15
Jui
2020

Suite à la lecture de L’Appel des 60 concernant l’avenir de l’édition vidéo physique 1 :

Nous lisions il y a peu que le premier sens humain en action était sûrement l’ouïe, bercée par les battements de cœur de Maman. Et le toucher alors ?

Malgré tous les paradoxes écologiques que cela puisse faire venir à l'esprit, je suis d'une génération où le support physique d'une œuvre (film, musique, livre…) est tout simplement indispensable. À la seule pensée d'une vie tout-numérique, c'est le mot NAUSÉE qui apparaît en premier sur l'écran noir de mes désirs !

Un Blu-ray, comme chez les éditions Artus, c'est aussi un emballage formidable avec à la fois de quoi lire, de quoi regarder, de quoi rêver quoi. Avec un livre comme ceux du Castor astral c'est le contact unique entre la main et le papier, cette petite course jusqu'à la page fin… Un vinyle comme ceux de Trauma Social, c'est la possibilité d'observer de plus près les détails de la couverture, de faire de l'ouverture d'une œuvre un moment unique qu'on ne partage pas, la possibilité de lire des paroles imprimées sur un insert, de découvrir avec un rictus de pirate un vinyle de couleur…

Cela fait très longtemps maintenant que nous ne pouvons plus nous permettre d'acheter quoi que ce soit chez Nawakulture, mais on n'a pas envie de faire pleurer dans les chaumières, on se contente donc d'attendre plus que les autres et d'acheter d'occasion ce que les autres dévorent et empilent, parfois pour le seul plaisir d'accumuler, on n'est pas pressé puisqu’on s'intéresse à tout, mais ici nous refusons de voir lésé un domaine culturel crucial, celui de la conservation individuelle de son univers, de sa vie (j'ai encore mes premières cassettes, mes premiers vinyles, mes VHS…) et si j'entends déjà des amis proches me dire avec un sourire goguenard que c'est stupide, c’est mon choix - comme disait l'autre neuneu de la télé - mais c'est aussi une source de revenus non négligeable pour une branche particulière de l'art qui est sa distribution mais aussi son maintien à la postérité.

Si une photo merdique est semble-t-il éternelle sur votre satané internet, alors il faut que mes films, que mes albums, que mes livres existent, et endurent le contact de mes mains avides, qu'ils remplissent mon cœur et mes yeux de joie ! Beaucoup de ce qui sort ne mérite même pas un regard mais ce que Nawakulture soutient depuis des années le mérite, rien à foutre du subjectif dans le discours du chroniqueur quand on voit les milliards versés aux esclavagistes des temps modernes, aux pollueurs de la pire espèce, de même que les salaires de ceux qui nous gouvernent et ne méritent souvent pas grand-chose de plus que le mépris et l'indignité nationale. Donnez du fric pour la sauvegarde d'un patrimoine immense et vivace, si le livre en a reçu, la vidéo doit suivre, et tant qu'à y être les salles de concert, et vite !!

Je veux que mes impôts servent aussi à irriguer et faire tourner Le Moulin des rêves, voire celui des supplices quand les gens de la « haute » conspuent des chef-d'œuvre du cinéma populaire ! Nawakulture a beau être un site, il n'en est pas moins souvent une expression écrite publiée par une presse de papier, un vingt-deuxième fanzine est aussi sur les rails, des livres sur d'autres, et si le PDF est pour le moment de rigueur, c'est simplement parce que les gens s’emmerdent, noyés dans les discours les plus imbéciles, les rumeurs les plus grotesques, les mensonges les plus honteux et les envies de ressortir la guillotine de plus en plus pressantes.

Faites tourner l'opium au peuple s'il vous plaît et laissez Emmanuel et les derniers cannibales s’entre-bouffer pour un poste, un trône, un pouvoir que le temps viendra forcément leur reprendre. Votre image agace la vue, votre voix cette pauvre ouïe. Et le toucher dans tout ça ?

1 voir http://www.wildside.fr/AppelDes60.pdf.

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