Chroniques concerts
13
Jui
2022
live report concert punk hardcore espagne

C'est ce chat qui a raison : ce regard qu'il vient de lancer à cause du bruit d'une énième chute du portable en dit long. Cet homme est irrécupérable.

Oui, pour du long c'est un peu court, mais c'est la vérité toute nue assénée avec des yeux jaunes d'une beauté et d’un vide insondables. Les cigales, qui pour le premier jour de l'année entonne leur insupportable chœur de tribune, donnent l'impression de se moquer du monde entier qui du reste le mérite bien : à quoi bon se casser l'abdomen à être fourmi quand on peut striduler sans vergogne des malheurs du monde, même si celui-ci se limite ce samedi à un aller-retour vers la Catalogne espagnole pour perdre encore un peu de l'audition que les super-héros de KISS 1 ont déjà mis à mal because Lord Crétinus laissa comme toujours les bouchons à l'hôtel qui nous accueillit en ses murs feutrés…


Thierry le Zébulon de service en poste de pilote, nous voilà de nouveau réunis pour représenter la fine fleur française face aux catalans féru de punk / hardcore du HFMN Crew réunis au Club del ritme lui-même, l’Estraperlo de Badalona, déjà visité à l'occasion mémorable d'un passage de POISON IDEA pour une fois pas trop trop loin de la Nawakulturne. Ce soir, ce ne sont pas moins de cinq groupes qui vont se succéder de 20h30 à au moins 2 h du mat’, autant dire qu'on ne va pas chômer mais Satan étant toujours un soutien fidèle, des 34 ou 35 dégrés qui plombent l’Occitanie, on passera à 27 avec la frontière. Malgré des chimères tenaces nous constatons dès l’arrivée que non, l’essence n’est pas moins chère qu’en France, autant carburer à la sueur.

Le premier groupe à monter sur scène se nomme IMPACTO, il va livrer durant quinze minutes seulement un hardcore old school estampillé straight edge que l'on sent encore plutôt vert mais motivé, difficile toutefois de se faire une idée en un tout petit quart d'heure... Une démo était semble-t-il à la vente mais comme pour tout le reste, nous ne pourrons point nous permettre de dépenser, du coup… We'll be back amigos!

Avec AGAINSTERS, la moyenne d'âge augmente sensiblement, le son aussi, plus rock'n'roll (Rickenbaker + Gibson + Pearl), un territoire que l’on situe entre la Detroit des STOOGES, le sud d’un NASHVILLE PUSSY, la Scandinavie des TURBONEGRO / HELLACOPTERS, tout ça mâtiné de oi! : le répertoire est souvent balancé pied au plancher avec en poupe un chant féminin charismatique, de gros chœurs, de gros riffs, une rythmique béton et puisque pas grand monde ne bouge son cul, la chanteuse prend el toro par les cornes et va chanter dans la fosse. Cool !

On rigolera bien moins avec CUERO, un trio de blackened oi! motörheadien forcément maquillé au cambouis et méchamment dissonant (adieu tympans !). La double voix éraillée avec chant en espagnol (?), l’attaque en double Flying V très carrée, le ton volontiers bourrinas, presque martial parfois, est une véritable brique sonique primitive que l'on reçoit en pleine gueule avec le plus grand plaisir. A priori au moins deux démos sont sorties mais ne sont plus disponibles qu’en virtuel, espérons qu’un disque plus long fera son apparition, on a beaucoup aimé ce groupe…

Autant que le suivant, BRUX, qui montre que death-y-dément, le street punk / oi! à la brutale est de sortie car le trio très bruyant tape dans le tas très fort avec des compositions flirtant aussi avec le post-punk tordu, comme un point de rencontre entre les années Chaos Prods en France, WARUM JOE et JOY DIVISION si la chose était concevable. On note par la même occasion le son de guitare le plus étrange et original de la soirée, la démo éponyme est juste géniale pour ceux qui aiment le râpeux qui ne prend pas de gants pour transformer l’auditeur en diable de Tasmanie.

Avec un nom de groupe pareil, on se méfiait un peu de ANAL HARD, à tort puisque son hardcore metal trash et thrash (avec chant en espagnol) est d'une puissance folle, que l'image scénique que l’on constate est un rien iconoclaste, pas besoin d'uniforme pour montrer son appartenance à une tribu rock'n'roll qui se dit si souvent au-dessus ou contre les lois, vestimentaires ou pas. Visiblement actif depuis une vingtaine d’années, ANAL HARD est une machine scénique non négligeable que l’on reverra avec plaisir dès que l’occasion se représentera, son public se montre valeureux !

Les allemands SPERMBIRDS, finalement arrivés sur le tard, montrent que la flamme est là et bien là, son chanteur est toujours aussi cintré avec sa gestuelle étrange et ses mini-dépressions quand le matos décide - régulièrement - de planter sa zone au rayon basse. Entre DEAD KENNEDYS, NOMEANSNO et PiL, les vétérans tiennent leur scène et enflamment leur public malgré l’heure très tardive (hm, trois heures du matin c’est à peine la fin de soirée en Espagne en fait, non ?), la majorité reprenant à tue-tête les refrains antiques du groupe, une communion plaisante à voir !

Peut-être à cause de la présence en ces murs des SLAPSHOT la veille, on avait imaginé la soirée bien plus hardcore qu'elle ne le fut, mais jamais on n'a été déçu, partir avec un frère, faire la route en changeant d'accent suivant le virage, partir du principe qu'on découvrira les groupes une fois sur place (hormis les antiques SPERMBIRDS, tous nous étaient absolument inconnus), c'est ça l'aventure comme on l'aime ! Merci à Thierry, of corpse ! On se revoit à CRO-MAGS petit veinard !!

On the road again cabrones de puta madre !

1 voir KISS [Usa] + THE LAST INTERNATIONALE [Usa] à Paris, P. O. P. B. le 07/06/22

Galerie de photos : https://www.nawakulture.fr/photos-concerts

Chaîne de vidéos : https://www.youtube.com/c/GedDudumoshingcamdici

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