Chroniques VHS
12
Fév
2018

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : science-fiction avec de gros poils dessus

La Planète des singes de Franklin J. Schaffner

(avec Charlton Heston, Roddy McDowall...) 1968

Dites, faut suivre, on a déjà écrit un article au sujet de ce film, voir La Planète des singes de Franklin J. Schaffner (avec Charlton Heston, Roddy McDowall...) 1968.

Le Secret de la planète des singes de Ted Post

(avec James Franciscus, Kim Hunter…) 1970


Genre : gare aux gorilles !

Scénar : bien que Zaïus le lui déconseille, Taylor part en découvrir plus sur cette planète où les singes descendent des hommes mais de mystérieux phénomènes, comme des murs de feu, des éclairs ou des séismes l'empêchent d'avancer plus loin dans les terres mais soudain il disparaît dans la fameuse « zone interdite ». Plus tard, en l’année 3955, un autre astronaute terrien, Brent, atterrit tout en prenant conscience que tous ses proches sont forcément morts depuis qu’il est parti pour ce long voyage. En plein désespoir, il rencontre la belle Nova qui l'emmène chez Zira où tous constateront que la civilisation singe se radicalise à cause d'un général gorille, Ursus, qui clame que « le seul humain qui est bon est celui qui est mort ». Brent rencontre aussi Zaïus qui semble revenu de ses convictions extrêmes, il part néanmoins avec les gorilles alors que ceux-ci veulent conquérir la zone interdite quand ils devinent qu'elle est habitée…

Le Secret de la planète des singes est un épisode peut-être plus captivant que le premier avec plus d'action et de personnages secondaires, Charlton Heston s’est bien déplumé en deux ans et l’arrivée de James Franciscus aux côtés de la belle Linda Harrison (même vêtu d’un short en peau de bête, elle est une vraie friandise pour les yeux en plus de jouer juste) n’est pas un mal. Pour le reste, on est dans la lignée du précédent : une musique étrange et sombre, des décors désertiques de western, des costumes des homme formidables et des masques simiesques chouettes, dommage que les costumes des post-primates soient moins réussis et moins crédibles que précédemment.

Là où ce deuxième film est particulièrement percutant, c’est quand il expose une sévère critique de la puissance atomique et du bellicisme (les jeunes singes manifestent contre une guerre qui rappelle celle du Vietnam alors que les hommes servent de cibles de tir pendant l'entraînement de l'armée gorille, cruelle et disciplinée, cool !), mais aussi des faux prophètes et des fanatiques religieux de tous côtés (après tout, Taylor le dit, « ils ne valent pas mieux les uns que les autres »…), youpi devant ces scènes d’iconoclastie splendides ! « L’homme est mauvais, il est incapable de faire autre chose que de détruire ». Oui, mais il fait ça si bien, décors rétro-futuristes et vitrifiés faisant foi.

Les Évadés de la planète des singes de Don Taylor

(avec Roddy McDowall, Kim Hunter…) 1971

 

Genre : retour vers le passé du futur

Scénar : 2000 ans avant la destruction de la Terre, un vaisseau spatial flottant dans l'eau est repéré par l'armée américaine. Trois hommes sont à son bord… Ou plutôt trois singes évadés de la fameuse planète à bord du vaisseau de Taylor. Alors que l'ils viennent de leur futur, les hommes traitent les singes…comme des singes. Ceux-ci, prudemment, ne parlent pas et bouffent donc les oranges qu’on leur donne. Sauf que c'est avec fourchettes et couteaux qu’il les mange, les oranges ! Et accessoirement se retrouvent là où ils collaient les hommes : en cellule. Ils deviennent vite des curiosités, des mascottes, mais dérangent car ils connaissent l’avenir… Mais peut-on altérer celui-ci sans dommages ?

Ah, on retrouve enfin le plancher historique des vaches avec ce troisième épisode un peu novateur. En effet on y fait de petites mais significatives tentatives d'humour pour la première fois dans une saga plutôt sombre dans sa globalité, dommage que tout ces petits gags tombe quasiment toujours à plat. Les Évadés de la planète des singes s’avère rapidement bien en dessous des deux précédents épisodes avec notamment beaucoup plus de scènes intérieures, peut-être à cause de moyens moins importants.

Mais tout n’est pas désagréable pour autant, Jerry Goldsmith livre une bande originale groovy et typiquement Seventies avec même un poil de sitar, la séquence de la raffinerie abandonnée est vraiment chouette et il est marrant de retrouver dans le rôle du docteur Otto Hasslein un certain Eric Braeden, le « fameux » Victor Newman des Feux de l’amour et acteur dans d’innombrables séries télévisées depuis des siècles, tout comme Bradford Dillman (que l’on a pu aussi voir dans Le Pont de Remagen, plusieurs épisodes de Inspecteur Harry ou encore Piranhas) ou Sal Mineo (La Fureur de vivre, Géant, Exodus, Le Jour le plus long.   

