Chroniques DVD
09
Nov
2017

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : bande dessinée sur grand écran
Scénar : l'inspecteur Ginko use de stratagèmes cousus de fil blanc pour éviter une attaque sur un convoi de dix millions de dollars, c'est mal connaître Diabolik qui parvient à piquer le pognon au nez et à la barbe des carabiniers ! Puisque c’est comme ça, la peine de mort est rétablie et on assiste à une vraie vague de répression policière. Comme si ce n’était pas assez pour un seul homme, la mafia, jalouse des succès de ce mystérieux personnage, décide de perdre Diabolik. Franchement, le syndicat du crime et Ginko dans le même camp, c’est vraiment le monde à l’envers ! Mais Diabolik n’est pas du genre à se démonter devant l’adversité.

Mario Bava 1 adaptant façon kitsch de la bande dessinée de gare, ça c’est la classe. Et l’inventaire complet est là : après le générique psychédélique signé Ennio Morricone se succèdent un bonhomme plutôt beau accompagné d'une damoiselle blonde à tomber habillée très léger (un couple bizarrement très amoureux qui plus est…), des rires sataniques et des riffs lugubres, des poursuites automobiles très speed (des DS et des « Tube » pour souligner la co-production franco-italienne, des Jaguar, une Rolls, sans compter l'Aston-Martin de Diabolik, sûrement pas innocente dans un délire parfois très James Bond 2 avec qui il partage la surpuissance et les gadgets), des explosions, des chutes vertigineuses, des pépées débiles et un boss brutal, des personnages de flics ou de représentants de l'autorité ridicules, vous voyez le topo…

Pour une fois, le héros est malfaisant et n’hésite pas à tuer, on n’est pas chez Arsène lupin mais bien chez Mario Bava et John Phillip Law, qui jouera aussi dans Barbarella, un autre sommet du kitsch la même année, est bon dans ce rôle remuant (et il le faut car Diabolik est sans nul doute un agent du chaos, un poil anar, témoin sa propension à balancer du gaz hilarant hihihi) qui l’oppose à un Michel Piccoli pas aidé par la chance - ni les cellules grises - et Adolfo Celi (vu dans des tonnes de films du Sandokan de Umberto Lenzi 3 à L’Homme de Rio en passant par Opération Tonnerre ou L’Express du colonel von Ryan). N’oublions pas l’apparition du génial Terry-Thomas (Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, La Grande vadrouille, Gonflés à bloc, Le Mur de l'Atlantique, L’Abominable Dr. Phibes…) ni, pour finir sur une touche de beauté, la troublante Marisa Mell (Perversion story, Le Tueur à l'orchidée, Ator l'invincible…).

Comme toujours chez Mario Bava, le film est gratifié de très belles couleurs, d’une belle photographie, d’effets spéciaux parfois bien cheap et de décors kitscho-futuristes marrants (vise-moi cette base secrète souterraine trop cool entre la Batcave et celle du Dr No, ou ce lit tournant de compétition !), on y trouve aussi un côté un peu comique parfois (mais, dieu merci, loin du burlesque de son film précédent L’Espion qui venait du surgelé). Une bonne série B divertissante, rythmée - quelle énergie dans la partition d’Ennio ! - et drôle qui doit visiblement pas mal de choses à un certain Fantomas (cet orgue-là n’est pas innocent hm ?!) avec cette sorte de Robin des bois des temps modernes. Sauf que si Diabolik s'attaque à l'argent, il ne le partage pas. Et toc.

1 voir les nombreux articles de Nawakulture au sujet du bonhomme ici : https://www.nawakulture.fr/index.php/rechercher?searchword=Mario%20Bava&searchphrase=exact.

2 en veux-tu ? En voilà : https://www.nawakulture.fr/index.php/component/tags/tag/553-james-bond.

3 encore un gros client de Nawakulture, agad' https://www.nawakulture.fr/index.php/rechercher?searchword=Umberto%20Lenzi&searchphrase=exact.

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