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Chroniques cinema
09
Jui
2016

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : biographie

Scénar : en 1943, à cette époque où les États-Unis et la Russie sont encore alliés, le talentueux scénariste de cinéma Dalton Trumbo devient membre du parti communiste. Quand la guerre froide arrive, cette appartenance devient un gros problème, les allusions commencent à fuser autour de lui, en particulier après une grève qui a beaucoup fâché les puissants studios. La « commission sur les activités anti-américaines », nouveau gadget de la « démocratie » étatsunienne, déboule avec comme mots d’ordre haine et paranoïa. Alors que Trumbo doit signer un pont d'or chez MGM, on lui intime l’ordre de ne plus se faire remarquer politiquement. Mais c’est mal le connaître. Il est logiquement assigné à comparaître en 1947 mais ne compte pas se laisser faire, pour lui, criminaliser la pensée n'est pas envisageable. Mais l'opinion est hystérique et veut la perte de Trumbo et ses compagnons d’infortune, ils seront les « Dix d'Hollywood »…

Loin de ses Austin Powers et Mon beau-père et moi, Jay Roach livre avec ce film une très belle biographie de l’auteur de Johnny s'en va-t-en guerre, joué par un formidable Bryan Cranston qu’on n’en finit plus d’adorer ici depuis Malcom et Breaking Bad, les acteurs venus des séries américaines n’en finissent pas de briller en ce moment, on se souvient par exemple de J. K. Simmons qui explosa dans Whiplash de Damien Chazelle après entre autres la géniale série Oz de Tom Fontana. Oz ? En parlant de Oz, on retrouve dans ce Trumbo le grand Adewale Akinnuoye-Agbaje (Simon Adebisi !), encore une fois en prison… La magnifique Elle Fanning, Diane Lane, Helen Mirren et John Goodman, tous très bons, complètent la liste de l’essentiel du casting.

Bien évidemment, dans cette histoire on croise des personnalités de l’époque, du côté de Trumbo (Edward G. Robinson qui le soutient au départ, Otto Preminger pour qui il écrira Exodus, Kirk Douglas qui lui commandera « son » Spartacus…) ou de l’autre (John Wayne, porte-parole des anticocos durs à qui Trumbo, qui a fait la guerre, demandera droit dans les yeux où il avait donc bien pu servir, ou la diabolique Hedda Hooper qui s’acharne résolument contre les « rouges », les « traîtres » et les « subversifs ») et on revivra une période noire, celle du mccarthysme, du procès Rosenberg et de la guerre de Corée : que du bonheur. Cela n’empêchera pas les esprits libres tels que Trumbo de faire preuve d’un immense courage, quitte à se mettre perpétuellement en danger ainsi que sa famille. Peu importe la taule et les quolibets, l’honneur et la justice sont parfois à ce prix.

Une biographie grand public, et pas un documentaire comme l’attendaient peut-être un peu trop les intellectuels du premier rang, à ranger pas loin du Hail, Caesar ! de Joel et Ethan Coen qui dans un autre genre parle de la même période. 

https://www.youtube.com/watch?v=HgxxEgiLnUo

 

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