Une petite contribution ?

20
Juil
2020

N’étaient-ce point les nazis

qui demandaient des certificats aux apprentis tortionnaires quand il s'agissait de prouver leur « aryanité », leur ascendance non-juive, afin de les faire rentrer dans le moule terrible de leur bureaucratie et de leur armée qui mettaient alors le monde à feu et à sang, puis en esclavage ? N’était-ce pas en France, sous le vil régime de Vichy, que furent instaurées les lois sur le statut des Juifs inspirées de ces grands civilisateurs d'un monde selon eux dégénéré ? Et c’est pour une fois SOUS le ciel et pas DANS qu’avaient éclôt des étoiles (mais aussi des triangles, tout aussi sinistres). N’a-t-on donc rien appris depuis ? Alors comme ça, la société underground, le petit monde du spectacle souterrain serait devenu lui aussi une usine à étiquettes avec ses méchants et ses très méchants, ses suspects (comme sous la Terreur, autre exemple chouette historique) et ses traîtres potentiels ?

Bref, une fois de plus on ressort la machine à diviser un peuple qui déjà pour toujours doit vivre seul dans sa petite tête toute une vie, parfois sans savoir à quoi se raccrocher pour ne pas se laisser glisser dans l'abandon de ce que chez d'autres on croirait une mission. « Si on ne s'estime pas investi d'une mission, exister est difficile ; agir, impossible. » (Cioran) On s'est donné pour notre celle de donner la parole aux créateurs, souvent pris pour des clampins par une société « supérieure » qui ne reconnaît l’art que quand il est vendable / rentable. « Chez nous », la vente importe peu (enfin, normalement…) c'est la passion, c'est le besoin d'expression, c'est l'imagination et la création qui font de l'art (en l’absence d’un autre mot) une expression extra-humaine qui ne devrait pas convoquer politique et religion à l’atelier puisque d’ordre personnel et finalement très terrestre, mais juste rester une façon d'ouvrir une fenêtre vers l'inconnu, vers des choses de l’ordre de l’automatique, le processus de création d’une œuvre (en l’absence d’un autre mot, bis) ne s’expliquant pas normalement de façon rationnelle à part chez les machines.

Ici, nous REFUSONS de croire à des dieux, des maîtres et des slogans même DÉFENDABLES (car les autoritaristes de tous poils peuvent heavy-demment et directement aller se faire foutre, « touche moi pas, tu m’salis » comme dirait l’autre) et si nous respectons ceux qui s'y réfèrent par sécurité, confort ou conviction, nous n’admettrons jamais les critiques de ce pour quoi on vit véritablement, cette bouée dérivant dans un océan de connerie où quand certains croient avoir de l'importance, nous savons n’être rien à l'échelle du monde, un monde immense que nous arrivons pourtant à détruire avec la plus grande rigueur et dans le plus parfait chaos organisé. Pendant que les « petits » se tirent dessus, les grands rigolent bien et ils n'ont pas fini de se marrer, « ce qu'ils cuisinent, c'est nous qui le mangeons », on a beau piailler du haut de notre tas de fumier que non pas nous, non pas nous, et ben nous si, et crier plus fort que les autres ne changera pas la réalité : d’un mouton on ne devient pas un loup, et autour de nous comme dans le miroir on ne voit que des ovins, et « aux affaires » les loups pour l'homme, serviette déjà nouées autour du cou.

Bon courage alors à tous les héros de l'ombre, auto-proclamés ou pas, il en faut de la prescience pour s'estimer exceptionnel dans un monde qui ne méritait pas une telle peste sur deux pattes, c'est le Grand séisme qui décidera, et pas le porte-voix de la morale (en voilà un mot amusant quand on l'applique à, en fin de compte, des animaux), de quelque couleur qu’elle se badigeonne.

En attendant, puisque tu aimes les règles bien droites, dessine-moi mon triangle.

P. S. : nice try Claus, next time in another world maybe…