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Chroniques VHS
02
Avr
2017

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Avouons d'emblée qu’on ne tient pas là la meilleure franchise de l’horreur en série

mais il y a toujours de quoi se marrer avec les sanglantes pérégrinations de Jason Vorhees, héros du fulgurant premier Vendredi 13 1. Voici un coffret de VHS succulent pour s’en manger une grosse part d’un coup camarade, et du coup de quoi lire !


Vendredi 13 chapitre 2 - Le Tueur du vendredi

de Steve Miner (avec Amy Steel, John Furey…) 1981

Scénar : la survivante du premier épisode a été repêchée mais le cadavre du petit Jason qu’elle a cru voir n’a jamais été retrouvé… « Alors il est toujours là… », elle vit dans la parano et le phone sonne parfois sans personne au bout ! De quoi flipper sec… Cinq ans plus tard, tout en prévoyant de petites amourettes au programme, de la chair fraîche à massacrer envisage le monitorat à quelques mètres de Crystal Lake, ces jeunes andouilles se racontent l’histoire de Jason autour du feu, deux des ados vont même visiter le « camp sanglant ». Alors comme ça on fait les malins ?! Mais NO TRESPASSING, c’est pourtant clair non ?! Heureusement le sheriff veille. Enfin, tant qu’il le peut…


Le Tueur du vendredi revient flanquer la frousse et Steve Miner utilise le biais de cauchemars pour rappeler l’intrigue du premier Vendredi 13, utilise les mêmes sons et ambiances (comme le feront les réalisateurs de tous les - nombreux - épisodes suivants), choisit une bande originale stridente pour corser l’atmosphère et utilise les ingrédients habituels : le tueur semi-invisible / invincible affublé d’un sac de toile sur la tronche (peut-être plus flippant que le masque à venir), de très jolies filles généreusement dénudées, de beaux mecs ainsi que les tromblons habituels, les fausses alertes pour brouiller les pistes, le vieil orage qui n’arrange rien, les personnes séparées pour des raisons débiles, la voiture qui ne démarre pas, la panne d’électricité…


Même si la liste des modes d’exécution est longue et réjouissante (pic à glace dans la tronche, étranglement au fil de fer, chien étripatouillé, coups de marteau dans la gueule, égorgement, machette dans le crâne, embrochage, poignardage, attaque à la fourche…), on ne voit pas grand chose des morts même si certaines scènes comme la poursuite dans la forêt à la Massacre à la tronçonneuse font un peu monter la pression. Mais l’ambiance potache et les micro-scènes comiques gâchent un peu le truc, à l’américaine quoi, même si le montage efficace et les choix sonores rattrapent un peu le tout.

Vendredi 13 chapitre 3 - Le Tueur du vendredi 2

de Steve Miner (avec Terry Ballard, Richard Brooker…) 1982

Scénar : la nouvelle de huit morts est diffusée et on devine les habitants des alentours de Crystal Lake pas franchement rassurés… Et pourtant, des jeunes viennent s'installer dans le coin pour glander et tirer des bangs, les ravages de la drogue au dernier stade… Même tomber sur un vieux fou brandissant un œil humain ne suffit pas à les effrayer. Ils reviennent en fait sur le lieu d'enfance de la meneuse qui voudrait sortir du traumatisme d'une agression. On peut dire qu'elle n'a pas choisi le bon endroit puisque Jason revient lui aussi. Pour tuer.


On prend les mêmes et c’est reparti pour un bon vieux massacre qui inclue fourche, hâchoir, machette, couteau, aiguille, fusil harpon, on s'amuse d'ailleurs à compter les points et à imaginer les prochains assauts, on avoue qu’on ne s’attendait pas à l’écrabouillement crânien au point qu’un œil saute au-dehors ou à la vision du lapin mort (coucou Répulsion ?) mais on ne peut pas dire que l’équipe innove avec ce film de série qui passe tout de même vite et bien grâce à comme toujours des personnages drôles (ou qui essaient de l’être) qui finissent écharpés ou étripés à l’ancienne, effets spéciaux sanglants au programme !

