Chroniques romans
02
Mar
2016

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

[Publié à l’origine sur Dead Fucking Church M’Aaagh # X]

Une fascination morbide pour la mort et voilà ce livre dans le panier.

Avant d’approcher le « cas » Breivik on trouvera une préface du mythique Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série, l’introduction quant à elle énumère les innombrables sources, on n’a pas affaire à un roman normal. On peut d’ailleurs faire un parallèle avec Les Bienveillantes (un des meilleurs bouquins des dix dernières années si on peut se faire maître, voir Les Bienveillantes de Jonathan Littell (NRF / Gallimard - 2006)): le Mal absolu raconté par une voix off neutre, out of this world par son absence d’émotions ou presque.

D’où un récit surréaliste : « La Norvège est un pays de cinq millions d’habitants. Un pays chiant, où il ne se passe jamais rien […] Il y a des aurores boréales, des fjords, des élans et du saumon, et c’est tout ce qu’on en retient ». Devant le danger islamo-marxiste qu’il rabâche ad nauseam : « Pour les ramener à la réalité il n’y a que les balles ». Breivik s’avère légèrement déséquilibré dans sa petite tête de justicier mégalomane et arrogant mais lui pense que « Me déclarer fou serait un acte politique revenant à qualifier de fous tous ceux qui n’exaltent pas le multiculturalisme ».

Un livre pareil ne pouvait que susciter des débats surtout vu sa forme de journal intérieur mais il serait plutôt injuste, malgré l’épineuse France orange mécanique, d’ignorer les qualités littéraires et scientifiques de cette fausse autobio, reste à savoir à qui elle s’adresse réellement mais on part ici du postulat que chacun se servira de son cerveau correctement ou fera mieux d’aller lire ailleurs, le dérangement Breivik et son interminable logorrhée ne font pas rêver, ils intriguent et confortent dans l’idée que la société est une vraie fabrique de monstres qui ne cessera que dans le mur.

On peut se demander si sous couvert d’identification au tueur on n’en profite pas pour délivrer des messages pas si neutres que ça, c’est ce qui visiblement dérange les éditorialistes. Qui croire ? Mais le principal reste que le discours de Breivik dans ce livre est très crédible, on souligne (au moins trois fois et en rouge) un travail littéraire costaud dans le malsain et le dingo car mine de rien, le « héros » en tient quand même une sacrée couche si on se fie au texte entrecoupé qu’il est de témoignages de victimes, de personnels hospitaliers ou psychiatriques.

428 pages, 20 €

ISBN : 9791091447089 

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