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Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : folie dure

Scénar : Carole bosse dans un salon de beauté de Londres. Mais ce jour-là elle paraît ailleurs, au point que ses collègues soupçonnent une amourette mais non, rien à voir. Car si elle fait tourner toutes les têtes dans la rue, elle semble horrifiée par les hommes, dont le mec (marié) de sa sœur avec qui elle partage un appartement. Elle évite même la cour assidue d’un jeune homme gentil et particulièrement amouraché de cette étrange fille qui reste de glace devant ses avances, ses baisers, qui s’enfuit même comme une sauvage. La sœur et son amant partent pour une dizaine de jours en Italie et Carole flippe de se retrouver seule d’autant qu’elle est visiblement atteinte de sacrés troubles mentaux, elle souffre aussi d’insomnies chroniques, commence à voir apparaître des fissures dans les murs et les trottoirs, s’enferme bientôt dans le mutisme…et devient effrayante.

Deuxième film de Roman Polanski après le très bon Le Couteau dans l’eau 1, Répulsion débute par un gros plan sur un œil puis le visage parfait d’une jeune et impressionnante Catherine Deneuve dans ce rôle d’ange glacé enfermé dans un univers effrayant juste à la façon quasi-claustrophobique que Polanski a de filmer les intérieurs en évitant un maximum les dialogues, imposant même carrément le silence total sur certaines séquences, pas besoin donc de violence visuelle ou presque, les coup de flip sont glaçants dans une telle atmosphère et l’équation se fait simplissime : une image, un son, un frisson.

Mais si le visuel reste globalement chaste, le son est des plus inquiétant car la discrète bande originale jazzy feutrée (voire cet étrange trio de charleston incongru qui traverse la route à deux moments du film, comme pour annoncer les actes à suivre) est régulièrement émaillée de stridences soudaines pour accentuer le dérangeant du film, vous n’oublierez pas de sitôt, par exemple, la scène, grandiose, des mains qui sortent des murs pour agripper l’âme en peine. Un ange dans l’enfer de la folie qui, quand elle pose un lapin, c’est pour le laisser pourrir. Magistral.
 

Bonus : livret de huit pages avec des citations d’interviews de Polanski et Deneuve.

1 voir Le Couteau dans l’eau de Roman Polanski (avec Jolanta Umecka, Leon Niemczyk…) 1963

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