On n’échappe pas, bien entendu, à l’évocation de la sexualité qui est visiblement le sujet principal du séjour comme dans tous les films du genre, aux personnes bêtement isolées, aux voitures qui ne démarrent pas, à l'électricité déglinguée, et comme si ça ne suffisait pas, on a l’abruti de service (qui a tout de même le mérite de posséder un masque de hockey fort seyant) qui renverse les motos des loubards de campagne, des rats, des serpents et des chauves-souris, ainsi qu’un chalet qui rappelle Savage weekend ou Evil dead et une scène de douche à la Psychose. L’époque oblige, on subit un générique Eighties à donf à la Deux flics à Miami mais, si cet épisode est moins flippant que le précédent, il est tout de même plus impitoyable, ça charcle de partout.

Les scènes du film : Jason n’est pas content et ne montre toujours pas sa tronche. Et pour cause, elle déclenche des « quelle horreur !! » dès que quelqu’un l’aperçoit !

Vendredi 13 chapitre 4 - Chapitre final

de Joseph Zito (avec Judie Aronson, Peter Barton…) 1984

Scénar : « Jason est là, dans la forêt », voilà ce que se racontent des jeunes en bouffant des marshmallows autour du feu. Mais on devrait prendre au sérieux ce sinistre personnage comme l’apprendront à leurs dépens ces docteurs qui se moquent un peu trop vite du cadavre quasi-tiède de Môssieur Vorhees. Et vas-y qu’au bord du lac les ados se baignent à poil la nuit dans la brume, vas-y que ça se fait des blagues macabres, le genre de trucs que tu finis toujours par payer à un moment. Seul un gamin qui collectionne les masques et les machins d'horreur (et même les coupures sur Jason) semble avoir la tête sur les épaules. Ce qui ne sera forcément longtemps le cas pour tout le monde…

« Chapitre final » : laissez-moi rire ! Le début occasionne évidemment un résumé des précédents massacres en images et hop, crac, on enchaîne direct sur la fin du dernier comme si de rien n’était (un peu à la manière de Halloween 2 avec son hôpital létal). Après l’annihilation de dix personnes dans le troisième épisode, Jean-Louis, remets une musique de dingue pleine de violons super stridents car c’est reparti pour un tour : ce connard de Jason est têtu et revient toujours au même endroit. Et ces ados qui viennent s'installer à proximité de son rayon d’action, c’est quand même super tentant non ?

Pas super l'extase que cet épisode un peu mollasson puisque, comme on peut s’y attendre, les morts s’enchaînent sans vraiment de scénario, de l'horreur donc, oui, mais pas de suspense et puis, dommage, les meurtres ne sont pas aussi visibles que dans les précédents épisodes malgré le grand Tom Savini au maquillage (qui a tout de même assuré sur la fin bien dégueue). Égorgement à la scie, poignardage, fendage de gueule au sens réel, écrabrouillage de tronche contre la faïence, défonçage à la hache, fracassage de porte à la Shining, visionnage de film de boules muet, on ajoute un naze horripilant dans la bande (même s’il a la gentillesse de coller du hard rock US dans le poste), des dialogues moisis échangés par des ados débiles - qui méritent tout de même un peu leur sort - et la coupe est pleine. La fin, plus drôle et plus speed, ne sauve pas vraiment le film, dommage.

La phrase du film : « aaaaaaaaaaaaaaaaaah il va me tuer !!!! »

Vendredi 13 chapitre 5 - Une nouvelle terreur

de Danny Steinmann (avec Anthony Barrile, Suzanne Bateman…) 1985

Scénar : deux abrutis marchent sous une pluie battante dans la forêt pour aller déterrer Jason, la bonne idée que voilà : il recommence à écharper son monde. Mais attention, survivre à un épisode ne signifie pas à tous, gaffe putain ! Heureusement, ce n'est qu'un rêve, car Tommy est interné dans un hôpital psychiatrique assez libre basé sur la confiance bla-bla-bla. Les voisins, une famille de dégénérés complets, détestent les pensionnaires et ont la bouche pleine d'insultes pour eux. Et quand Jason est de retour, et pas que dans la tête de Tommy, ce sont eux qui portent le chapeau des atrocités qui s'ensuivent…

