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Chroniques DVD
27
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : aventures fantastico-dramatiques

Scénar : en plein Sahara, un membre d'une expédition perdue finit par revenir. Le lieutenant Saint-Avit recouvre petit à petit la mémoire. Il dit se souvenir d’avoir assassiné son supérieur, le capitaine Morhange…à Atlantis ! Il est évidemment accueilli avec des moqueries, à part peut-être par un géographe persuadé de l'existence de cette civilisation disparue qui pourrait d’ailleurs très bien l'avoir fait dans le massif du Hoggar, après tout le Sahara n'est-il pas une ancienne mer ? D’autre part l'archéologue Masson, objet de la mission de recherche des soldats, a découvert la cité et a malgré les sceptiques qui l'entourent monté une équipe et a décidé de s'y rendre. Il sera capturé, comme Saint-Avit ensuite, et se réveillera dans de mystérieuses ruines où d'autres personnes perdues dans le désert se sont également retrouvées : Atlantis, où ils deviennent les sujets d'une reine merveilleuse mais pourtant inquiétante, Antinéa.

Le célèbre roman d’aventures de Pierre Benoît, L’Atlantide, a quelque peu inspiré les cinéastes, on ne compte en effet pas moins de cinq adaptations depuis les années 1920. Celle-ci est la troisième et sa genèse n’a pas été de tout repos. Réalisée au départ par Arthur Ripley, Les Sirènes d’Atlantis n’eurent pas l’heur de plaire aux distributeurs et plusieurs réalisateurs défilèrent derrière la caméra (on parle de Douglas Sirk, John Brahm…), tous refuseront ensuite de voir leur nom au générique - quelle ambiance ! - c’est pourquoi on créditera alors celui du monteur Gregg G. Tallas qui « signe » donc ici son premier film. Ce sera par contre un des derniers de Maria Montez, épouse de l'acteur Jean-Pierre Aumont à la ville, qui mourut brusquement en 1951. Quel malheur quand on ne peut que contempler ébahi une reine certes vénéneuse mais magnifique, autant d'ailleurs que sa servante Tanit (Milada Mladova) qui elle aussi illumine l'écran par sa présence, presque autant que l’accent très français tellement exotique de certains acteurs.

 

Malgré quelques défauts (l'enchaînement des séquences est parfois un peu rapide comme cette apparition de Tanit que l'on saisit au vol, on trouve aussi beaucoup de parties dansées / musicales qui s’apparentent parfois à du remplissage bien pratique sur un film déjà fort court, soixante-douze minutes à peine, le son craque aussi un peu parfois…), Les Sirènes d’Atlantis offre en outre une musique (de Michel Michelet) typique des films d'aventure américains de l’âge d’or, les ingrédients classiques de l'exotisme (danseuses, ruines, fauves, musique orientale, très beaux décors, accessoires et costumes…) et surtout cette reine sublime qui joue avec les hommes comme avec des jouets qu'elle casse sans le moindre remords, elle fait naître la jalousie, le désespoir et l'envie de meurtre avec le sourire même. N’est-elle pas au fond, en plus d’une reine aussi assoiffée de sang que les autres têtes couronnées de la planète, la revanche de la femme libre de ses mouvements sur une société occidentale toujours guindée dans son machisme latent ?  

 

Bonus : présentation de la collection

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/classiques-americains/les-sirenes-d-atlantis-280

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