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Chroniques concerts
09
Jui
2019

« La culture enfin dans le désordre » qu’on vous hurle depuis le début !

Théâtre, BD et concerts les deux derniers jours 1, là on part sur graffiti, photographie et musique entre autres ! Gueule de bois, récupération de livres, lavage de voiture, dans cette journée pleine d’embûches, les missions s’accomplissent avec force et honneur malgré une chaleur souvent épouvantable pour le viking au clavier, et l’arrivée à Puilacher coïncide avec des retrouvailles : les inestimables havrais Chris et Yak, fanatiques de street art diplômés, sont là, mais aussi avec les Gouzous du copain Jace (long time no see amigo, caramba, encore raté !) que l’on se met à chercher sur un site envahi par les œuvres de nombre de graffeurs confirmés (Ose, Bault, PRO 176, Sixe, HIEN…).

Une expo - surtout - photo permet de survivre aux attaques du soleil, c’est sur les quatre étages de la coopé que les images sont exposées, chouette cadre odorant que cette auguste bâtisse. Au premier étage, Raphaelle Monvoisin, toute en sensualité et en contemplation de la Nature, au second les paysages et scènes de la vie asiatique par le très doué Kares Leroy, au troisième les souvenirs urbex de Jean-Joaquim Crassous et enfin au quatrième des dessins d'enfants, des sculptures de métal et une installation magnifique qui voit l'homme enfin marcher vers la lumière (d’un vert qu’auraient apprécié Mario Bava et Roger Corman.

Il est déjà temps de redescendre boire des c…euh d’aller assister à la prestation de SARCASM (un si doux nom pour votre non-serviteur, ceux qui le connaissent comprendront…), un groupe mené par un très joli brin de voix (un peu comme si Janis se réincarnait en Jayne pour un titre des CRANBERRIES ?) qui se pose avec talent sur un coffrage groove rock bizarrement amateur de cravates bigarrées. Le violon électrique apporte une touche originale mais c’est la technique confirmée de ces très jeunes musiciens qui fait plaisir à entendre, continuez sur le bon chemin jeune gens, même s’il semble qu’on n’ait plus grand chose à vous apprendre côté musique. Peut-être à bouger un peu plus malgré une scène microscopique ?

Avec tout ça, enthousiasme et vin blanc aidant, on finit par craquer devant les senteurs jouissives de la cuisine très rock’n’roll / steampunk du Raph-iné, concoctant de plus pour votre non-serviteur un monstrueux burger sans viande tout à fait à sa place entre le vin de la veille et le vin de ce soir. Sur la grande scène trois groupes à suivre, ROSEDALE n’est pas forcément la came de la maison, principalement à cause d’un tempo un peu lent pour nos goûts de barbare, mais c’est bien d’un blues rock volontiers heavy qu’il faut parler ici, une jolie prestation dominée par une belle voix tout en puissance et en émotion mais aussi par la frappe costaude d’un batteur motivé et l’apparition d’un funambule hallucinant. Chouette reprise des BEATLES au passage.

Les beaux amplis Orange annoncent ensuite clairement l'artillerie lourde, le LAURA COX BAND pratique en effet un hard rock lourd et terriblement efficace et pourvu d’un très gros son (wow c'te basse !!). Pas exempte des clichés scéniques sans âge du rock dur ni de son côté parfois un peu linéaire, le set défonce le plus souvent dans un axe AC/DC / THE CULT / NASHVILLE PUSSY / HIGHWAY fort agréable quand on est amateur de ces bûcherons inoxydables, argh, on vous parle de l'album dès que possible, promis !! Par contre, c’est quoi ce merdier les gens de se barrer comme ça avant le dernier groupe, z’avez pas honte non ? Citons l’intellectuel Ted Nugent pour rester dans le hard saignant : « si c’est trop fort, c’est qu’t’es trop vieux ! ». Et dire que de nuit et sous le déluge des décibels le funambule death-y-dément incroyable récidive...

La violence du CLASH des débuts couplée à la mélancolie poètique d’un JOY DIVISION qui aurait décidé de virer au rock’n’roll qui tient chaud : les Moutons Fabuleux livrent une nouvelle fois un concert à la mesure de leur talent et même si ceux-ci sont peut-être un peu perfectionnistes et virent planer des doutes, on a trouvé pour notre part formidable ce concert : quand on rend évidentes la trace de ses racines, qu’on exprime la force de sortir les tripes et qu’on arbore une telle originalité, on se doit d'accepter les lauriers. Vous les avez les gars, et ce répertoire, comme le jus de raisin de Puilacher, se bonifie avec le temps, à force d’interprétations, on est juste pressé de voir sortir un nouveau disque (en vinyle hein ?!) pour faire plaisir à la platine et à ces gros nazes de voisins. A bon entendeur, à bientôt sur la route.

Post-scriptum à caractère logistique : on trouve tout de même fort dommage que les foodtrucks et le festival même ne fassent pas plus attention que ça à la cruciale politique de tri des déchets, et l'absence de bouchons pour les oreilles, maintenant disponibles gratuitement un peu partout auprès des institutions, devrait préoccuper tout le monde vu le nombre d'enfants sans protections que nous croisons dans la foule. Chouette festival néanmoins, à l’année prochaine peut-être donc.

1 voir Les Mondes sauvages de Cromwell + Bâtard à Béziers, Médiathèque André Malraux le 6 juin 2019 et Festival BD de Sérignan 2019 : Battle de dessin Yoann (Spirou) VS Witko (Fluide Glacial) à Sérignan, Parvis de la Médiathèque le 08/06/19.

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