Chroniques romans
01
Fév
2010

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

[Publié à l'origine dans C Le Mag #100]

 

C'est en 1701 que débute cette singulière aventure. Le sculpteur de cires anatomiques Zumbo meurt mystérieusement à Paris. On retrouve en même temps que son corps un cœur qui semble ne pas pouvoir se décomposer. Monsieur de Pontis, espion de Louis XIV, enquête sur cet homme et sa vie mystérieuse qui le mena de la pauvreté en Sicile à la reconnaissance de la cour du Roi-Soleil. Zumbo, ou plutôt Zummo de son vrai nom, a eu une vie particulièrement semée d'embûches mais aussi de rencontres décisives pour le meilleur comme pour le pire.

Cet étrange roman, que l'on appréhende au début à la façon des polars historiques de Jean-François Parot (voir par exemple : Le Fantôme de la rue Royale) ou du Montespan de Jean Teulé se distingue rapidement par une écriture érudite, parfois exigeante comme pour ces scènes quasi psychédéliques de rêves et autres hallucinations, est véritablement prenant, acidifié par une certaine suavité dans l'approche de la mort physique qui est un des thèmes centraux. On notera les réflexions inspirées sur l'Art et la Vie, l'Amour et la Mort, leurs interconnections, leurs enchevêtrements et leurs divergences d'approche ; ici les pourritures sont délicieuses comme chez Oates (voir Délicieuses pourritures de Joyce Carol Oates (Philippe Rey - 2003)) mais réservées à un public averti. En effet les descriptions de l'auteur suggèrent souvent, et concrètement, des choses que l'on déclare horribles bien qu'en même temps naturelles, un petit précis de la décomposition à l'encontre du roman lisse... Après tout, nous dit l'auteur, « L'Art ressemble au vent. Il est bruyant quand il se lève à cause de ce qu'il met en mouvement et du désordre qu'il provoque. Mais quand il n'y a plus d'obstacle ou qu'il s'apaise, nul ne le soupçonne, il redevient invisible ».

 

301 pages, 19€

ISBN: 9782849901595

© GED Ω - 01/02 2012

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