Chroniques concerts
13
Juil
2017

Pas prévues comme elles se sont déroulées cette année,

on avait fait une croix sur les Déferlantes que nous n’avions pourtant pas loupées une fois depuis au moins 2009. Les aléas de la logistique ne nous y reprendront plus, l’âge aidant, tout sera désormais soigneusement calculé ou biffé de la liste des choses à faire. Résolution estivale, certes, mais ferme résolution quand même.   

En attendant, pour cause d’étape surprise, les Déferlantes commencent à Béziers cette année, par le biais d’un petit crochet par l'église Saint-Jacques - les hasards du calendrier, encore - et c'est une envolée d'orgue bienvenue qui nous mettra en appétit sous un effroyable cagnard, vive donc les porches d'église et l'ombre salvatrice qui y règne ! Direction Perpignan pour la prochaine étape où nous jetons nos affaires, il va falloir speeder tant l’heure a tourné et bien que nous vouions systématiquement aux gémonies tout manquement aux premières parties, nous loupons direct les deux principales raisons de notre venue, N3RDISTAN et TINARIWEN. Fuck.

Parce que, c’est le moins que l’on puisse dire, on n’a jamais pu accrocher avec SKIP THE USE et c’est son chanteur Mat bastard en solo qui prend la suite avec un set d’électro pop rock aux touches punk qui se révèle à vrai dire plutôt supportable, Mat étant tout de même un super frontman qui met une ambiance de ouf avec son accent qui rappelle celui du chanteur de NAIVE NEW BEATERS et quelques reprises punkoïdes hyper efficaces, même LOUISE ATTAQUE sonne mortel ici, c’est dire ! Pas notre came du tout mais un moment d’énergie partagé avec beaucoup de ferveur de part et d’autre de la scène, bel échange qui a dû faire grimper les fans aux rideaux vu le feu entretenu dans la fosse.

Venue de Trinité et Tobago, Calypso Rose porte bien son nom, le calypso old school à donf (agrémenté de touches ska / reggae et soul) dont elle est proclamée la reine par nombre de connaisseurs, apporte un peu de douceur et de légèreté dans ce monde de diablotins, mais pas moins d’énergie pour autant, à soixante-dix-sept balais la dame ne manque ni de peps ni de gouaille et donne dans le discours positif et festif tout en n’hésitant pas à évoquer ses racines, par exemple sa grand-mère vendue comme esclave en son temps. Après plus de cinquante ans de carrière et un dernier album produit par Manu Chao, Calypso Rose n’a pas dit son dernier mot et compte bien continuer son chemin tant qu’elle le pourra.

Bien sûr ensuite tout le monde, à part bien sûr Nawakulture qui développa fort tôt une allergie totale à la galaxie MANO NEGRA pour l’habituelle histoire de goûts et de couleurs, attend Manu Chao qui va délivrer le show rêvé par des fans se plaignant souvent du peu de concerts donnés en France par l’artiste (avouons qu'ils sont gâtés cette année !), c'est-à-dire une longuissime compilation de ses innombrables succès, prolongée de plusieurs rappels. Les amateurs sont en transe et s’en souviendront sûrement longtemps pendant que certains, dont votre non-serviteur, admirent en trépignant l'énorme backdrop AIRBOURNE installé sur la scène voisine, beaucoup plus dans leurs cordes de rockeurs.

S’il inspire des craintes rapport à sa prestation décevante à Évreux il y a quelques années, le groupe arrivera sans problème à installer enfin un peu de dynamite dans cette affiche un rien gentillette. Les australiens forment une machine de guerre absolument imparable ce soir, pile à cheval entre un AC/DC qui aurait oublié le blues et un NASHVILLE PUSSY furax, on en a encore mal aux cervicales, voire aux cheveux, tant la setlist est choisie pour transformer les membres du public qui n’ont pas fui juste après le concert précédent en petits pantins dont le groupe fait ce qu’il veut comme le joueur de flûtes avec les rats d’Hamelin. Putain que ça fait du bien.

Par malheur, le son ultrassourdissant alloué à DIE ANTWOORD nous pousse illico vers la sortie, dommage car le groupe sud-africain s’avère souvent une autre belle machine scénique, mais vu l’état général des fonctions auditives il ne faut pas insister, la route sera longue le lendemain et on a plein d’autres concerts à voir pour vous livrer notre authentique version des faits, à l’année prochaine Argelès si tout va bien, on the road again !

Spéciale Ged-y-casse à Lara, Julien et Yoann dont l'aide fut cruciale dans cette épineuse affaire. 

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