InterviewsLes propos des interviewés n'engagent que leurs auteurs.
01
Mar
2000

[Publié à l’origine sur Dead Church #4] 

Peux‑tu nous rappeler le parcours d’ASSHOLE avant d’aborder EXKREMENT ? On a souvent entendu parler de vous dans les 90’s pour vos démos et vos participations à des compil et concerts... 

J. Digueule : ASSHOLE est formé par une bande de copains en 1986. Après un 1er concert complètement bordélique à Nancy, nous décidons de ne pas lâcher prise et de continuer dans cette direction. Nous avons la chance de sortir la démo « Discharge, Sweet Discharge » dans la foulée enregistrée dans notre local. Suite à cette merde, nous avons l’occasion de nous produire dans d’autres concerts et festivals. Une vidéo Live voit le jour et une démo aussi, la célèbre « Ridiculum Concertum ». Quelques temps plus tard, après avoir ramassé le maximum de fric, nous rentrons en studio 16 pistes pour enregistrer 6 nouveaux titres et sortir la non moins célèbre « Into the Flying » complétée par 5 titres Live. Sans nous en rendre compte, nous venions de passer un cap : nous étions passés du stade d’amateur à celui d’Amateur. Pour résumer la suite, ASSHOLE participa à une tournée française avec SHUD et à plusieurs festivals à l’étranger, quelques compilations comme « Is there a Doc dans la salle » ou un truc comme ça, pour ensuite se faire enc… par une Maison de Production allemande en 1994… Le dégoût. Et le split en 1995. La boucle est bouclée. Et EXKREMENT dans tout ça ? C’est une histoire très difficile à raconter. A chaque fois qu’on nous pose cette question, on en voit pas la fin (de la réponse, pas la question). En résumé, je quitte ASSHOLE en 1992. Je forme EXKREMENT quelques semaines après. Je retourne dans ASSHOLE en 1994. ASSHOLE splitte en 1995. Et EXKREMENT est relancé. Bref, c’est un bordel cette histoire. 

EXKREMENT s’est formé en 92 "dans l’unique but de se faire plaisir et de composer les morceaux les + délirants". Comment pourriez vous qualifier votre style ? Quelles sont vos influences ? 

JD : Notre style ? Pas évident de définir tout ce bric-à-brac. Cela fait une quinzaine d’années que nous baignions dans le Métal : TRUSTSCORPIONS et IRON MAIDEN pour commencer. SLAYERMETALLICA et TESTAMENT pour continuer. VADERKREATOR et VOIVOD pour compléter. Actuellement, nous écoutons toutes sortes de musique, pas seulement du Métal mais de la musique en général. Tout ce qui importe, c’est que cela nous fasse vibrer. A partir de là, tout ce que tu écoutes, tout ce que tu fais, tout ce que tu vis, t’influence sans que tu le veuilles réellement. Personnellement, nous avons un peu de mal à définir notre style. Y’a un peu de tout, c’est un ensemble : du Thrash, du Punk, du Death, du Black, du Rock, de l’Indus, du Gothic… On joue la musique qui nous plait même si ça sonne Techno, on ne se pose pas de question. Une chose est sûre : la guitare et la basse saturées auront toujours leur place dans tout ça. Souvent, il m’arrive d’entendre un titre à la radio, de taper du pied et d’attendre l’arrivée fracassante de la guitare saturée et elle n’arrive jamais. Quelle cruelle déception. J’aime le son et la puissance que cela apporte et je ne pense pas pouvoir m’en passer. 

Quel est le line up actuel ?

