Tu payes ton coup ?

Chroniques romans
08
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

« Peut-être a-t-elle écouté de la musique rock and roll à la radio. Peut-être a-t-elle été tentée par l’Antéchrist »…

En tout cas, Carrietta, Carrie pour les intimes, cette enfant battue et vivant sous la férule d'une malade mentale doublée d’une fanatique religieuse, est la tête de turc de ses camarades. Pour ne pas dire de l'univers quand on sait qu'une pluie de pierres s'est abattue sur la baraque quand elle avait trois ans. En fait, « le cercle de peste rouge qui s'était dessiné autour d'elle dès qu'elle avait quitté l'ambiance confinée de la petite maison de Carlin Street pour se rendre à l'école primaire de Barker Street avec sa bible sous le bras » ne l’avait jamais quittée. Au sein de la cruelle gent féminine en pleine adolescence, « ce qu'aucune ne savait, bien sûr, c’était que Carrie était télécinétique ». S’en prendre à elle se paierait donc cher. Très cher.  

Ici présenté dans une édition revue et corrigée vingt ans plus tard, Carrie (1974) est le premier roman de Stephen King. Mais c’est dingue comme l’auteur sait déjà à la perfection rendre les sentiments les plus enfouis des jeunes filles - comme ceux des jeune hommes d’ailleurs - palpables au lecteur, d'autant plus quand celui-ci découvre au bon âge ce genre de roman percutant qui laisse un souvenir indélébile, en tout début d'adolescence où la lutte des classes et des sexes est de mise et laisse parfois sur le carreau, comme cette Carrie qui n'en demandait pas tant, revivant le calvaire de son messie avec une émouvante résignation. Du moins jusqu'à l'explosion qui marquera à tout jamais les esprits des amateurs de fantastique et d’un de ses maîtres modernes, l’autre King, dont les adaptations au cinéma cacheront souvent l'extrême profondeur des personnages et un don indéniable pour la description saisissante.

L’histoire est entrecoupée de paragraphes de détails vexatoires comme autant d'aiguilles plantées dans une petite poupée vaudou à l'effigie de Carrie, comme si sa mère cintrée fanatique de fondamentalisme chrétien ne suffisait pas. Il faut y ajouter de très revanchards enfoirés qui vont élaborer comme des grands un plan d'une exceptionnelle perfidie et faire tourner au vinaigre une thématique classique du passage à l'âge adulte, symbolisé ici par le fameux bal de fin d’année dont les amères-loques ne peuvent se passer dans les fictions comme dans la réalité. L’horrible simulacre que voilà, avec ses gagnants et ses perdants qui confirme le plus souvent la future place respective de chacun dans un monde qui ne leur veut pas que du bien.

278 pages
ISBN 2226069801

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