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Chroniques DVD
12
Mar
2019

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : rape and revenge

Scénar : c'est vrai, on peut dire qu’on tient là un couple de très beaux chasseurs. Sauf que Lui passe son temps à picoler et à agacer Elle, Il la dégoûte même, mais Elle a du mal à lui résister. Même après avoir fait sensation au milieu de campeurs typés hippies, le couple fille de riche / reporter raté reprend la route où, tant qu’à ajouter un peu de piment, quand la radio égrène des informations au sujet d'un braquage, ils ramassent un auto-stoppeur sans savoir que la voiture en panne de laquelle il s'extrait contient…un cadavre. Quand le type se veut entreprenant avec Elle, Il tente de le virer de la voiture mais un revolver calme l'alcoolo : le bandit avéré va désormais les utiliser pour passer les barrages, en force s'il le faut. Dans un délire éthylique qui les lie soudain, pourquoi Walter le pisse-copie n’écrirait-il pas une biographie d’Adam le cintré ? Une relation étrange s’instaure et tout le monde paiera sa part des pots cassés, Ève la première

 

Si la signalisation et certains accessoires suggèrent les Etats-Unis coutumiers du fait cinématographique, c’est bien sûr en Italie que le tournage eut lieu. Mais qui donc attendait à la réalisation de cet « Auto-stop rouge sang » Pasquale Festa Campanile, artisan prolifique de comédies sexy typiquement italiennes ? A priori personne, mais l’homme réussit plutôt bien son coup avec ce film qui convoque plusieurs genres à une galerie des horreurs typique d’une fin des années 70 où les troubles politiques et moraux ne cessent de se manifester plus ou moins violemment. Le rape and revenge hérité de Le Dernier train pour Gun Hill, La Dernière maison sur la gaucheLe Dernier train de la nuit et consorts, le road movie (avec une belle poursuite par un camion crasseux à la Duel) et un petit côté Délivrance grâce au banjo qu’Ennio Morricone fait se faufiler ici et là. Morricone à qui l’on se permet au passage d’adresser un bravo pour une sacrée montée musicale,  post-psychédélique et frénétique, pendant la scène rituelle.


« Eux, ils font l'amour ; nous, on baise ». Voilà où en est le fameux couple incarné par la belle Corinne Cléry (Histoire d’O bien sûr, mais aussi Moonraker et le fameux Yor, le chasseur du futur…) et Franco Nero qui, blessé pendant le tournage du génial Keoma, joue pansé sans trucage. Le grain de sable de plus dans des rouages déjà fortement grippés s’avère interprété par l’inéffable David Hess dans un rôle classique pour qui connaît ses précédentes exactions. Les interactions de ses trois personnages semblent induire des réflexions (pas toujours très fines) au sujet de la sexualité, l'homosexualité, la relation femme / homme ou encore le machisme. On a aussi droit à nombre de plans de nudité, pas excitants pour un sou vu l'ambiance typique du rape and revenge où tout ou presque est prétexte à l'exhibition sans vergogne, où le spectacle oscille entre fascination et dégoût face à une histoire qui ne s'embarrasse pas de morale. Il n’y a de toute façon personne à sauver du panier de crabes, à part peut être la femme pure et dure jusqu’au bout malgré tout ce que l’on voudrait lui faire dire par l’image.

 

Bonus : L’Autoroute rouge sang (entretien avec David Didelot, 45’), bandes-annonces, diaporama et livret de 64 pages « Un genre maudit : le Rape and Revenge », également signé Didelot.

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/thriller/la-proie-de-l-autostop-214.

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