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Chroniques Blu-Ray
07
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : conte slave haut en couleurs

Scénar : la vie est parfois pleine de surprises : devant ses deux sœurs, celle-ci dit vouloir, si un jour elle était tsarine, donner un fils à son tsar. Et badaboum, la porte s'ouvre sur celui-ci qui accepte et ordonne par la même occasion. Même si le tuteur du souverain n'est pas si jouasse que ça, le mariage a lieu et bien vite le bonheur n'est pas sans faire quelques jalousies de courtisans par trop lovés dans le confort et le profit, sans parler des deux frangines de la tsarine qui enragent d'avoir écopé de tâches bien trop ménagères pour leur prétention. L'ennemi qui se presse aux frontières n’est pas pour leur déplaire puisqu'il permettra d'envoyer le souverain au front et de le séparer de son épouse tant aimée… Surtout que la tsarine donne naissance à un fils ! Mais des comploteurs falsifient le message de la bonne nouvelle ; pourtant la réaction du tsar n'ira pas dans leur sens tant l'amour qu'il éprouve est immense. S’il savait qu’entretemps ses ennemis ont enfermé reine et prince dans un tonneau pour aussitôt le jeter au fond de l'eau…

Malgré un « esprit méchamment critique » parfois, on est toutefois ravi de trouver ici « un remède pour guérir de la vie moderne », pour citer le mot de Nicolas Bonnal. Cette adaptation du Conte du tsar Saltan d'Alexandre Pouchkine s'ouvre comme un film de cape et d'épée par une couverture de livre et des lettrage enluminés mais le mystère du bel alphabet cyrillique ne semble pas avoir toujours été percé puisque tout n'est pas traduit du générique. Pour le reste, cette féérie ne manque ni d'aventure ni d'humour tout en évoquant un folklore qui ne demande qu'à être (re)découvert au plus vite, celui d’un grand pays systématiquement et injustement ignoré par la littérature, cinéma ou pas, cette Russie qui protège le génie Alexandre Ptouchko et offre le succès à ses films foisonnant de scènes rudement bien faites (la cité figée, l'arrivée des guerriers géants menés par Mernoire rappelle les bons moments de Harryhausen) et même d'un soupçon de marionnettes animées, peut-être pour rappeler dans cet avant-dernier film ses Gulliver et Pinocchio d’antan ?


Avec une production pharaonique digne des plus grands péplums, Le Conte du tsar Saltan a à son service des figurants par centaines, ils sont vêtus de costumes aux couleurs splendides, évoluent avec pour fond de jolis décors peints et sur un beau rythme, on se délecte au passage de la photographie signée Igor Gelein et Valentin Zakharov. De la musique (beau boulot de Gavriil Popov), des chansons, de jolies danses, de la joie et puis quel beau couple que voilà, et surtout quelle magnifique tsarine ! On pourra trouver le jeu un peu désuet parfois, mais quand on le remet dans son contexte historique et artistique, il faut avouer qu’on a encore droit ici (comme avec Les Vieilles légendes tchèques de Jirí Trnka de la même collec’) à un superbe film, en master 2K restauré qui plus est ! Mention spéciale aux effets spéciaux craquants de Zoya Moryakova et aux dialogues en rimes pour la version française sous-titrée, bel effort afin de coller le plus possible à l'original. Tout ça fait de cette sortie un indispensable, youpi.

Bonus : bandes-annonces originales et diaporama d’affiches et de photos + le livret de 96 pages qui contient les « variations » de Nicolas Bonnal autour du film et de son auteur (« Alexandre Ptouchko et le Tzar Saltan : la condition initiatique au cinéma »), texte très touffu et farci de références mais aussi la traduction du conte original de Pouchkine par Tatyana Popova-Bonnal.

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/alexandre-ptouchko/le-conte-du-tsar-saltan-299

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