Une petite contribution ?

Chroniques CD
01
Juil
2021

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Suite à divers événements de l'époque,

on a un peu trop vite limité les groupes estampillés grunge à des post-hippies fans de BLACK SABBATH, LED ZEPPELIN et des STOOGES portant des chemises à carreaux et des jeans troués pour dissimuler leur physique maigrichon et blafard. La plupart de ces groupes avaient leur univers « propre » et n'avait pas vraiment grand-chose en commun avec les autres mais il fallait absolument, comme toujours, trouver le mot qui pourrait servir de nouvelle étiquette à un courant qui avait justement bousculé cette habitude d'en coller partout. Presque tous (GREEN RIVER, MUDHONEY, NIRVANA, SOUNDGARDEN, BABES IN TOYLAND, STONE TEMPLE PILOTS, ALICE IN CHAINS entre autres) ont disparu corps et âme pour parfois revenir ensuite sous diverses formes que nous n'avons pas pris le temps de découvrir.

Car un concert de L7 à la toute fin des années 1990 avait réduit tout ça en cendres, ce groupe féminin était le début et la fin de tout cet amalgame, pour employer un mot que les « intellectuels » aiment bien balancer à tort et à travers, un amalgame donc qui inspira tout de même nombre de musiciens avec plus ou moins de bonheur, souvent moins. Alors quand on voit ce groupe français s'auto-étiqueter grunge, on se dit que tout ceci ne mènera pas loin mais le plaisir immense est là, celui de découvrir des femmes à la fois enragées, engagées et hypersensibles, compositrices hors-pair de brûlots intemporels du genre de ceux qu'on se vit infliger vingt-cinq ans plus tôt par les marraines nord-américaines : des bastonnades parfois faussement guillerettes, parfois lugubres, entre punk et sludge.

Parasites, c'est un essai féministe et brûlant, un deuxième album qui ne fait pas de prisonniers tant la chose se désigne elle-même par sa forme superbement abrasive et sauvage comme un pavé dans la mare, projeté avec une puissance folle (en voilà une voix dingue, directement sortie du fond des tripes, tout comme les textes du même tonneau) peut-être bien pour tuer le silence de l'ennui, mais sûrement plus pour exorciser de multiples colères qu’elles partagent avec une grande partie opprimée de la population (The Escape, Be happy be productive, Monster…) qui trouvera ici un exemple à suivre. C’est toujours mieux que de se morfondre dans son petit coin confortable ou suivre en bêlant le premier berger à grande gueule venu. Qu’elles le revendiquent ou pas, SHEWOLF = riot grrrlz.

Un livret est inclus dans ce très joli digifile, il contient aussi les textes mais aussi de superbes illustrations par le biais desquelles on peut découvrir différentes formes (la première est juste géniale), idées et messages, on n’a death-y-dément pas affaire à des artistes blasées, hypocrites ou vides qui n’ont finalement rien à dire et on en est ravi, ici aussi on n'en peut plus des cyniques corrompus qui nous gouvernent, des enflures qui tabassent leurs femmes, des scientifiques qui perfectionnent des armes toujours plus efficaces et laissent le cancer, ZE parasite, massacrer le monde. Et même si c'est le pessimiste qui a toujours raison ici, on en a parfois quand même la certitude, unis :

We are stronger

https://shewolf3.bandcamp.com/

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