Chroniques cinema
16
Mai
2017

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : fausse comédie

Scénar : Salas, dans la province de Buenos Aires, est le lieu de naissance du prix Nobel de littérature Daniel Montavani. Celui-ci prend assez mal ce titre qu’il ressent comme une sorte de fin de carrière. Cinq ans plus tard, des honneurs supplémentaires auraient pu pleuvoir s'il n'avait multiplié les annulations. Quand son village envoie à son tour une invitation à l’auteur quarante ans après son départ, il la refuse puis finalement change d’avis : il y part seul et redécouvre un pays qui ne roule pas sur l'or, voire même sur les jantes comme le type un peu dingue qui vient le quérir à sa descente d'avion. Ils trouveront tous deux des usages pratiques à ses livres lors d’un crevaison. Il retrouve plus tard son ex remariée qui visiblement a des choses sur le cœur. Et lui ne reste pas de marbre non plus. C’est alors qu’une superbe jeune lectrice lui saute dessus, et ce n’est que le début d’un séjour sévèrement compliqué…

Death-y-dément, l’Argentine est à l'honneur en ce moment, après le très bon Camino a la paz de Francisco Varone (avec lequel il y a deux points communs : un gros riff de début et une voiture française, cette fois une - attention pléonasme - horrible Twingo), Citoyen d'honneur est un film  touchant et chouette, il met en scène un acteur principal très charismatique (Oscar Martinez, énorme en vieil anar qui raille rois et curés à l’ancienne) et des personnages attachants quand ils ne se révèlent pas, dans leur « douce » folie, finalement très inquiétants. Car le film, contrairement à ce que laissent croire sa bande-annonce et son début, n’est pas tout à fait une comédie malgré de nombreuses scènes pleines d’humour comme l’évaluation du concours de peinture ou le tour de camion de pompiers.

Citoyen d'honneur sonne parfois très documentaire sur la ruralité (et les raviolis à la cervelle) et livre une réflexion sur le travail d'écrivain, le rapport à son œuvre, à son public et à l’interprétation de celui-ci. Car si l’auteur retrouve certains de ses amis d'enfance (dont un qui a épousé son amour de jeunesse et peut à l'occasion se livrer à de splendides démonstrations de danse), il est directement placé face à son lectorat, qu’il soit fasciné ou blessé par son œuvre, à un moment où il s’aperçoit que son art s'apparente de plus en plus à une entreprise. Retrouver Salas, qui est le théâtre de tous ces livres, est l’occasion d’une remise en question et le confronte à un amateurisme rafraîchissant (alors qu’il n’hésite pas à laisser s’installer un silence glacial avant de recevoir une ovation de professionnels) ainsi qu’à des plaies du passé.

Découpé en chapitres, Citoyen d'honneur est une excellente suprise douce-amère comme on les aime ici, drôle et parfois cruelle, cool !

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