Chroniques concerts
20
Juil
2022
rolling stones concert lyon sixty reportage

Parce que Guitare en Scène nous a fait rêver les jours précédents 1, parce que les milliardaires anglais n'en ont jamais assez à empiler dans les hauts coffres de Donaldville,

direction Lyon et le petit stade sympatoche de l'équipe locale pour mettre un point semi-final à notre summer tour avec le plus grand groupe de rock’n’roll du monde, ZE ROLLING STONES. De la Savoie à la capitale des Gaules le trajet est comme les autres, essentiellement constitué d’injures balancées à tous les conducteurs de camions et à toutes les cabines téléphoniques roulantes. C’est après de brèves agapes à Bron que le calvaire pour récupérer le troisième larr(d)on commence, il n’a jamais fait aussi chaud depuis des lustres mais heureusement le vent souffle suffisamment pour diluer le feu qui entre dans les poumons. Mais dans les transports, c’est une autre histoire : quand tu es l’abonné à la torture permanente, l’effet loupe des vitres du bus transforme rapidement le hardos en rissolette suitante par tous ses pores, c’est une éponge qui déboule chercher sa fifille à la gare et remonte dans un tramway pour le trajet inverse, le stress imposé par des conditions de parking à deux doigts du kidnapping ajoutant ce qu’il faut pour rendre la journée un peu plus tendue.

Et c’est là que la série de mimi, de rara, de miracles se produit : l’endroit où l’on nous enjoint de nous garer en échange d’une navette aller-retour est calme et encore relativement peu fréquenté, la bétaillère nous embarque vers le stade plutôt tranquillement, nous dépose carrément en face de notre porte d’entrée, les longs doigts du monsieur qui fouille se font diplomates et quand les escaliers gravis on se retrouve, Aélie, Anaïs, Gédéon, pile devant la porte de notre bloc et que les gradins réservés se trouvent à l’ombre, nous louons tous les démons de l’enfer de nous avoir dans leurs petits papiers. On ajoute que pour les suicidaires qui se disent qu’ils peuvent ensuite redescendre se faire péter un petit sanuiche, c’est surpris qu’ils regarderont leur ticket de caisse tant les prix sont raisonnables par rapport à ceux des escrocs parisiens par exemple. La grande chose ovale se remplit lentement mais sûrement et de manière disciplinée, organisée, fait assez rare pour être signalé, le personnel à qui nous avons affaire est sympa et nous fait même oublier les crétins assis à côté de nous, occupés qu’ils sont à nous polluer la vie (ALTIN GÜN sort soudain des baffles, today a DJ saved our life, alors vos gueules) puis la première partie.

Les angleterrois de NOTHING BUT THIEVES, très chanceux de se retrouver sur une telle tournée, donnent dans une sorte de groove rock’n’pop émotionnel que l’on jurerait par moment étre interprété par des membres de MUSE jouant avec un chanteur à la voix typée THE DARKNESS, donc pas exactement de la gnognote si l'on veut bien faire dans l’ouverture d’esprit. Visiblement un concept que les pithécanthropes qui nous entourent n’ont pas choisi comme option facultative, s’ils sont allés à l’école. Les mêmes raclures diront forcément un jour, si la mémoire leur revient au moment - forcément - opportun, « ah oui NOTHING BUT THIEVES, on connaît, ils avaient fait l’ouverture pour les STONES à Lyon ». Malgré les conversations à haute teneur philosophique des alentours, le groupe parvient à éveiller un public forcément écrabouillé par la chaleur, le chanteur a bien raison de dire à un moment « il n’y a peut-être que peu de gens qui nous connaissent ce soir mais putain, on est bien contents d’être là avec les ROLLING STOOOONES ! » et au fait, « vous êtes prêts pour les ROLLING STOOOONES ?! » Eh bien oui, même s’il faut reconnaître que les lanceurs de ola ne sont pas aidés. Et puis les vieux tardent.

Leurs Sataniques Majestés font bien sûr attendre leur public, préférant peut-être garder loin de la canicule leur corps parcheminé d'anciens dieux. Toujours est-il qu'ils finissent par arriver après quarante-cinq minutes, après un chouette hommage en images à Charlie Watts à qui ce show lyonnais est dédié par M'sieur Jagger. Soixante ans de vie commune marque son homme et Satan sait que Watts n’est pas celui qu’on aurait vu partir en premier. M’enfin, la setlist est quasiment la même qu’à Marseille il y a quelques années 2, un joli jukebox tout de même zébré de pauses plus longues entre les morceaux et des notes de chant aigu de plus en plus évitées. Street Fighting Man, Let's Spend the Night Together, Tumbling Dice, Out of Time, Dead Flowers (un poil rapide non ?), Angie (où ces putains de téléphones se prennent pour des lucioles), You Can't Always Get What You Want (longuement étiré), Living in a Ghost Town (mouais…), Honky Tonk Women, You Got the Silver (chanté par Keith Richards), Happy (le morceau de trop niveau chant, Keith !), Miss You (qui occasionne un beau duel de sax’), Midnight Rambler (très, trop, long), Paint It Black (pour toujours phénoménal), Start Me Up (quand on y pense, le morceau mythique récent de la setlist hahaha !!!) et trois hymnes absolus chacun dans leur genre : Sympathy for the Devil, Jumpin' Jack Flash et Satisfaction qui occasionnera sa pluie de confettis sur la tronche des ouailles forcément ravies des Pierres qui roulent. Une grande soirée avant le retour en Enfer.

Hm, pour finir sur une sortie scientifique et pédagogique, pourquoi ne pas s'arrêter sur l'aire d'autoroute de Saint-Rambert-d’Albon où la profusion de blattes rappelle les pires films d'horreur, celle de mouches les pires chiottes de festival et celle de fourmis un épisode des Mystères de l'Ouest dans lequel un homme se faisait dévorer vivant par une infinité de ces petits insectes toujours motivés pour vous grailler les os. On the road again !!

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2 voir THE ROLLING STONES [Uk] + THE GLORIOUS SONS [Can] à Marseille, Orange Vélodrome le 26/06/18

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