InterviewsLes propos des interviewés n'engagent que leurs auteurs.
31
Mar
2020
French garage punk rock Sète interview

[Publié à l’origine dans Abus Dangereux Face 154 - director's cut]

Sète arrivée près de chez vous ! Volume I

THE SONIC PREACHERS

Sète, via ses groupes talentueux qui partagent une flamme également entretenue au Havre, en Australie, à Detroit et à New York, mais aussi mise à l’honneur par le biais de toute une série de programmes télévisés enregistrés sur place, semble devenir un petit centre du monde !

« ...mais bordel pourquoi nous arrêterions-nous ?! »


Comment les PREACHERS comptent-ils se distinguer au milieu de ce boxon ambiant ? D’autant que la ville est si cool qu’elle voit débouler des WAMPAS mais aussi d’authentiques rockeurs historiques de groupes aussi importants que les SAINTS, les FLESHTONES, et on en passe, le Heartbreak Hôtel existerait-il toujours virtuellement, comme un aimant attirant le meilleur à l’épicentre sacré ? Quels sont d'ailleurs vos QG actuels ? 2017 marque la naissance du groupe mais certainement pas les débuts de ses musiciens, peut-on brièvement retracer le parcours de ces outlaws avant d’aller plus loin ?

Laurent (guitare) : Djo (chant) et Olive (basse) ont joué dans les REVEREND KNOCKERS pendant une dizaine d’années. C’était avec LITTLE GREEN FAIRY un groupe phare du rock sètois. Shap (guitare lead) a joué dans multiples groupes sètois comme LA LA POWER. Beaucoup plus pop que les REVEREND qui eux jouaient plus australien. Alain ne faisait presque plus de batterie avant d’intégrer LITTLE GREEN FAIRY. Moi je n’habitais pas encore dans la région et pendant de nombreuses années je jouais dans ZE CARDIACS avec mon épouse. Le groupe tapait dans un punk rock plus basique. Au décès d’Iza je me suis installé vers Sète et on a monté les SONIC PREACHERS. On avait partagé pas mal de scènes avec les REVEREND.

 

Le groupe tient sa force d’une présence scénique non négligeable et de l’image construite par le génial Djo, dans quelle optique le groupe a-t-il été monté au départ ? Pur plaisir ou début d’une aventure pour durer ? Les deux ?

Sans hésiter, les deux. Bien sûr qu’on veut durer dans le temps. Mais bordel pourquoi nous arrêterions nous ?! C’est un tel plaisir de se retrouver ensemble. Même si dernièrement nous avons eu un petit souci et que nous nous sommes séparés d’Olivier, c’est du pur bonheur de jouer ensemble. Et crois-moi, cette période de confinement nous pèse de ne pas se voir. Car on ne fait pas que de la musique ensemble, on rigole, on discute, on se raconte nos vies. Quant à la scène, j’ai habitude de dire que c’est vraiment le seul endroit où je me sens chez moi et je crois que pour les autres c’est pareil.

On ne pouvait concevoir autre chose qu’un vinyle 1 pour commencer la série d’enregistrements, aucune démo officielle ne fut-elle donc commise avant cette sortie ? Le groupe était-il à ce point sûr de ses compositions qu’il a commencé direct par du sérieux ?

L’album était notre tout premier enregistrement avec en plus la possibilité d’enregistrer avec Jim Diamond. En fait, ce fut comme un rêve. Et quitte à enregistrer, autant se faire plaisir et sortir un disque en format un peu collector (25 cm). Rien de calculé, juste se faire plaisir. Après, ça se vend tant mieux, ça ne se vend pas, tant pis. On ne peut pas être sûrs de nos compos, je ne pense pas que nous soyions imbus de nous-même mais si nous nous n’y croyons pas, qui va y croire ? Nos compos on les aime. Il nous est arrivé de ne pas finir des morceaux car on ne trouvait pas l’osmose pour les jouer correctement.

Quelques souvenirs de studio à partager ?