JD : Krottos, qui s’occupe de tout ce qui est basse et chants aigus. Il a aussi joué dans ASSHOLE mais beaucoup plus longtemps que moi. Jusqu’à la fin de haricots, en fait. Tu peux être sûr qu’il a fait des choses intéressantes musicalement parlant comme ce festival à Moscou avec VADER devant 12.000 personnes sur une scène et du matos que même en rêve, tu n’y crois pas. Il a fait une mini-tournée française avec SHUD et plein d’autres choses. J’aurai toujours un regret dans ma vie : ne pas avoir participé à tout ça. J’ai quand même joué en Pologne avec SAMAEL et LOUDBLAST devant 2.000 personnes et je peux t’assurer que ça fait tout bizarre quand tu vois tous ces gens les yeux rivés sur toi. Ça donne des frissons que j’aimerais retrouver un jour. Pour revenir à nos moutons, je m’occupe du côté guitare et programmation des séquences MIDI. J’appose ma voix grave sur les morceaux. Nous aimons bien le fait de mélanger nos 2 voix qui ont un timbre similaire mais des fréquences opposées. A une époque, j’aurais aimé réunir toutes sortes de musiciens de tout style : un chanteur, une chanteuse, un synthé, un batteur sinon 2, bref, faire un orchestre complet pour créer une musique riche au possible. Très difficile à réaliser sinon impossible. A chaque fois que quelqu’un intégrait le groupe, quelques semaines, voire quelques jours plus tard, cette personne m’appelait et me disait ne plus pouvoir continuer. J’y croyais pas, on doit être maudit. Un exemple me vient à l’esprit : une chanteuse venait faire des essais concluants et 2 semaines après se plaignait de son audition. Son médecin lui prescrit l’arrêt complet du chant. Une autre qui tombe enceinte la semaine suivante. Un chanteur qui trouve un groupe de bal qui rapporte. Un batteur qui n’a pas le temps de venir répéter… Stop, j’abandonne !!! On va se débrouiller tout seuls. 

Vous êtes dans l’Underground depuis 86 (!!!!), ça ne vous fout pas les boules de rester aussi confidentiels ?

JD : On se dit que, quelque part, on a peut-être raté le coche à un moment donné. Si je n’étais pas parti de ASSHOLE, peut-être serions-nous riches et célèbres ou peut-être aurions-nous tout stoppé par lassitude et par ennui. On ne peut pas savoir mais on peut imaginer plein de scénarios différents. Partir de ASSHOLE m’a permis de créer EXKREMENT, de comprendre beaucoup de choses. Peut-être était-ce une nécessité, un signe du destin pour continuer notre route. Le plus important, c’est ce qui reste. Ça ne sert à rien de pleurer. ASSHOLE fait partie de notre vie et nous ne l’oublierons jamais. Tous ces moments de bonheur et de prise de gueule, toutes ces galères. Nous aurions bien continué ASSHOLE mais sans Dave St-Martin, notre chanteur, ça n’avait aucun intérêt. On s’est déjà retrouvés pour jammer ensemble et ce fut un plaisir de se retrouver sur scène tous les 3 lors du concert au Caveau des Dom’s. J’ai eu l’impression de retrouver les sensations d’antan et de retrouver l’esprit ASSHOLE. Nous lui avons proposé de revenir mais la vie suivait son chemin et chacun avait pris un train en marche. C’est comme ça. Personnellement, je m’en fous de rester confidentiel, bien au contraire. Il m’est arrivé de me faire accoster pour un autographe ou un bonjour et je peux te dire que ça me gène plutôt qu’autre chose. Tout ce que m’intéresse c’est de continuer à composer une musique qui me fait vibrer, à faire des concerts qui me laissent un souvenir impérissable et enregistrer tous nos morceaux pour les écouter, les regarder, les embrasser, les… 

Revenons à EXKREMENT... Après 2 démos sort un CD "Promo 99" qui a été réalisé par vous de A à Z (enregistrement, mixage, package). On n’est jamais si bien servi... Vous y croyez ? 

