Chroniques BD
21
Avr
2017

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

C'est à l'occasion d'une discussion avec le copain Alkbazz 1

et la remise par celui-ci d’un artbook récent de cet auteur que Gabriel Delmas est revenu hanter l'intérieur déglingué du crâne de votre non-serviteur. Car ce Psychopompe est un véritable traumatisme chez un chroniqueur pas vraiment versé dans la bande dessinée autant qu'on ne le croit, quelques petites dizaines d'albums seulement méritant pour lui le Panthéon des Intouchables. Le Psychopompe est assurément de ceux-là. D'une épouvantable noirceur, cet album avait servi de petit déjeuner lors d'une nuit blanche chez un ami (était-ce toi Willy ?) et son achat ultérieur était devenu indispensable tant notre addiction à la littérature infernale et aux illustrations de mort est chez nous insatiable.

Cet « évangile de l'archidémon des Hurles, le très triste et très maudit Comte Gusoyn » nous offre un voyage chez le seigneur Satan, « dans les champs tristes de l’Hadès », les « ventres infernaux », « l'abîme des supplices », appelle donc comme tu veux le lieu où toutes les souffrances sont rassemblées pour le seul plaisir du souverain du funeste empire. C'est là que notre héros a « un compte à régler avec l'éternité ». Après 666 jours dans le « bassin des larves », il devient officiellement le vassal du démon Lucifuge Rofocale et est engagé dans la guerre qui oppose celui-ci aux autres archidémons qui veulent tous un jour avoir la chance de devenir l'Antéchrist.

L’auteur a créé des dessins et des textes explicites mais soignés, que fait s’enchaîner un scénario plein d'action, de violence et de fureur qui nous évoque comme une sorte de mix entre Les Chants de Maldoror pour le langage morbide, La Nuit de Philippe Druillet et les premiers Slaine, au moins pour le climat sulfuro-belliqueux, L'Enfer de Dante bien sûr et on y voit bien une bande originale rampante à la HELLHAMMER, ARCHGOAT ou INCANTATION, voire ANTAEUS et BOLT THROWER pour les parties les plus guerrières, autant dire une œuvre incroyablement sombre qui devrait être sur l'étagère de chaque âme noire lisant ces lignes.

« Les êtres que l'on crée ne nous appartiennent plus, ils exigent la liberté et l'amour que seul un dieu humain, trop humain, a cru dans sa folie pouvoir maîtriser… Mais où est-il votre dieu ? »

94 pages en couleurs
ISBN : 2840558475

1 qui est aussi un auteur fameux pour qui aime le dessin déviant, voir entre autres Al Kitab de Alkbazz (Le Garage L. / Les Branquignols Editeurs - 2013), ou les zines Alkom'X et Kutte chroniqués sur ce site et tiens, pourquoi pas Hopital Brut 10 (Le Dernier Cri - 2014).

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