Tu payes ton coup ?

Chroniques CD
01
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Charcuter Somewhere (de West side story) d’entrée de jeu,

si c’était pour prendre l’auditeur à contrepied, c’est réussi mon Tommy, d’autant que la voix du maestro est définitivement éraillée, écorchée, rocailleuse, et le ton jazz folk en vogue sur le précédent Foreign affairs fait ici plus de place à la gratte électrique et parfois même à un piano électrique (!), et les félins Red shows by the drugstore ou Romeo is bleeding, le long et bluesy $29.00, nous collent encore à l’esprit un speak-easy d’où émanent fumée de tabac, effluves de gnôles diverses et variées et notes posées aléatoirement sur un clavier pégueux par les mains d’un type sacrément attaqué… Sauf que Da Willie Gonga maîtrise son piano comme personne, et laisse la plupart du temps les mains libres au patron qui empoigne le micro pour déblatérer une fois encore des histoires de nuits arrosées et pleines de musique et de personnages louches mais toujours touchants, n’hésitant pas à piétiner les mots au point qu’ils atterrissent de façon inhabituelle sur les partitions, la voix en vrai instrument qui se fout des styles et des genres, et joue tant qu’elle le peut les trouble-tête avec effets de crooner dingo, cris de coyote ou susurrements grivois. On aime les disques aussi dispersés que celui-ci, abordant différents domaines avec la même nonchalance et, paradoxalement, la même maîtrise. Miam.

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