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Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : actionisation d’une westernisation

Scénar : en 1878, la tranquillité de la petite ville minière californienne de Rose Creek est troublée par les exactions du magnat Bartholomew Bogue qui veut s'emparer des terres pour une bouchée de pain et ce par n’importe quel moyen. La population se déchire alors pour savoir si elle compte entreprendre de se défendre ou pas. Mais Bogue et ses hommes n’hésitent pas à rappeler soudain qui sont les patrons, ils brûlent même l’église et tuent leurs contradicteurs pour fêter ça, tout en prévenant qu’ils reviendront dans trois semaines. Juste le temps qu’il faut pour s’organiser. Avec de l’argent réuni avec quelques habitants, Emma Cullen, qui vient de voir son mari se faire tuer, engage le chasseur de primes Sam Chisolm qui monte une équipe dans la foulée avec Faraday le joueur et tueur d'exception, « l'ange de la mort » Goodnight Robicheaux et son acolyte Billy Rocks le lanceur de couteau, le fougueux Vasquez, Jack Horne l’ex-scalpeur zélé, manquerait plus qu'un indien renégat tiens.

« - ça s'ra périlleux ?
- infaisable ».

À entendre les vieux radoteurs (dont nous sommes sans nul doute la plupart du temps), il ne fallait pas toucher à l'excellent western de John Sturges 1. Alors, on vous voit venir, devra-t-on s’attendre à un film chiant signé monsieur Fuqua ? D’autant que chez Nawakulture on déteste royalement les remakes qui prouvent, à l’instar des « artistes » français de la « chanson » qu’on ne sait plus rien faire d'autre que de piller les tombes des héros passés ? Que nenni car ces Sept mercenaires-là proposent un sacré moment de divertissement si l'on met intelligemment de côté les souvenirs du premier film portant ce titre. Et Lucifer sait que le divertissement est le but ultime en ces sombres jours. Un moment sans message ampoulé, sans discours manipulateur, sans leçon de morale (ou presque), ça fait toujours du bien, alors si en plus ça explose de partout et que des méchants se font dézinguer en quantité industrielle, ben c’est tant mieux. Youpi. On aurait juste pu se passer du clin d’œil graphique un rien putassier au dernier Tarantino dont l’affiche est un poil suçotée sans vergogne.

Pour le reste, si on n’est vraiment pas fan de Denzel Washington que l’on soupçonne de toujours jouer le même rôle (on se remémorerait presque Man on fire ici ou là), les personnages hauts en couleurs pullulent dans ces paysages magnifiques : Peter Sarsgaard interprète un méchant totalement halluciné (un croisement entre le Gianmaria Volonté de chez Leone et le Gary Oldman de Léon ?) et on est ravi de voir apparaître un Vincent D’Onofrio (surtout connu pour son rôle dans New York - Section criminelle) visiblement bien nourri pour une session Bud Spencer sous acides assez réjouissante. Chris Pratt (Les Gardiens de la galaxie…), Ethan Hawke (Le Cercle des poètes disparus, Croc-Blanc, Bienvenue à Gattaca, Lord of war…), Byung-hun Lee (Le Bon, la brute et le cinglé !), Manuel Garcia-Rulfo et Martin Sensmeier assurent le boulot, tout comme la ravissante Haley Bennett (Le Come back, Marley & Moi…) un peu perdue au milieu de tous ces rudes garçons.

Le western aurait-il donc été remis au gout du jour, y avait longtemps, par les derniers Tarantino 2 ? Dans tous les cas tant mieux, et si on préfèrerait voir l’émergence d’œuvres originales, on doit bien dire que malgré quelques détails différant du glorieux Sturges, ce film soutient souvent la comparaison avec « l'original » d’autant que certaines scènes ou dialogues sont directement piqués à  l’ « original » (le duel couteau / flingue, les « jusqu'ici tout va bien » et « si Dieu n'avait pas voulu les tondre… », certains phrasés de la musique et caetera). Ceci dit, en contrepartie on a la Gatlin, plus de suspense et d'action que dans le premier, reste à savoir si vous êtes prêt à faire abstraction du passé.

1 voir Les Sept mercenaires de John Sturges (avec Yul Brynner, Steve McQueen…) 1960

2 voir Django unchained de Quentin Tarantino (avec Jamie Foxx, Christoph Waltz…) 2012 et The Hateful Eight de Quentin Tarantino (avec Samuel L. Jackson, Michael Madsen…) 2015

https://www.youtube.com/watch?v=VDgcaTqvsmk

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