Chroniques DVD
18
Mai
2017

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : gadget-westerns modernes

Voici un chouette coffret qui contient la trilogie du fameux mariachi mais aussi le livret correspondant à Desperado seulement, ça coûtait quoi d'en faire un commun pour les trois épisodes ? Dommage…

El Mariachi (avec Carlos Gallardo, Consuelo Gómez…) 1992

Scénar : ô joie des prisons mexicaines où l'on dort à même le sol et où la corruption règne, mais certains vivent mieux l’incarcération que d’autres… Par exemple Azul qui est muni d’un téléphone, d'armes et vit de trafics. Mais quand Moco, qui lui doit tout, lui envoie trois tueurs pour le flinguer, son sang ne fait qu’un tour. Moco n’a désormais qu'à bien se planquer. Par contre, le mariachi allant de ville en ville pour proposer ses services dans les bars n'était pas censé savoir qu’Azul trimballe ses armes dans le même genre d'étui à guitare que le sien, il va du coup y avoir de funestes confusions car l’impitoyable Azul descend les hommes de Moco les uns après les autres, du coup les survivants recherchent activement homme et étui.

Premier vrai film de Robert Rodriguez, El Mariachi témoigne déjà des passions de son réalisateur : les fusillades brutales, les pures scènes de comédie qui peuvent carrément dévier vers le cartoon (la scène du clavier avec les images en accéléré et les sonorités comiques), son goût pour un certain psychédélisme (les scènes de cauchemars sont pas mal dans le genre) et la bande originale typiquement latine, donnant une résonance à la voix off du « héros » qui ne pense qu'à une musique qui perd son identité à cause de la technologie plastique. Le scénario est parfois un peu « facile » mais les acteurs sont plutôt bons, on passe un bon moment, ni plus ni moins.

Bonus : filmographies, trailer US, Bed head (super chouette court-métrage en noir et blanc de 1991 qui transforme la famille Rodriguez en sorte de famille Adams et démontre déjà le sacré talent du réalisateur), The Robert Rodriguez ten minute film school dans lequel il explique les astuces pour réduire les coûts (tourner en muet, utiliser les acteurs comme techniciens, en gros économiser sur tout) et livre ZE phrase à retenir pour un vrai cinéma DIY (rappel : ce film a été réalisé avec 7000 $ de budget) : « refusez de dépenser, recourez à votre imagination ! ».


Desperado (avec Antonio Banderas, Salma Hayek…) 1995

« - Mariachi…
 - Cuál ?
- EL… »

Scénar : le mariachi est toujours aux trousses de son ennemi Bucho tout en prétextant chercher du taf dans les bars crados qui pullulent au Mexique. Mais il devrait y aller mollo parce qu’il ne tarde pas à manger une grêle de plomb, ses plaies seront heureusement tendrement pansées par la beeelle Carolina. Mais celle-ci n’est pas n’importe qui en ville, manquait plus qu’une histoire compliqué où famille, amour et haine feraient un ménage à trois. Et puis, plein de trous, la fête c’est moins fou.   

On ne prend pas les mêmes et on recommence : cette fois-ci c’est Antonio Banderas (il chante lui-même ses parties d’ailleurs) qui reprend le rôle du mariachi entre Django 1 et Sabata 2. Et autour de lui évolue une belle bande de sacripants avec la bande à Rodriguez déjà quasiment au complet : Steve Buscemi, Cheech Marin, Danny Trejo, Quentin Tarentino, Joaquim de Almeida ainsi que la surdivine Salma Hayek pour un cocktail conforme à ce que le premier épisode laissait présager : des fusillade bourrines sur fond de riffs de gratte rock’n’billy (LOS LOBOS sont dans la place).

La fin du premier épisode est rejouée avec Antonio Banderas pour coller à celui-ci, sinon, comme pour le précédent, pas vraiment de chef-d'œuvre en vue mais suffisamment d'action pour passer un moment sans ennui ou presque grâce à la recette habituelle : des gadgets à fond le caisson, un gros carnage si on fait le compte, des méchants entourés d'incapables, un côté comédie omniprésent, un peu de romantisme latino et même une pointe d'érotisme… Sans compter les clins d'œil à ses propres films, voire une anticipation (le pistolet de Sex Machine fait son apparition !), quel sagouin !

