Une petite contribution ?

Chroniques DVD
05
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : gothique all’italiana

Scénar : à la fin du XVème siècle, l’obscurantisme et la peste règnent encore pour longtemps… Adele Karnstein est accusée de sorcellerie et du meurtre du frère du comte Humboldt, tout comme sa fille. Celle-ci va implorer la grâce du suzerain et dénoncer le vrai coupable mais elle est violée et précipitée dans la rivière par Humboldt avant que celle-ci ne dénonce son adultère. Sa mère finit donc rôtie en public (si elle avait été innocente, elle n'aurait pas brûlé d'après les intellectuels de l'Inquisition, non mais !). En mourant, elle les maudit et, crac, la peste est revenue et quand celle-ci gagne soudain du terrain, les gens se précipitent au château pour se réfugier mais les nantis ferment leurs portes… Celles-ci ne résisteront pas à la malédiction personnifiée par la belle Mary

Après une paire de péplums ou assimilés (La Terreur des Kirghiz / Les Géants de Rome) Antonio Margheriti 1 est de retour dans les terres gothiques pour terminer sa sorte de trilogie du genre (entamée, déjà avec Barbara Steele, avec La Vierge de Nuremberg et Danse macabre) avec une fois de plus un film franchement convaincant. La beauté troublante de Barbara Steele, ambivalente au possible dans ce personnage double, fait tourner les tronches et pas uniquement celle de George Ardisson, un autre vétéran du cinéma populaire.

Mais le jeu d’acteur, de valeur, est épaulé par d’autres solides arguments, et pas seulement ce casting de très belles brunes ou ces décors classiques comprenant bougies, toiles d'araignées, rats etc. : un chouette scénario d'Ernesto Gastaldi et Tonino Valerii, excusez du peu, une musique minimaliste efficace avec ses notes stridentes et angoissantes made in Carlo Rustichelli, une petite critique - toujours bienvenue - de l’emprise de l’Église sur la vie quotidienne et une ambiance fantastique qui ne convoque finalement, malgré quelques détails craspecs (oh, encore une scène de REcomposition !), que peu d'horreur et fait de La Sorcière sanglante un film historique en costumes de très grande qualité.

Bonus : galerie d’images, filmographies de Barbara Steele, George Ardisson et Margheriti, entretiens avec Anne Ferlat (« La sorcellerie : culte des ancêtres et des forces de la nature, 17’), Edoardo Margheriti (10’), Luigi Cozzi (« Mon ami Nini », 15’) ou l'insupportablement passionnant Alain Petit (42’) qui, courant des Vampires de Freda à Margheriti en passant par CaltikiLe Masque du démon ou Le Moulin des supplices, en profite pour évoquer les salles parisiennes dévouées au fantastique en ce temps-là… Ajoutez donc un petit livret de huit pages contenant des anecdotes autour du film, (encore) les filmographie de Steele et Margheriti, (encore) une fiche technique et un petit topo sur les suppléments ! Ça c’est de l’édition cool, Hector !

1 dont on a beaucoup causé, clique là chtedis ! ==> https://www.nawakulture.fr/index.php/rechercher?searchword=antonio%20margheriti&searchphrase=exact.

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