Chroniques DVD
10
Fév
2018

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

On avait déjà cause de Philippe Carrière précédemment 1,

le voici de retour avec un nouveau film qui met en scène ses meilleurs amis, les poissons, dans leur milieu naturel (eau douce), toujours en apnée caméra au poing, passion et pédagogie en tête.

Défilent donc pendant cinquante-cinq minutes devant nos yeux ébahis des images formidables et aux couleurs magnifiques d’ablettes, gardons, vairons, goujons, brêmes, tanches, ombres, anguilles, perches, barbeaux, carpes, chevêsnes, silures (un poisson impressionnant à la réputation injuste due à des ignares et des bouchers, ici longuement montré). Le rarissime chabot du Lez est également au programme, ainsi que le black-bass, la perche soleil, le sandre, Dame truite et bien sûr le roi brochet qui a droit à un passage poignant qui ne pourra laisser personne indifférent, tout comme celui de la perche solitaire. Les autres habitants des cours d'eau ne sont pas oubliés, on aperçoit par exemple des couleuvres vipérines, des écrevisses et des crapauds (qui ne se transforment pas en princesse).

Le plongeur-cadreur-réalisateur s’est doté d'un compositeur doué, Stéphane Clovis, qui livre des compositions tour à tour habitées par la magie, les sonorités celtiques, orientales ou plus purement électroniques car il faut savoir que ce documentaire n'est pas commenté. Mais le texte est incrusté dans les images. Il frise parfois la poésie mais son affichage un poil trop rapide et cette couleur orange pas forcément toujours très visible nous fait dire qu’on eût préféré des commentaires audio à l'accent qui chante du copain Philippe mais du coup la musique n'aurait certainement pas eu le même impact. Pour un amateur, le boulot est quand même impressionnant, par exemple au niveau du montage assez efficace.

Une déclaration d'amour à un milieu dramatiquement menacé par nos excès de maîtres du monde sans cervelles, un documentaire d'utilité publique malgré des réserves sur sa forme (pas de chapitrage ni de menu), le couronnement de centaines de plongée équipées au point de se demander « qui regarde qui » mais aussi une épreuve de force : filmer sous l'eau de nos rivières dont pas grand monde ne se soucie en haut lieu avec une caméra au poing, c’est du sport comme le montre les bonus Pêcheur d'images et frayère à sandre et Être plongeur-cadreur qui réservent aussi quelques scène absolument impayables comme les attaques du sandre ou le jeu avec l’appât.

Projet unique en France et indépendant de surcroît, Être poisson mérite vôtre intérêt et vôtre soutien, on vous charge de le recommander à vôtre tour à tous les passionnés de nature et à le voir avec un enfant, c'est énorme, et ça change de toutes les bouses infâmes qu'on donne à manger à la génération future.

1 voir Poissons sauvages de Philippe Carrière (Filfish Prods - 2013) et l'interview Philippe Carrière [Fra].

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