'on aurait toutefois bien vue, pour pinailler jusqu'au bout, garnie d'un petit peu plus de monde. Mais la grillade de Vinz à suivre sur le trottoir devant avec les copains sera la cerise sur un gâteau déjà merveilleux et comme on dit dans le Bouchonnois en philosophant sur l’époque, « sieg de gauche, anarcho de droite, Macron pénis ». Mais tu dis p’t’êt’ ça « parce que t’es colère » ? Ils ne le savaient pas encore, mais l’apéro ne faisait que commencer… À suivre…

1 voir Sortie du Banzai spécial Horreur : JC SATAN [Fra] + URBAN JR [Swi] + BERENICE BANG BANG [Fra] à Montpellier, Maison Pour Tous Voltaire le 12/05/17.

2 Il te le faut : BOLT THROWER [Uk] In battle there is no law ! 12’’ (Vinyl Solution) 1988.

3 Il le te faut aussi celui-là : CRUZ [Spa] Culto abismal (Selfmadegod - 2015).

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