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Chroniques Blu-Ray
08
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : pédagogie expéditive

Scénar : « la mort est souvent préférable à une suite de déboires…» Pas sûr que le jeune couple sauvagement assassiné par Leroy, un des trois braqueurs recherchés par les flics dans le comté, soit d’accord avec cette maxime du vieux fermier Adam Smith… Celui-ci part à la messe avec sa petite-fille Lucy même si sa robe lui paraît bien courte pour célébrer le Seigneur de toute vie. La modernité, c’est pas son truc à Adam. Et encore moins les amourettes naissantes. Mais il va bientôt avoir d’autres chats à fouetter : en rade de bagnole, les bandits décident de continuer à pinces et les flics, qui viennent de trouver le couple défunt, informent Adam qu’ils ne doivent pas être loin de chez lui. Sans rien dire à Lucy, il leur prépare un comité d’accueil à l’ancienne, pétoires chargées et clébards au garde-à-vous…  

Hicksploitation, qu’est-ce qu’on n’inventerait pas pour étiqueter les œuvres pas vrai ? Néologisme inspiré du « hick » anglais (le cul-terreux, le plouc, typique du Sud des États-Unis), ce nouveau sous-genre dérive du croisement d’autres sous-genres bien glauques mais jouissifs pour les cinéphiles tendance Bis : thriller, horreur, survival, vigilante, rape and revenge (La Dernière maison sur la gauche surtout) s’entremêlent et on voit que les bombes 2000 Maniacs, Délivrance et Massacre à la tronçonneuse ont rapidement fait des bébés difformes distrayants : Deranged, Savage weekend, Les Marais de la haine, La Colline a des yeuxLe Crocodile de la Mort et même jusqu’à Blastfighter, l'exécuteur ou La Vengeance de la femme au serpent.

Mais on tient avec Sunday in the country une véritable réussite artistique. Le master 2K restauré de cette version intégrale (seule une cassette VHS tronquée était sortie à l'origine) offre de très belles couleurs aux paysages du Canada, gentiment encombrés de fermiers vieillissants en salopette, de pick-ups rouillés, de brouettes en bois, sillonnés par une route poussiéreuse cahoteuse à pont brisé, et la très chouette musique country pépère contraste comme d'habitude avec la noirceur de la trame pour ensuite monter crescendo avec le suspense tandis que le petit transistor raconte l'histoire d’une voix monocorde.

Côté acteurs, Ernest Borgnine (Tant qu'il y aura des hommes, Johnny Guitare, Vera Cruz, Les Vikings, Les Douze salopards, La Horde sauvage, New York 1997, La Ferme de la terreur, Nom de code : oies sauvages) s’avère excellent comme souvent dans ce rôle de grand-père imperturbable en apparence mais tourmenté par un passé familial tragique, effrayé / agacé par le progrès (même par celui pourtant pas très dangereuxdes livres de cuisine !). Avouons que Michael J. Pollard (Bonnie et Clyde, Les Pétroleuses, Les Quatre de l'Apocalypse, Tango et Cash, American Gothic, Arizona Dream, La Maison des 1000 morts…) réussit son coup dans l’interprétation d’un des braqueurs, ze psychopathe-prédateur-violeur débile habituel mais plus malin qu’il n’y paraît, le personnage au faux airs de Carrie de Hollis McLaren (Welcome to Blood City, L’Homme en colère, Atlantic City) l’apprend à ses dépens. Les bandits les plus laids du monde, un colosse et des flics mollassons complètent le casting.  

Bonus : présentation du film par Maxime Lachaud, diaporama d’affiches et de photos et « Ces braves gens de la campagne », livret encarté de 64 pages rédigé également par Maxime Lachaud, un travail à la hauteur de ce que l'on avait envie de lire sur un style très particulier très en vogue entre la fin des années 1960 et la fin des 70.

Rien à voir avec la choucroute : quelle chouette police d'écriture que celle du générique !

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/rednecks/sunday-in-the-country-298.


 

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