Ce qu’il faut savoir c’est que nous enregistrons chez Guillaume Brugvin au Studio de la Butte Ronde à Sète. Guillaume c’est la famille, c’est un SONIC PREACHERS quelque part. Il a un groupe avec Shap et Alain ainsi que Perla Crystal la bassiste des VIERGES. Le groupe s’appelle ELECTRIC COMEDIE. C’est en français et c’est chouette. Et depuis peu il a rejoint le nouveau line up de LITTLE GREEN FAIRY. Pour revenir aux souvenirs, comme je l’ai dit on est en famille donc ce fut très studieux car un peu impressionné par Jim Diamond mais en même temps c’était comme au local. De la franche rigolade. De toute façon quand tu joues avec ces mecs-là tu ne peux que rigoler, surtout avec Alain qui est toujours en train de sortir des conneries. Mais le plus gros souvenir c’est quand on enregistrait les témoins, Djo chantait dans la cabine aux cotés de Jim et Guillaume. A un moment, Jim lui demande pourquoi il n’a pas ses textes sous les yeux. Djo lui dit pas besoin, il connaît ses paroles et les lire lui ferait perdre tout le feeling et l’énergie qu’on peut sentir sur scène.

 

Vous avez depuis le début compilé les dates de concerts et si celles-ci s’avèrent incertaines pour le moment, peut-être pourrait-on glaner ici vos meilleurs souvenirs en la matière ? Des rêves de partages d’affiche à avouer ?

Bon le plus énorme c’est le dernier à Paloma avec les WAMPAS, les VIERGES et S.J.U 34. On n’avait jamais fait de pareilles scènes, nous étions comme des gosses. Et puis joué avec Romano (SONIC ASSASSIN, ex-A10 etc etc...) à la basse c’était comme un coït ! (rires) Mais comme je l’ai déjà dit, la scène c’est notre chez nous. Chaque fois et quel que soit l’endroit c’est du pur plaisir. Et puis quand on s’éloigne de chez nous, ce sont les rencontres, avec les tauliers, les autres groupes et surtout le public. Pfff là on a vraiment les boules, nous avions plein de dates de prévues jusqu'à l’été et c’est à l’eau. Pour des rêves de partages d’affiche aaaargh moi à titre personnel c’est avec LITTLE BOB. C’est grace à lui que j’ai toujours, encore et encore, envie de jouer. J’avais à peine 15 ans, mon premier concert et la gifle. Après on rêve tous de jouer avec nos héros.


Qu’en est-il de l’enregistrement à sortir bientôt ? Comment se sont passées les sessions, êtes-vous contents du résultat ? Quand peut-on prévoir une nouvelle galette à chroniquer ? Quels sont les termes abordés ? Un label ou une autoproduction ?

Nous avons enregistré au Studio de la Butte Ronde le dernier week-end de février, toujours avec Guillaume. C’est en vue d’un album split avec LITTLE GREEN FAIRY qui a enregistré dans le même studio avec Chris Bailey. Cinq titres chacun. On devait mixer ce mois d’avril mais avec le confinement, pas moyen. Dès que ce merdier sera fini c’est la première chose que nous ferons. On espère le sortir à l’automne. Si les fonds le permettent car avec ces annulations les moyens commencent à manquer. Bon ça envoie sévère avec des surprises. Je n’en dis pas plus il existe sur la page Facebook du groupe un petit clip avec un des titres du disque. Bon l’audio n’est que la mise à plat mais ça sonne vraiment très bien. Le titre s’appelle Last Friend. Les textes de Djo sont souvent écrits comme de mini scénarios de films. Le disque lui, sortira sans doute en autoprod. On hésite pour un label mais en même temps, que tu presses par toi-même 2 à 300 exemplaires ou par label ça reste difficile de vendre alors on se dit que moins on est sur le projet, mieux c’est.

Un souhait avant de se dire au revoir ?

Le seul souhait aujourd’hui c’est de pouvoir enfin reprendre la route. De revoir les gens à nos concerts. De rire ensemble. Et aussi d’aller voir d’autres groupes sur scène. Les Pétroleuses à Sète et la Secret Place à Saint-Jean-de-Védas me manquent.

A bientôt sur la route !

WE LOVE YOU !

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Photos par Eric Catarina

 

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