Chroniques concerts
25
Juil
2017

Yes, on a survécu 1 !

C’est donc parti pour un deuxième soir à Carca' plus couverte que la veille de nuages grisâtres qui, même en faisant des efforts, ne parviennent pas à ternir les sublimes caillasses des murailles de la téci.

Après une intro électro-cool, un homme s'empare de son piano avant que le batteur et les autres musiciens montent sur la scène. Pas vraiment du genre de Nawakulture, le répertoire de Claudio Capeo se situe quelque part entre électro pop aux touches rock et chanson française alors que cette voix cassée et touchante à la fois rappelle parfois Soan, LA GAUDRIOLE 2 (de Toulouse) et bien sûr Mano Solo. Et on est surpris de voir que Claudio a visiblement fait se déplacer une grande partie, ravie, du public. Et il y a de quoi quand on voit le groupe montrer un grand plaisir à jouer ensemble un répertoire généralement bienveillant et accueillant. Les morceaux avec l'addition d'un accordéon ont particulièrement de la gueule, ce truc intimiste et populaire qui pousse même le chanteur à venir chanter Riche (?) dans le public (il en fera même le tour complet) après avoir présenté les membres de son groupe (incluant cézigue) comme des « sales gosses » : sacrée communion avec le public au programme puis fin sur des lights énormes surement visibles de la lune, plein les yeux qu’ils disaient !

Voilà qui place la barre assez haut pour la belle Olivia Ruiz qui apparaît après un long changement de plateau pendant lequel on a installé un fond de scène métallique triangulaire garni de spots sur son tour. A la tête d'une belle formation de musiciens multi-instrumentistes et toujours en progression au sein d'un univers terriblement personnel, la chanteuse nous convie à une balade intimiste qui frise parfois le solennel pour exploser ensuite en total rock'n'roll. Des facettes qu'elle assume, assure et juxtapose sans problème et certains morceaux réorchestrés défoncent particulièrement : Les Crêpes aux champignons, La Femme chocolat, J’traîne des pieds… La fauve de feu, débordant d'une énergie torride, danse, dirige et chante avec un niveau écœurant, qui plus est à la maison ! D’où cette prestation spéciale où même Papa vient faire une apparition, où chaque membre de l’équipe est salué (ça c’est la mégaclasse) et où la Blondie sudiste livre une prestation gouailleuse évoquant l’éternelle jeunesse, voire même l’enfance avec ses joies, ses doutes et ses fractures, la vie quoi, la vraie, avec un truc faisant allusion à des frappadingues de la trempe de Tim Burton ou Tom Waits avec ces sonorités étranges et tous ces instruments biscornus (guimbarde, banjo, scie musicale, vielle, et tant d’autres). Heavy rappel pour final avec sur la peau une fantasque robe blanche : Je baise donc je suis puis J’traîne des pieds repris entièrement par le public (moment intense pour un artiste ou on n'y connaît plus rien) et qui dégénère crescendo en déflagration punk : grand 3. On se reverra.

1 voir EUROPE [Swe] + TRUST [Fra] à Carcassonne, Théâtre Jean-Deschamps le 21/07/17 .

2 voir LA GAUDRIOLE [Fra] à Albi, Parvis de l'église de la Madeleine le 10/08/16.

3 comme d'hab', voir aussi Festival Beauregard - Jour 3 à Hérouville Saint-Clair le 07/07/13, on postera dès qu'on le retrouvera l'article au sujet de la Fête de l'Huma de…2007 ?!

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