Chroniques CD
20
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Avec un fameux premier morceau de quasiment vingt-et-une minutes,

certes découpé en sept chapitres, RUSH monte ici d’un cran, s’élève soudain à la division des groupes incontournables du rock mondial, à la croisée du hard et du progressif. Bien sûr, l’arrivée des claviers dans le chaudron à composer modifie le son général de la formation canadienne, n’empêche qu’elle pond ici un (quatrième) album essentiel de sa discographie, seulement deux ans après la sortie de son premier album 1 !

2112, le morceau, embarque l’auditeur dans une histoire à tiroirs représentant un travail aussi littéraire (est-il besoin de rappeler le travail de parolier de l’affolant Neil Peart, déjà batteur absolument fabuleux ?) que musical (le trio est composé de trois génies point. Le clavier est quand même confié à un quatrième homme, Hugh Syme), les cinq suivants se montrant forcément moins épiques mais le classic rock peut s’enorgueillir de nouveaux classiques avec des bijoux tels que A passage to Bangkok, où la subtilité de l’alliance entre mélodie et puissance est sans égale, The Twilight zone qui, en sonnant plus introverti, piègera ceux qui entreverraient un faux-pas, le chant de Geedy Lee s’y montrant particulièrement touchant et habité tandis qu’Alex Lifeson déborde d’un feeling qui gonfle le cœur. Si Lessons sonne plus guilleret, Tears possède un titre évocateur quand il s’agit de nommer une ballade du genre pluvieuse, Something for nothing conclut en dressant habilement comme un synthèse de tout le programme et du talent phénoménal du groupe. Claque.

Les fans des BEATLES, THE WHO, PINK FLOYD, GENESIS et LED ZEPPELIN qui ne connaissent pas RUSH devraient tester au plus vite cette entité majeure, pourquoi pas avec ce disque étonnant, parfait équilibre entre électricité, émotion et épopée futuriste et dystopique. En attendant de servir aux fans des concerts à la mesure de cette sortie, c’est le succès qui est au rendez-vous et un live, All the world's a stage, viendra couronner de deux galettes monstrueuses à peine cinq mois plus tard cette période (à laquelle ce double met fin, celle du hard classique), mais ceci est une autre histoire : à suivre !

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