Tu payes ton coup ?

Chroniques concerts
04
Juil
2018

A priori, ces saloperies de cigales ne se rendent toujours pas compte

que leur chant est anxiogène pour les héliophobes ! En effet, dès que l’on entend leur chant (ha !) s’installe l’impression qu'il fait plus chaud que ce qu'il fait vraiment. Et il fait une chaleur à crever. Ne reste-t-il donc pour lutter que les très en forme pigeons-rats-du-ciel, avec leur chœur singeant à s’y méprendre les ululantes premières mesures de Sympathy for the devil, comme pour nous sauver de ces infâmes stridulations ?!

Laissons cela, car après une belle balade au milieu des dangers publics nommés camionneurs ou touristes, arrivée à Vienne, escampation des affaires à l’hôtel, petit bière au milieu d’un essaim d’amères-loques à l’épouvantable accent du Sud et ce ton gueulard légendaire que chacun doit envier à son orange président. La ville de Vienne, quand on l’arpente ensuite, semble condamnée à voir se succéder l’affreux et le magnifique à chaque coin de rue, quel triste centre-ville que celui où l’on ne compte plus les magasin fermés - parfois avec des planches - avant d’accéder au sublime théâtre et ses abords d’époques variées !

C’est là que ne tardera pas - trop - à arriver Joanne Shaw Taylor qui interprète avec son groupe une forme musclée de blues rock nantie d'une voix profonde et puissante. Un groove certain émane d’une section rythmique costaude, un clavier subtil et volubile se balade aussi sur la partition qui exhalent parfois des réminiscence d’un Rory Gallagher. Dommage que les adjonctions pop funky gâchent un peu notre fête mais le succès est total, le public ne sera pas content du tout que l’on ne consentît point de rappel aux anglais alors que le soleil est juste en train de se coucher.

De plus, à partir de là on nous fait un peu trop attendre môssieur Geoffrey Arnold Beck, surtout qu’y fait mal au cul sur les cailloux multiséculaires locaux mais, enfin, la formation déboule. Jeff Beck à la gratte (et surtout pas au micro), un batteur, une bassiste et une violoncelliste, sans compter un chanteur occasionnel et c’est parti pour une intro digne d'un croisement entre RAGE AGAINST THE MACHINE et PRODIGY qui n’est pas sans surprendre d’autant que la suite ultra groovy sonne jazz fusion rock pendant un long chapitre.

On assistera ensuite la plupart du temps à une prestation axée sur les facettes progressive et démonstrative du Maître et non pas, à l’encontre de nos espoirs, celle du hard blues hero d’antan. Plus sculpteur de sons que musicien affable (il dira deux mots au micro), on reconnaît que Beck est entouré d’un groupe de virtuoses dont la technique ne devrait néanmoins pas éclipser la folie nécessaire à l'échange, et pas forcément celui que tente d’instaurer un gesticulant chanteur trop bruyant pour être honnête. La déception n’est pas totale car chaque composition est une tuerie, et on est très heureux d’écouter quelques - courtes - vieilleries mais on a plus eu l’impression d’être à une expo qu’à un concert.

Le centre est moribond quand nous y redescendons nos fesses fripées et déformées pour décortiquer ce moment autour de quoi se sustenter, qui son ardoise géante de charcuterie, qui son verre de blanc, pour la peine, nous remonterons nous taper une dégustation de pinard au Club de Minuit dont le concert est bondé à donf. Sur le retour, on se rappellera du Jazz à Vienne comme d'un festival qui fait gaffe à l'esthétique et au recyclage - ça, ça fait toujours plaisir ici - emploie un personnel accueillant, en particulier au rayon sécurité. On the road again, spéciale Ged-y-casse à Pierre !

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