Chroniques concerts
05
Aoû
2022
D.R.I. crossover thrashcore thrash hardcore concert reportage

Crac, en une petite poignée de secondes tu peux savoir quand un voyage sera placé sous le signe des gêneurs et des déviations !

Pas de surprises donc, c’est un trajet complexe qui relira Capestang à Saint-Jean-de-Védas, y a pu d’respect pour le rock’n’roll, ça nous coûte 85% du set des ALL BORDERS KILL que nous aimons tant, les trois morceaux - ça fait court quand on aime, mais c'est la vie, y a des jours où arriver au bout de ses plans tient de la sinécure - ne nous font pas regretter une lettre des nombreuses chroniques que l’on a déjà écrites à leur sujet : un groupe qui détient la synthèse des musiques extrêmes façon underground (hardcore punk, deathrash, crust) au bout des doigts de vétérans chevronnés et passionnés n’a plus à chercher le Graal, il est LE Graal. Le pied intégraal, et dire que ce sera encore mieux quand on arrivera à l’heure ! Que toutes les pantoufles routières soient à l’instant retirées des listes des postulants au Paradis et qu’ils soient réincarnés en graviers de la TAF !

Et ils en prennent dans la tronche les graviers locaux ! C’est le poteau Jérôme qui vient d’abord les secouer en aboyant gentiment au milieu des rangs pour le moment clairsemés de cette fosse dont nous sommes désormais exclu, le vieillard boiteux peut donc poser son cul sur un banc en attendant l’intégralité des squales, et l'aquarium serait presque agréable avec tous ces T-shirts couleurs néon, les poissons suceurs pour nettoyer, le petit coffre au trésor contenant la joie de vivre des thrasheurs hors d'âge, D.R.I. à Montpellier, putain tu t'rends compte Butthead ?! Mais pour le moment c'est TERROR SHARK qui va enchaîner les bols de soupe à la phalange non sans avoir pris le temps de disposer les poissons gonflables. Ceux-là aussi vont morfler, on dirait qu’ils le savent, l’envol est proche, et avec ça s’abattront les grêles de pains de neuneus qui se les jetteront comme des sauvages, le cirque Pleind’Air s’en remettra-t-il ?! Toujours est-il que le Flying Barman de Jadis et sa bande de deux tirent leur révérence, c’est triste mais ça se fête, la setlist est conforme à ce que l’on attendait, le trio met ses tripes sur les planches et on est très heureux d’avoir pu témoigner de ce grand moment de pagaille et de tendresse réunis au royaume du paradoxe. Ces gens sont GENTILS. C’est écœurant, adieu donc !

200 entrées dont la plupart achetées par des gens des antipodes qui ont traversé plusieurs départements pour suivre le groupe, Cessenon-Secret Place c’est cent bornes aussi pour nous, que des fans sont là, ou des ceusses désireux de parfaire leur culture décibélique, des gens dans l’esprit qui savent et n’ont pas à papoter pour partager leur plaisir d’être ensemble : sauter, bousculer, recevoir, lancer, bouger, toujours bouger, même quand Kurt Brecht fait une pause avec sa voix inoubliable, faut que l’énergie soit communiquée sans délai, sans court-circuit, Spike Cassidy à la guitare, Harald Oimoen à la basse, Rob Rampy à la batterie pilonnent les premiers rangs avec dextérité, on se revoit en train de découvrir pour la première fois 4 of a Kind, le premier disque du groupe qu’on avait chopé, peut-être à cause d’un HRM spécial Thrash concocté par Phil Pestilence… Et la joie ressentie d’avoir découvert les quelques autres (D.R.I. a arrêté de sortir des disques depuis longtemps, au grand désespoir des hardos de salon…et le nôtre, quel groupe !!), dont le premier reste bizarrement notre préféré. Et là, boum, à cette pensée, Kurt balance un Violent Pacification qui sonne à nos oreilles comme un hymne céleste, Dieu existe, mais pas celui que tu crois, saint-Bruit est dans la place, tellement persuasif qu’il pousse les uns à faire semblant de sortir avec leur aviron, les autres à décrocher leur tronche de leur cou, une danse macabre conduite à la flûte en os vers le cabinet de l’ostéopathe.

Et puis c’est fini, comme un rêve juste au moment où t’allais te bouffer une pelle parterre, le rêve d’un piquage de nez, l’impression de chute et le malheur de retrouver l’horizontalité si proche de celle du cadavre… Nom de dieu, rendez donc ce pit à ces arts et constater la tête que les musiciens font devant la plus petite des marques de ferveur ! Salut aux ouailles de Saint-Bruit Moira, So, Thierry, la secte de Toutes les Frontières Tuent, l’apex des Requins de la Terreur, Fyfy de la Place Secrète et tous ceux que l’oubli ne rayent pas d’une liste très vivante de gens qu’on aime. Nawakulture est GENTIL. C’est écœurant, adieu donc !

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