Chroniques DVD
13
Aoû
2016

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : mon nom est perceuse

Scénar : Reno Miller est un artiste fauché qui pressent qu’avec son prochain tableau il va rentrer un max de fric. Mais en attendant ce coup d'éclat, les pressions s'accentuent, les factures s'accumulent et on lui refuse de plus une avance sur son travail… Il ne manquait plus que sa meuf, Carol, se fasse relancer par un ex friqué et que des voisins délurés ne s'installent et répètent direct leur punk rock très fort. Il commence même à avoir des visions de meurtre, les mettra-t-il en pratique avec cette perceuse qui commence à l'obséder, autant que l’ingénieux dispositif « Porto Pack » qui permet d'avoir de l'électricité portable ? Et pourquoi pas faire des trous dans le peuple des cartons en attendant mieux ?!

« This film should be played loud », nous voilà prévenus, dommage qu’en le faisant on s’aperçoive que le doublage français est totalement pourri. Pour une fois qu’on ne choisit pas la V. O., pas de bol ! Ceci dit, pour son tout premier film, Abel Ferrara tape fort avec cette évocation débridée de la vie de bohème déglingotoxique sous forme d’une sorte de collage vivant. Y grouillent des images bizarres parfois très crues (heureusement que ce pauvre lapin était déjà mort !) et des sons du même acabit, sans compter une bonne dose de punk rock perpétré par Tony Coca-Cola et ses ROOSTERS. Au passage, quand on voit le nombre de films ridicules censurés à donf, on s’étonne que celui-ci, dérangeant à souhait, ne soit interdit qu’aux moins de 12 ans seulement. Tant mieux ?!

Tableau bien glauque de la déliquescence urbaine peint par une caméra nerveuse et soigneusement bordélique, Driller Killer met en scène le réalisateur lui-même dans un environnement craignos, où trônent épaves givrées des trottoirs, crasse et bruit, un monde qui n’arrange pas le mental de Miller, déjà pas la joie de vivre incarnée. Pourtant, on ne peut pas dire qu’il soit à plaindre entouré qu’il est de deux colocataires féminines dont la délicieuse Carolyn Marz qui ressemble vachement à la déesse Zeta-Jones au passage. Et puis il a du talent, on l’aime bien, nous, son tableau, avec ce bison, cet œil, ces éclats rouges… Une couleur sur laquelle Ferrara semble clairement tripper, autant que sur les yeux. Pour les méfiants, pas (trop) d’inquiétude à avoir, une grande part d'expérimentation prend le pas sur l'horreur suggérée par le titre.

Pour finir, on tient pour acquis que le titre du film, dédié aux habitants de New York (« la cité de l'espoir », ce doit forcément être une blague !) inspirera le nom d’un groupe suédois du même nom, chantre d’un punk crust ultra brutal dont nous parlâmes régulièrement jadis 1.

Bonus : bande-annonce et bio / filmo de Ferrara

1 puisque tu insistes, va voir DRILLER KILLER [Swe] Fuck the world (Kron-H / Osmose Prods) 1997DRILLER KILLER [Swe] What goes around comes around 7'' (No Fashion HC Recs) 1999DRILLER KILLER [Swe] And the winner is... (Khron H / Osmose Prods) 2000, DRILLER KILLER [Swe] Total fuckin brutalized (Osmose Prods) 2004 et y a même une interview là : DRILLER KILLER [Swe].

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