Cette nouvelle terreur porte bien mal son nom, seuls quelques frissons (grâce à des scènes surprises de chat qui saute et de portes qui claquent) troubleront l’épiderme du spectateur, le film est un catalogue de stéréotypes habituels avec son gros neuneu, ses nymphomanes, sa grosse brute (qui finit par tuer le gros), ses blousons noirs, sa gothique, ses psychologues humanistes, le tout interprété par des d'acteurs pas très doués et des filles régulièrement à poils sans véritable raison. Veuillez noter que les dingues supposés ont l’air moins à la masse que les adolescents des précédents épisodes, ce qui, quand on y réfléchit, n’est pas des plus compliqué.


Vous l’attendez, le voici, l’index des attaques : usage intéressant de la fusée de détresse, égorgement, défonçage de crâne, fracassage à la hache, poignardement à coups de sécateur, garottage, embrochage, décapitation se bousculent au portillon d’un scénario moyen (même s’il pose parfois l’intéressante question de savoir où est le rêve et où est la réalité, comme chez Freddy). Plus trop de gore à voir à part quelques images-choc pour le quota obligatoire. Est-ce aussi pour des histoires de quotas que l’on voit apparaître enfin des noirs, dont un clone moisi de Michael Jackson voire celui de Mario Van Peebles dans Le Maître de guerre ?

[La version de cette cassette a dû être censurée puisque l'une des photos de la jaquette ne figure pas dans le film. Non ?]

Vendredi 13 chapitre 6 - Jason le mort-vivant

de Tom McLoughlin (avec Thom Mathews, Jennifer Cooke…) 1986

Scénar : bon là c’est clair, Tommy va régler son compte à Jason en détruisant son corps avec l’aide d’un pote cintré, tout ça en plein orage. Mais empaler un cadavre grouillant de vers suffira-t-il ? Meuh non, puisque la foudre s’abat sur celui-ci et le ramène à la vie ! Bien sûr, personne ne croit Tommy quand il annonce le retour du tueur masqué, tout le monde veut oublier, on a même changé le nom du lieu qui n'est plus Crystal Lake mais Forest Green, comme si ça pouvait avoir une incidence sur l’énième charclage général ! Un couple est massacré direct, c’étaient des moniteurs de la colo et les jeunes animateurs du coin s'inquiètent de leur absence. Y a de quoi, oui. Tiens, et si Tommy portait le chapeau ?

« Jason le mort-vivant » : sans déconner, on commence à le savoir, c'est déjà le sixième épisode hein, et même s’il s’avère un peu moins moisi que les deux précédents, on n’a pas droit pour autant à une super cuvée non plus car c'est encore une suite presque monotone de meurtres bourrins aux détails parfois rigolos mais pas de gore à noter dans ces arrachages de cœur ou de bras, décapitation, broyage facial, dévissage de tronche, à part ce coléoptère injustement écrabouillé à un moment. Les dialogues sont toujours aussi moyens, ne comptez pas plus sur le scénario pour sauver les meubles (même si cette fois la colonie est remplie d'enfants).


La saga devient teen avec ce côté comédie pourrie et des acteurs qui se veulent drôles (dont des abrutis qui se la jouent Masterblaster L’Exterminateur dans la forêt) mais échouent tristement. Au moins avec celui-là a-t-on une bande originale qui contient du ALICE COOPER (He's Back (The Man Behind The Mask), Teenage Frankenstein, tirés de l'album Constrictor), une destruction de saloperie de camping-car, un clin d'œil à James Bond dans le générique et une fin plus palpitante que le reste qui donne finalement un épisode honnête.

La phrase du film : « si je voulais arriver à mes fins, je lui foutrais du formol dans le cul »

Vendredi 13 chapitre 7 - Un nouveau défi

de John Carl Buechler (avec Jennifer Banko, John Otrin…) 1988

Scénar : une famille installée près de la colonie part en sucette : le mari gifle la femme, la fille s'enfuit avec une barque, le père meurt en essayant de la rattraper. Depuis, elle se rend responsable de la mort de son père et s’interdit toute relation humaine, car elle croit avoir des hallucinations. Elle revient pour une thérapie qui sera filmée puisqu’elle semble douée pour la télékinésie, pouvoir qui ramène Jason de l'au-delà. Mais au fait, pourquoi donc est-il revenu ? Pour massacrer des gens pardi !

