Une petite contribution ?

Chroniques CD
04
Oct
2000

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

La Pologne était un sacré vivier de black metal et CHRIST AGONY était du lot, formé en 1990.

Unholyunion (1993), dès son intro macabre, faisait suite à une paire de démos et montrait pour un premier album un groupe franchement doué pour planter les ambiances, il le fallait pour aligner quatre compositions d’entre dix et quinze minutes de longueur ! Inceremonical tapait, intro passée, dans une forme rampante de black / doom à puissante double grosse caisse, positionné comme sur un rythme de procession malveillante, pour enchaîner régulièrement sur un tempo rapide pour varier les sensations et pourquoi pas des passages clairement hérités des vieux maîtres du heavy metal traditionnel. Darkthurnal est plus sombre encore, plus death mais incorpore des touches gothiques et des guitares pas éloignées de celles de MAYHEM sur la fin de ce pavé. Dies irae lorgne aussi vers le death, inspirant de bons moments de headbanging, tout comme d’ailleurs le conclusif Rituals sceptrus contenant des chants grégoriens mais ne démordant pas d’une ambiance morbide du début jusqu’à la fin. Très bon disque de black / death / doom à la forte personnalité, bien au-delà des querelles d’écoles et autres phénomènes de mode.

Daemoonseth Act II (1995, sorti chez Adipocere Recs !) reste dans la même lignée : passée l’intro, le black / death metal est au programme, le côté black étant peut-être plus appuyé, particulièrement au niveau des voix et des riffs. L’ensemble sonne plus énergique tout en gardant tout son mystère et ses variations doom sombres et sulfureuses. Ce sont cette fois six titres qui composent le menu (dont une courte intro) mais cette fois « seulement » trois titres tournent autour des dix minutes et plus, mais composent comme sur l’album précédent une œuvre complète et équilibrée, où certains chercheraient sûrement un concept (en fait il est simple : la célébration du côté sombre). L’ensemble est bien plus passionnant à écouter que barbant, contrairement à ce que pourraient se dire les fanatiques de black metal à trois accords et deux tempos où le primitivisme de façade semble être l’artifice bon marché. Ici, Cezar, le compositeur de toute la musique ou presque, montre que l’on peut, sans chercher non plus les montagnes de détails inutiles, sonner foisonnant en ne donnant que l’essentiel : talent et conviction.

Comme quoi on pouvait trouver de très bons groupes sans devoir supporter les délires nazis d’autres bien plus en vue, malheureusement pour la réputation d’une nation qui accoucha, on le redit, un sacré paquet de groupes mémorables et qui mériteraient bien mieux que l’oubli !

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