Bonus : trailers des trois films, filmographies, Ten More Minutes: Anatomy of a shootout (où l’on apprend que le story-board peut être réalisé avec un caméscope à défaut d’un don pour le dessin) et un documentaire sur le tournage de Desperado 2.

Desperados 2 - Il était une fois au Mexique

(avec Antonio Banderas, Salma Hayek…) 2003

Scénar : le mariachi et sa copine, entretemps devenue une experte en castagne et couteaux (ce qui peut rendre service quand Môssieur se retrouve à court de munitions), ont roulé leur bosse jusqu’à tomber sur le général Marquez qui devient immédiatement l’ennemi mortel de notre guitariste errant. Tout un gang vient un jour chercher celui-ci pour le compte d'un agent de la CIA qui s'empresse de faire prévenir le cartel de Barrillo (qui veut la peau du mariachi) pour l’obliger à tuer quelqu'un pour lui, ça tombe bien, c’est Marquez qui, après un coup d’État, prendrait le pouvoir au Mexique et contrarierait par la même occasion les projets toujours philanthropiques de la CIA. « El » se voit obligé de récupérer son étui à pétoires, ça va chier.

Cette fois oui, on prend les mêmes (la déesse Salma Hayek, Antonio Banderas, Cheech Marin, Danny Trejo…) et on recommence, et même, on en rajoute : l’irrésistible Johnny Depp (affublé d’un bras amovible fort pratique, demandez au commissaire Juve, mais aussi d’un fort seyant T-shirt de la CIA, d'une boucle de ceinturon avec feuille de cannabis et d’improbables bobs qui rappellent bien sûr son rôle dans Las Vegas parano), Mickey Rourke, Willem Dafoe, Enrique Iglesias (oui, le fils de Julio !), Eva Mendes…wah ce casting ! On ne doit pas jouir du même budget que pour le premier film de la trilogie là hein ?! Et toujours pour épicer tout ça ce côté pulp / grindhouse / action / rock'n'roll avec en plus un clin d'œil au maître Sergio Leone 3, tout pour faire un carton quoi.  

Mais malgré les jolies vues du pays, de ses églises aussi, malgré les habiles flash-backs qui bouchent les trous de l'histoire entre les deuxième et troisième épisodes, quelques détails gore ou suggestifs, des fusillades énormes avec envols dignes du cinéma asiatique, un scénario toujours tordu avec des persos retors, de chouettes images du défilé du jour des morts, une bande originale tonique (dont un morceau de Manu Chao, cocorico !) et le chihuahua au regard le plus triste de l'histoire du cinéma, ce deuxième Desperado n’est pas non plus du niveau que l’on attendait même si, c’est vrai, il est un meilleur épisode que le précédent bien qu’assez prévisible avec son délire entre Sabata (la guitare lance-flamme ou l’étui explosif téléguidé, c’est la classe), Tintin et les Picaros et Zorro.

Petits détails à noter avant de refermer le dossier : atterrir sur un bus en marche semble être une tradition mexicaine, les images de saloperie de corridas truquées sont jouissives (olé !) et la prononciation a une grande importance dans la vie, Danny Trejo découvrira un jour le danger d’interpréter un personnage nommé - comme le croque-mitaine local - Cucuy (prononcez Coucouille…).

Bonus : trailers des trois épisodes ainsi que celui du Masque de Zorro, featurettes, Ten minute flick school : Fast, cheap, and in control (petite leçon de cinéma avec quelques secrets du tournage), Inside Troublemaker Studios (visite chez Rodriguez qui montre son matériel d'enregistrement et d’effets spéciaux) et Ten minute cooking school : Puerco pibilRodriguez montre qu'il sait aussi parfaitement cuisiner le plat dont le personnage de Johnny Depp se goinfre en permanence dans le film, de quoi faire regretter de ne plus manger de viande !!

La phrase du film : « Are you a Mexican…or a Mexicunt ? ».

1 voir Django de Sergio Corbucci (avec Franco Nero, José Bodalo…) 1966.

2 voir Sabata de Gianfranco Parolini (avec Lee Van Cleef, William Berger…) 1969.

3 voir Les Derniers jours de Pompéi, Le Colosse de Rhodes, Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la brute et le truand, Il était une fois dans l'Ouest, Il était une fois la révolution

P. S. : comment ? Tu en veux encore ? Va donc voir Planète terreur de Robert Rodriguez (avec Rose McGowan, Freddy Rodríguez…) 2007 et Machete de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis (avec Danny Trejo, Steven Seagal…) 2010.

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