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01
Avr
2018

[Publié à l’origine dans Abus Dangereux Face 146]

ZONE LIBRE

Kit de survie en milieu hostile :
la zone libre coûte que coûte, debout dans les cordages !

©CedForbanEarFishPhilippeLevy-Stab

J’ai faim !

Et Serge Teyssot-Gay et sa bande sont là pour rassasier les amoureux de la musique au message universel de solidarité, de compréhension et de mixité. Deux disques, un film, just push PLAY.

Le Kit de survie en milieu hostile (nouvelle version de l’album PolyUrbaines avec l’arrivée des cuivres de Médéric Collignon et Akosh Szelevényi) est en effet un magnifique bras d’honneur à ceux qui conspuent la différence et le cosmopolitisme, le bouillonnement est roi dans cet assemblage s'apparentant au free jazz. Des duos s'ajoutent au duo original (Serge et le batteur Cyril Bilbeau) pour établir une sorte de conversation musicale en confrontant des ambiances variées. Amis marchands d’étiquettes, vous ne parviendrez pas à en coller une sur un projet mêlant avec tant de bonheur musiques du monde et de la ville, le français de Marc Nammour et l’anglais de Mike Ladd, les phrasés rap, le filigrane rock, l’aventure free, la poésie du vivant avec un regard clair sur un triste monde marchand, une volonté de se positionner, de casser les murs, tous ensemble…

Complément essentiel du disque, le film Kit de survie de Josselin Carré d’après un projet de Serge Teyssot-Gay autour de Saint-Ouen où le musicien réside depuis vingt-cinq ans. Deux fils rouges entrelacés le composent : le live (recueilli lors d’un concert à l’Espace 1789) et la musique en milieu extérieur et populaire (les fameuses puces, si adéquates). Quand « l’imposture a revêtu son plus beau costume », certains sortent nus de préjugés, sans fard ni masque, pour aborder la vérité et l’effervescence de la rue, un creuset de souvenir et d'avenir, théâtre d'innovations perpétuelles, visibles et audibles. Ou pas. Serge compare l'architecture vivante du projet à celle aussi remuante de la ville, l’explicite même au moyen des images hallucinantes du duo en train d’improviser dans un bâtiment en construction ; les véhicules et les bruits du chantier prenant part sans le savoir à une sorte de composition ambiante.

Les deux voix évoquées plus haut ne sont pas les seules à exceller dans le domaine des textes acérés, le stylo en bandoulière était aussi caractéristique de l’écriture d’Aimé Césaire, géniteur révéré de la négritude. Auteur du Cahier d’un retour au pays natal (1939), il se voit remis à l’honneur par le trio Teyssot-Gay / Bilbeaud / Nammour à travers le disque Debout dans les cordages, constitué d’un morceau-fleuve du même titre de quarante-huit minutes aussi troublant et cinglant que le texte d’origine !

Ajoutons que les deux albums (dispos chez Intervalle Triton / L’Autre distribution) sont chacun nantis d’un très bel emballage digipak auxquel il ne manque que les textes pour être absolument parfaits, on recommande chaudement l’achat de ces deux recueils de liberté audio car, pour rappel, la musique c’est la vie, c’est tous les jours, partout, avec tout le monde.

Pour consulter la foisonnante discographie de Serge Teyssot-Gay et ses projets, voir http://www.sergeteyssot-gay.fr/

[photo de TSG : © Roch Armando]

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