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Chroniques DVD
28
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : guerre lucide

Scénar : la retraite de Russie en 1943 n'augure rien de bon pour la guerre de conquête d'une race soi-disant supérieure menée par un fou dont les soldats commencent à se méfier, comme ce caporal Steiner refusant systématiquement toute promotion en échange de la possibilité de pouvoir la ramener face à une haute hiérarchie presqu’inconsciente de la défaite pourtant annoncée. Face au baroudeur blasé, un officier prussien vient juste d'arriver pour « détruire le mythe de l'invincibilité russe », restaurer l'autorité des officiers souvent bafouée lors d'une campagne où règne le complet chaos et surtout gagner la Croix de Fer. Au milieu de vétérans fourbus et désabusés (dont certains possèdent déjà cette distinction de légende), l’affrontement de Steiner, mythe pour les uns, problème pour les autres, avec cet officier arrogant venu tout droit des bureaux proprets de France va faire de grosses étincelles.

Le générique se déroulant sur une comptine allemande ne doit pas laisser le doute s'installer : Sam Peckinpah va encore taper fort, très fort, avec ce film de guerre au casting extraordinaire. James Coburn est juste absolument génial, comme souvent dans ces films où il incarne des durs qui en profondeur développent des sentiments contraires vis-à-vis du destin. Maximilian Schell, James Mason, mais aussi les seconds rôles se sont démenés pour incarner à la perfection leurs personnages, même lors de scènes drôles comme celles où les soldats citent les grands penseurs de la stratégie militaire, ou quand le général tente de serrer la main d'un soldat qui n'en a plus. Pour le reste, les scènes de bataille hyper réalistes (à part ces avions dans le ciel, visiblement américains, du genre Corsair mais sûrement pas des russes) et les images dures sont légion, rien d’étonnant :  

« - Steiner, tu crois en Dieu ?
- Eh bien je crois que Dieu est un sadique mais malheureusement pour nous il ne le sait sans doute pas. »


Croix de fer est un très, très grand film de guerre doté d'une réflexion qui manque à beaucoup d'autres, celle d’un violent manifeste contre la guerre, l'arrivisme et la hiérarchie misogyne et fanatique, particulièrement celle issue de l'aristocratie, qui joue avec les soldats comme avec autant de pions sur un échiquier d'arrogance. La lutte des classes dans l'armée entre des soldats au bout du rouleau sous l’impitoyable mitraille russe et confrontés à des règles qui n'ont pas lieu d'être quand règnent la promiscuité, la crasse, le sang, la peur… Et la folie, jamais loin de ses sœurs la mort et la guerre. Oups, on a failli oublier la connerie universelle :

« - Qu'est-ce que nous ferons quand nous aurons été vaincus ?
- nous préparerons la prochaine guerre voyons… »

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