La Conquête de la planète des singes de J. Lee Thompson

(avec Roddy McDowall, Don Murray…) 1972

Genre : l’armée des douze (mille) singes

Scénar : en 1991 aux États-Unis, les singes ne sont devenus rien de moins que de la main d’œuvre, pour ne pas dire les esclaves des humains à défaut des chiens et des chats disparus à cause d'une mystérieuse épidémie qui serait venue de l'espace… Tous ? Noooon, un des leurs, César, est capable de monter un cheval et même très discrètement de s'exprimer parfaitement au risque qu’il y perde la vie si les hommes le découvraient. Il se fait malheureusement repérer. Son père adoptif Armando veut arranger les choses mais se retrouve entraîné dans l'engrenage d'une société qui craint déjà un futur dominé par les singes. Ceux-ci sont conditionnés puis vendus aux enchères à des huiles de la société totalitaire. César se fait embarquer avec d'autres singes et tente de les faire évoluer discrètement, ils commencent à se rebiffer ici et là, à se rassembler et à s'armer sous la férule de César. Quand Armando meurt, c’est la goutte qui fait déborder le vase de César, houba houba ça va saigner dans les chaumières !

Dans la lignée du précédent épisode mais plus réussi, La Conquête de la planète des singes est signé par un réalisateur doué (J. Lee Thompson a entre autres tourné Les Canons de Navarone, Les Nerfs à vifLe Bison blanc et plein d’autres chouettes films pleins d’action!) avec des acteurs méconnus mais convaincants. On note qu’il est bien dommage qu’il y ait très peu de femmes à l'affiche et celles qui sont interprétées ne sont pas vraiment des personnes recommandables. Le maquillage est toujours aussi saisissant, la musique adéquate pour le climat brutal et angoissant de ce monde où la vie est rythmée par une voix qui égrène des ordres froids et où patrouillent sans arrêt des flics fringués comme des SS (des CRS donc ?). Il va sans dire que le soupçon de comédie lors de certaines scènes est très léger.

Nous sommes et serons toujours définitivement gouvernés par des imbéciles car vu l'état du règne animal de nos jours, on se dit que les dirigeants ont dû flipper devant ce film au point de laisser le massacre des animaux de toutes espèces à l'ordre du jour, les scènes de torture en disent d’ailleurs assez long sur le « progrès » fort limité de l'humanité toujours prompte à faire le mal au nom de sa sécurité et de son omniscience autoproclamée. Tourné dans d'immenses immeubles où ne tardera pas à régner une atmosphère de folie générale et prévisible, La Conquête de la planète des singes est définitivement un bon cru.

La Bataille de la planète des singes de J. Lee Thompson

(avec Roddy McDowall, Claude Akins…) 1973

Genre : fin du premier cycle

Scénar : 2670 : la parole de Dieu a bon dos pour expliquer l'état de la planète dominée par les singes, c'est maintenant l'histoire du Sauveur qui nous est contée… Il y a bien des années il avait bâti une société où cohabitaient hommes et singes mais l'instinct des derniers, en particulier chez les gorilles, commença à se manifester. « Un singe ne doit pas tuer un singe » mais un homme n'a pas le droit de dire non à un singe au risque de se faire tuer. « Je suis la loi » a beau proclamer César mais celle-ci va vite s’effriter devant la colère des uns, la propension de l'homme à faire le mal et la soif de César d’en savoir plus sur son passé. Dans la cité détruite et radioactive se trouvent justement des archives concernant ses parents mais là survivent aussi des humains contaminés qui vont provoquer une nouvelle guerre…par lassitude !

La bataille finale commence et, de l'affrontement de la conscience contre la violence, on sait qu'il emporte toujours avec cet épisode dans la lignée des précédents (encore réalisé par J. Lee Thompson après La Conquête de l’années précédente), avec de chouettes décors de destruction vitrifiés par LA bombe, claire cible / crainte des différents scénarii de la saga. La bataille en elle-même est très marrante avec ces véhicules obsolètes et déglingués que l'on croirait hérités de la seconde guerre mondiale - à part peut-être le bus scolaire - et montrera même la véracité de l'expression « malin comme un singe ».

La Bataille de la planète des singes montre la fin du premier cycle de La Planète des singes qui engendrera ensuite une série télévisée puis plus tard des remakes et des reboots dont nous parlerons bientôt. Il contient pas mal d’extraits des épisodes précédents pour remettre l'histoire en mémoire à ceux qui auraient perdu le fil ou pas vu les premiers, une bande originale assez digne des partitions passées et bien sûr un constat toujours sombre mais réaliste de la nature humaine et du « progrès » qui ne finit toujours que par provoquer des catastrophes en chaînes. Dura lex, sed lex.

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