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[Publié à l’origine dans La Pieuvre du Midi N°57 - writer’s cut]

Cinéma : Le Procès du siècle de Mick Jackson 

Genre : éternel rappel

Scénar : Deborah Lipstadt est une prof énergique et impliquée auprès de ses élèves avec lesquels elle aborde le négationnisme, elle a même écrit un livre sur le sujet et donne régulièrement des conférences tout en refusant le débat avec des gens comme l’écrivain David Irving qui finit par lui faire un procès pour diffamation. Niant l’existence des chambres à gaz et frayant avec les néonazis, Irving ne voit qu’en Deborah une femme et une juive, donc forcément un obstacle mineur, d'autant que le procès aura lieu en Angleterre où la présomption d'innocence n'existe pas. Elle va tout simplement…devoir prouver la Shoah ! Irving, historien sans le moindre diplôme, cherche la reconnaissance de ses « pairs » et cette affaire n'est qu'un prétexte. Mais entourée d’une équipe d’avocats chevronnés, Deborah va relever le défi car une victoire d'Irving légitimerait la diffusion d’un l'antisémitisme rampant et, pire, celle du doute.

Connu pour la réalisation des moyens Bodyguard et Volcano et surtout cantonné à une carrière de réalisateur pour la télé, Mick Jackson surprend son monde avec cette œuvre, histoire vraie qui est. Si la recherche historique est un révisionnisme permanent quand on réfléchit cinq secondes, le mensonge ne peut être de l'histoire, c’est ce que rappelle le film. Nier l’évidence comme un David Irving, c’est incarner la plus infâme des mauvaises fois. Et plus de soixante-dix ans après les faits, et avec de moins en moins de survivants pour parler, une lutte de tous les instants pour la préservation des connaissances est nécessaire à une époque où n'importe quel débile peut se déclarer érudit en se nourrissant d'hoax et de publications orientées. Ce très bon film montre plutôt bien le travail de détricotage du mensonge auquel il faut s’attaquer et les acteurs principaux (Rachel Weisz, Tom Wilkinson - excellent en avocat brillant qui boit du Pommard dans des gobelets en plastique et fume des Gitanes ! - et Timothy Spall) sont formidables, ne manquaient plus d’une bande originale feutrée signée Howard Shore et la permission pour l’équipe d’aller tourner quelques séquences à Auschwitz pour faire de ce Procès du siècle un film sérieux et crédible.

Comment faire, si on ne veut pas donner tribune au doute, à part démonter le doute lui-même ? Et, au lieu de leur faire de la publicité en les évoquant partout ensuite, on devrait appliquer la même formule à toutes les saloperies que l’on peut voir passer impunément sur les réseaux (pourtant toujours prompts à censurer le moindre téton), relayées par des vecteurs aussi idiots que leurs pseudonymes de profil. Les négationnistes vont encore reprocher le tournage d'un film autour de la Shoah, il est surtout le procès d’un siècle où, sous couvert de la liberté d’expression, le mensonge se voudrait histoire. Gardez les yeux ouverts !

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