Tu payes ton coup ?

Expositions / Salons
11
Avr
2017

Le syndrome de Stendhal ne prévient pas, boum, prends ça dans ta gueule…

Et le préraphaélisme aquatique de cette belle noyée sur l’affiche est juste superbe, et donne l’envie d'écrire une histoire autour (ce qui fut fait, en fait, voir ci-dessous) puisqu’elle s’imprime immédiatement sur le cervelet malade de votre non-serviteur. Rares sont les gens qui remuent les tripes d’un vieil anar désabusé, ne trouvant son chemin intéressant que quand il file droit dans le mur. Mais des fenêtres se manifestent parfois le long du couloir sombre de la vie, elles s’ouvrent sur un autre monde, plus beau selon les goûts, en tout cas plus en adéquation avec l’état général de celui qui l’arpente.

Mylène descend d’une belle et longue lignée de photographes et perpétue à sa manière une image fortement ancrée dans l’Histoire, fût-elle réelle ou fictive, montre un réel et touchant attachement à la Nature et à la Tradition, quoi que ce dernier mot veuille dire chez chacun, et crée de véritables tableaux avec ses appareils, ses logiciels et surtout son arme secrète : une âme qui voit à travers les objets les sentiments qu’ils inspireront. Ne trouverait-on pas là l’expression d'un rêve collectif que l'on pourrait toucher ? Un petit tour à la Mécanique, dont les murs sont désormais constellés de récits graphiques, suffira à convaincre le pire des imbéciles.

La dame derrière l’objectif commet aussi des pochettes de disques, voire des vidéos, par exemple pour l’excellent Summer solstice du danois :OF THE WAND AND THE MOON:, un film simple et bien fait, sans intellectualisme de glandu et avec la poésie comme on aime (nous, les rêveurs en noir) en voir le plus souvent, surtout tournée dans les forêts de notre royaume cérébral, t’as plus qu’à cliquer là et nous souhaiter une bonne journée : https://www.youtube.com/watch?v=534lgrxz1xg.

[Exposition à visiter jusqu’au 1er mai, entrée libre, même si on a le droit de boire un coup sur place, of corpse. Sinon, vil casanier, il te reste le site de l'artiste pour t'en prendre plein les œils : http://www.blacksshark.com/]

 

***

POST-SCRIPTUM : le texte inspiré par la photo s'appelle bêtement I, va savoir pourquoi…

I

Les couloirs du temps et de la réalité me sont désormais interdits, à moins que tout ceci ne tienne qu'à la machination d'un dieu vengeur, ou plus simplement à une hallucination ? J'étais prise depuis ma tendre enfance de passion pour le patinage et nous avions pour voisin un bras de rivière qui gelait chaque année pour mon plus grand bonheur. Dès que ceci se produisait, je courais à la remise récupérer mes patins, les remettais en état et filais sur la glace tournoyer jusqu'à plus soif. Je ne possédais pas la technique des grands de la discipline mais je mettais un point d'honneur depuis très longtemps à ne jamais perdre l'équilibre, à patiner et user la glace de façon uniforme pour qu'elle dure un maximum de temps.

Ce fut donc une surprise totale quand soudain un matin je dérapai et tombai à plat sur cette froide surface. Un peu sonnée, je reprenais mes esprit quand soudain je crus voir apparaître sous la glace quelque chose qui bougeait. J'avais déjà remarqué des poissons les fois précédentes, me demandant à chaque fois comment ceux-ci pouvaient survivre dans des conditions de vie aussi extrêmes. Mais ce n'était pas un poisson que je voyais, plutôt quelque chose de long, qui ondulait... Un serpent peut-être ?

La couche de glace, je m'en apercevais avec stupeur, était plutôt fine à l'endroit où je gisais, et bientôt je devinai que l'objet mouvant était une fine corde, un peu comme celle que mon père m’avait confectionnée, celle qui réunissait depuis toujours mes patins quand je les transportais vers ma patinoire secrète. Rassemblant mes maigres forces, je rampai sur la glace avec un étrange sentiment, je ne fus même pas surprise quand je vis la main fine et blanche qui tenait la cordelette !

Une jeune fille reposait là, et l'eau donnait à sa chevelure une présence spectrale et étendue, comme de fines racines prises dans l'ambre, je grattai et grattai encore pour tenter de voir le visage de l'inconnue quand je m'aperçus à la faveur d'une oreille qui se déboucha dans un craquement sinistre que c’était moi qui étais dans l'eau et que ce que mon esprit à l'agonie croyait apercevoir était mon reflet dans la glace qui me retenait prisonnière et mortellement engourdie !

[GEDΩ]

 

[Si tu as cinq minutes de plus, on peut lire quelques mots sur le concert qui accompagnait le vernissage ici : SOLVENTIS [Fra] à Toulouse, La Mécanique des Fluides le 08/04/17]

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