JD : Bien sûr qu’on y croit. En plus, on prend un malin plaisir à tout faire nous-mêmes. On apprend doucement mais sûrement sur tout ce qui est prise de son, mixage, gravage, conception de la pochette, collage de l’étiquette CD, distribution … On se documente. Et puis, aller en studio, cela coûte énormément cher et le résultat n’est pas toujours à la hauteur de tes espérances. Personnellement, j’ai un besoin constant de composer, enregistrer, mixer notre musique. Il me fallait un Mini-studio à portée de main, cela fait des années que nous avons du matos pour enregistrer et nous ne le regrettons pas et je ne pense qu’on soit prêts à s’arrêter en si bon chemin. Nous aimerions faire profiter d’autres groupes de tout ça, nous avons eu d’ailleurs des demandes, mais il nous manque trop de matos pour une prise de son batterie. Nous avons déjà fait des essais mais sans résultat concluant. De ce côté-là, la boite à rythmes nous enlève une sacrée épine du pied. 

Parlez nous de ce CD. Qu’apporte-t-il de nouveau dans EXKREMENT ? 

JD : Ce CD a surtout pour vocation d’être une carte de visite. Nous ne pouvions plus nous permettre d’envoyer des K7 aux organisateurs. Il fallait se mettre au goût du jour et proposer quelque chose de plus professionnel ou tout du moins plus pratique. J’imagine que plus grand monde n’a de platine K7 ou alors c’était : "Où j’ai foutu ce putain de lecteur K7 ?". Et t’imagines le gars qui veut écouter le morceau suivant, la galère. Je me souviens d’un concours où nous avions envoyé la démo "Waternet", nous recevons une réponse nous expliquant comment ils avaient procédé : "Nous avons écouté les 2 premiers morceaux puis ensuite les 30 premières secondes des morceaux suivants …". Quel courage, les gars ! De plus, on a beaucoup plus de propositions depuis que le CD est sorti. Les gens te prennent plus au sérieux et te propose des sommes faramineuses !!! C’est le départ pour la gloire, les filles à gogo, le bon vin… Non, je déconne. 

Avez‑vous ou comptez-vous faire quelques live en support du CD ? Dans le sud par exemple ?! 

JD : Avec le plus grand plaisir. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, nous avons joué à Marseille. La scène, c’est un de nos nombreux plaisirs. Nous invitons les organisateurs à nous contacter et nous nous ferons un plaisir de venir crier dans leur région. Toutes les propositions sont les bienvenues même un bal folk au milieu de nulle part. Il nous est déjà arrivé de jouer dans des endroits bizarres mais le concert et la journée se passent tellement bien que tu n’as aucun regret d’être venu. C’est ça le plus important. 

Comment se porte la scène chez vous ? Que pensez-vous de l’underground 2000 ? 

JD : Il y a énormément de groupes dans notre région, de tout style : du Rock, du Black, du Death, du Heavy, du Thrash, du Hardcore, du Punk, du Reggae … De ce côté là, il y en a vraiment pour tout le monde mais le seul problème, ce sont les endroits pour jouer. Il n’y a pas grand chose au niveau des structures, juste quelques bars et encore. Le peu de salles des alentours ont été fermées pour cause de tapages nocturnes. Même à la Fête de la Musique, le Métal est mis de côté depuis maintenant 2 ans. Ça a l’air de changer, du moins je l’espère. Il ne faut pas oublier que Nancy possède une école de musique où de nombreux musiciens de tout horizon viennent y faire leur cursus professionnel. Nancy est une ville culturelle qui n’a aucune culture. A part le "Nancy Jazz Pulsations" et la Place Stanislas … Un sacré gâchis. 

Je vous laisse les derniers mots, merci d’avoir répondu à mes questions.

JD : Quand tu chies un colombin, vérifie que le PQ n’est pas loin !!! Ah si, j’oublie toujours de dire que nous avons un site Internet où tu peux trouver tout ce que tu désires : des extraits MP3, des nouvelles régulières, les dates de concerts et tout et tout … A toi de le trouver, ah ah ah !!!

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