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Chroniques DVD
26
Oct
2016

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : chanson filmée


En France, la chanson contestataire ou révolutionnaire (de gauche, voire de très à gauche) est une tradition qui ne date pas d’hier. De La Complainte de Mandrin à la Marseillaise, de Ah ça ira au Temps des cerises en passant par Le Chant des partisans, la rébellion a droit à ses refrains. Mais c'est avec Boris Vian et son Déserteur, un texte antimilitariste (« S’il faut aller donner du sang, allez donner le vôtre ! ») qui sera censuré en pleine guerre d'Indochine, que le genre finit gravé sur microsillons.

Les successeurs ne se font toutefois pas attendre. Allergique à la discipline et écrivain génial doublé d’un mélodiste malin, Georges Brassens commence à écrire chez les anarchistes puis se met à chanter. La peine de mort, l'armée et le conditionnement vont en prendre pour leur grade… Anne Sylvestre n'a pas fait que des disques pour les enfants, elle est une des rares chanteuses de l’époque qui écrit elle-même ses textes et chante, Jean Ferrat « prête sa voix à ceux qui n'en ont pas », adapte Aragon et crée le mythique Nuit et brouillard, Colette Magny se révèle être une farouche révolutionnaire avec des chansons on ne peut plus engagées, Léo Ferré l’anarchiste n’est pas en reste, « le bonheur ça s’pique, c'est un hold-up permanent, n'oubliez jamais ça ! », prenez-en de la graine !

Viendront ensuite d’autres générations s’inspirant de leur aînés : Bernard Lavilliers s’engage pour les ouvriers et les opprimés, Renaud se méfie de tous les systèmes (« j'aime pas l’ travail, la justice et l’armée »), mais aussi Maxime Le Forestier dans sa seconde époque, Daniel Balavoine (quand même bien plus engagé en tant qu’individu que ses albums), Lenny Escudero… Mais le film n’évoque pas que des stars, Castelhemis ou Mama Béa sont aussi présents au sommaire. Plus agressifs, le punk d’OTH (spéciale Ged-y-casse à Domi parti trop tôt) et BERURIER NOIR, le hard de TRUST et son tube Antisocial, le rap de NTM ou Diam’s perpétueront ensuite un certain esprit de révolte permanente, ZEBDA fera même « danser les gens avec du sens »… Depuis Keny Arkana, Abd Al Malik et Saez veillent encore mais…

Rappel en (d’innombrables et émouvantes) images d’archives - entrecoupées d’extraits de l’interview-fil-rouge de Spi d’OTH - l’existence de ces monstres sacrés de la chanson, Chants de révolte est un film salvateur pour un public conscient et attentif et s’il est parfois un réquisitoire, il livre surtout un clair avertissement : la devise Liberté Égalité Fraternité est chaque jour plus en danger et pourtant : OÙ sont les artistes engagés de la prochaine génération ? Si le rock a peut-être été un déclencheur des évènements de mai 1968, il paraît aujourd'hui bien fade, lisse ou isolé pour fendre les épais murs encerclant l’injustice sur trône.

Version courte de l'article ici : Chants de révolte ! de Crok Brandalac et Rémy Bousquet (avec Boris Vian, Georges Brassens...) 2016.

Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=sHNbe2MtxNc

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