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Chroniques DVD
04
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : giallo première époque

Scénar : c’est la vraie tempête chez Christian Haute couture (en français dans le texte) au point que l'enseigne est arrachée par la bourrasque. Mais le danger ne vient pas que du ciel, quelqu'un rôde dans le parc, la belle Isabelle, suivie puis agressée par un individu masqué, en fait les frais. La patronne, une belle veuve après l'accident de voiture de son mari, découvre la morte. Les flics, menés par un chef rusé, enquêtent et tout le monde semble suspect dans la boîte. Mais la découverte du journal de la défunte, qui renferme plein de petits secrets compromettants, jette de huile sur le feu. Sauf que la fille qui le trouve est tuée à son tour ! Dommage tout de même pour le tueur puisque le journal a été piqué entre-temps. Franchement c’est pas une vie d’être assassin…

Ce deuxième giallo de Mario Bava (après le fondateur La Fille qui en savait trop 1) débute par un générique qui rappelle curieusement, sur une musique de l’éminent Carlo Rustichelli, un mix entre Hitchcock, James Bond et Agatha Christie avec une galerie de personnages présentés au fur et à mesure. Avec Six femmes pour l’assassin, Mario Bava va beaucoup s'amuser, à la manière du tueur qui semble tel un chat jouer avec ses victimes, à faire soupçonner tous les personnages grâce à des petits détails qu'il parsème ici et là. Tous présentent en effet des failles ou des passés honteux et l’ambiance de suspicion générale fait tout le sel de ce classique du genre qui ne tardera pas à influencer une kyrielle de réalisateurs de la toute fin des années 60, Dario Argento en tête avec sa trilogie animale 2 et une grande partie de sa filmographie ultérieure.

Pour bien ficeler son œuvre, Bava a mêlé différents éléments qui, unis, apportent tous une solide pierre à l’édifice : les détails du décor gothique (armure, boiseries anciennes, vieilles pierres, passage secret…) qui témoignent de son passé filmographique 3, les attributs de l’angoisse (ces inquiétants mannequins, ce terrifiant visage masqué de blanc, ces scènes de nuit, ce tueur muet, impitoyable quasi-fantomatique, à la lisière du fantastique, précurseur des Jason Vorhees et Michael Myers 4…), les couleurs (ce rouge sang !), toujours superbes du Bava photographe surdoué ainsi que la violence, terrible pour l’époque (la scène de torture est forcément osée pour l'époque, même après Le Corps et le fouet). Ajoutez à tout cela de formidables jeux d’ombre peut-être hérités de l’expressionnisme et une musique qui sait être sinistre quand il le faut et vous obtenez un classique du genre malgré un schéma classique et une fin un peu longue.

1 voir La Fille qui en savait trop de Mario Bava (Leticia Roman, John Saxon...) 1962.

2 voir L'oiseau au plumage de cristal de Dario Argento (avec Tony Musante, Suzy Kendall…) 1969, Le Chat à neuf queues de Dario Argento (avec James Franciscus, Karl Malden...) 1971 et Quatre mouches de velour gris de Dario Argento ( avec Michael Brandon, Mimsy Farmer...) 1971.

3 voir par exemple Le Masque du démon de Mario Bava (avec Barbara Steele, John Richardson…) 1960, Les Trois visages de la peur de Mario Bava (avec Michèle Mercier, Boris Karloff...) 1963 ou Le Corps et le fouet de Mario Bava (avec Daliah Lavi, Christopher Lee…) 1963.

4 t'en veux ? Y en a, agad' au moins Vendredi 13 de Sean S. Cunningham (avec Betsy Palmer, Adrienne King…) 1980 et Halloween de John Carpenter (avec Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence...) 1978 mais si tu cherches bien, on a écrit des articles sur toutes ces sagas.

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