Retour sur les épisodes précédents avec une voix off de papi, on abuse même carrément sur la longueur des extraits, peut-être pour faire un peu de remplissage et rallonger le film ? On s'aperçoit plus tard que le réalisateur repassera même des images de son propre film ! Nous voilà en tout cas en présence d’ « Un nouveau défi »… Encore un et bien évidemment ce n'est pas le dernier ! Laborieux comme beaucoup depuis le début, cet épisode offre un appétissant cocktail de touristes, d’adolescents débiles et de campeurs pour un Jason death-y-dément doté d’un vrai sens de la mise en scène, dommage que trop de suggestion et un degré zéro de gore condamnent une grande partie de ce film à la monotonie alors que Le scénario pouvait renouveler un peu la série.

Car on ne trouve en fait plus aucun lien avec les personnages précédents, ce petit septième inaugurant presque une nouvelle série avec des influences très Stephen King (Carrie, Charlie auxquelles on ajoute aussi Dead zone pour le côté médium) et comprenant aussi des détails vus chez les autres franchises incontournables de l’horreur populaire : le chalet ressemble cette fois à Amityville, on trouve aussi une chaudière à la Freddy, des clous à la HellraiserAvec sa portion de fantastique primordiale ici, une bande originale gorgée de morceaux de hard FM, une débroussailleuse bienvenue pour faire rire, et encore une fois une fin qui relève un peu le niveau, le film se révèle presque agréable, cool !

Vendredi 13 chapitre 8 - L'Ultime Retour

de Rob Hedden (avec Todd Caldecott, Tiffany Paulsen…) 1989

Scénar : un jeune couple jette l'encre et rend accidentellement la vie à Jason. Dans le même temps, une professeure organise une croisière scolaire vers New York qui excite évidemment les filles débauchées et droguées de la classe, mais un peu moins une traumatisée par une noyade et son oncle froid et autoritaire. Vorhees Jason ? Présent ! Et pourquoi pas une tempête en plus pour corser le carnage à bord ?

« L’ultime retour »… Quand on pense au type qui va chercher de pareils titres…! « Jason takes Manhattan », l'original, était quand même un peu plus explicite : adieu donc l'environnement rural pour la ville où pullulent graffitis, rats et drogués… Une ville cradingue et destroy comme celle de Ferrara, voire celle de New York 1997 en exagérant un peu. Mais elle inspire aussi l’amour, agad’ l’aut’ mec qui offre un pendentif de la Statue de la Liberté à sa meuf sérieux ! Pas fou ça ? Et ça, c’est pas dingue ? Cette scène presque drôle de Jason voyant une affiche de hockey figurant un masque identique au sien ? Ou ce groupe de hard rock (dont la chanteuse se prend pour Joan Jett) qui en profite pour tourner un clip dans la cale ?

Pas le meilleur bien sûr - la fin est cette fois tristement longuette - mais ce film est encore un épisode presque rigolo avec quelques détails vraiment bien foutus comme la transition feu-eau qui mène à la résolution d’une énigme du film mais aussi quelques exécutions dignes du tueur masqué : fracassage à la Flying V, attaque à la pierre brûlante, au fusil harpon, au verre brisé, égorgements, strangulation, électrocution, noyade, décapitation… « Ce voyage est damné » dit un matelot aussi chelou que le vieux fou du début de la saga qui semble plus méchant encore que Jason, tu parles d’une info ! En parlant de Jason, est-ce le réglage de l’écran où l’acteur derrière le masque est un modèle réduit de ses prédécesseurs ? Ces effets qui mêlent hallucination ou rêve à la Freddy à la réalité ne nous aident pas à y voir plus clair, brrr…!

La scène du film : « t'es un homme mort » dit un mec à Jason qui, juste en soulevant son masque, confirme…

1 voir Vendredi 13 de Sean S. Cunningham (avec Betsy Palmer, Adrienne King…) 1980.

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