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Chroniques concerts
22
Sep
2022
heavy black death metal concert reportage

C'est bien simple, pour aller en Enfer, c'est toujours tout droit !

Un car d'abord (qui n'écrase malheureusement pas le débilos en vélo qui déboule de face en se la pétant roue arrière) jusqu'à Béziers (où une pause au Plateau des Poètes est chaudement recommandée par la maison), un covoiturage jusqu'à Ramonville ensuite puis une petite randonnée jusqu'au Bikini, ne bougez plus, vous y êtes.

Satan a en effet convoqué ses disciples par le biais de ménestr'Hellz savamment triés sur le volet.

Les salutations passées (Berzerk, Vinss, Laurent NECROCULT, Fifi, Madame et Monsieur Noiser, organisateurs de l’évènement mais aussi, incroyable mais vrai, Alexe et Xavier !!), rendez-vous face aux baffles avec une puissante mise en bouche venue de Suisse, le toujours impressionnant duo BÖLZER pas pour autant primitif comme d’aucuns pourraient se l’imaginer mais hyper doué pour instaurer une ambiance sinistre, dissonante et rituelle sans même se référer aux énormes bougies et au gigantesque fond de scène du tonnerre. Les compositions frisent largement le psychédélisme par la force hypnotique de ses attaques labyrinthiques (quel batteur ! Quels riffs ! Quels hurlements !) et prouvent que BÖLZER est un monstre scénique tout à fait à sa place pour cette grand-messe.

TRIBULATION, pour faire le vieux con une fois de temps en temps, « c’était mieux avant » si on se met un moment dans la défroque fraîchement déterrée de l'adepte forcené du black / death à la suédoise, car ici la majorité des morceaux sonnent paradiselostiens, les morceaux les plus agressifs ont par contre toujours autant de gnaque, c'est déjà ça. On peut par contre noter que les suédois ont leurs fans connaissant la majorité des paroles par cœur et force est de reconnaître que comme on n’a beaucoup suivi le groupe, on ne s’est pas rendu compte de l’essor que TRIBULATION a pris ces dernières années, on fera l’effort de réécouter tout ça quand on aura un moment. Pas notre tasse de bourbon donc, mais, soyons juste, pas forcément un moment désagréable non plus.

Rien ABBATH du norvégien Olve Eikemo ? On n’était pas forcément loin de se le dire à l’arrivée sur les lieux et pourtant l'homme et son groupe envoient souvent la grosse artillerie, la guitare d’Abbath est très vite reconnaissable et ainsi sa voix, et là aussi les morceaux les plus brutaux remportent chez nous tous les suffrages, un peu moins l'attirail de scène mais bon chacun sait faire preuve d’abstraction quand la grosse castagne est de sortie. Jadis, IMMORTAL sonnait certes plus brutal et glacé (comment ne pas faire la comparaison après toutes ces années de service ?) mais Abbath a su s’entourer d’un trio de musiciens à la hauteur et dont la présence sur scène en impose. Les fans de heavy / black metal en ont eu pour leur argent, même si le meilleur était encore à venir.

Car WATAIN est depuis longtemps pour nous un des plus grands groupes scéniques du metal actuel, la conviction inébranlable dont font preuve les musiciens, le démon Erik en tête, est toujours à signaler quand beaucoup se contentent du spectacle et des images d’Épinal. Alors si les introductions pompeuses et les décors surchargés font l'objet de moqueries de la part de crétins sûrement de sortie pour un concert de metal « normal », les ouailles du gospel du Diable seront tous d’accord à la sortie pour qualifier le concert de génial, l’énergie déployée est à peine croyable et l’on se félicite d’avoir pris la route pour communier avec les toulousains, les derniers albums de WATAIN ne nous avaient pas déçu car dans la lignée que l’on sentait survenir, et live, c’est juste immanquable.

Pour le retour du lendemain, rien de mieux que la présence de (véritables) amis pour prendre le café avant un petit trajet vers des covoitureurs qui posent des lapins ou des blancs en réponse à des messages pourtant chiadés à souhait, c’est du coup un métro qui pose l'homme sauvage (snif) sur un quai pour un train destination Ménardville des heures plus tard. On en a même acheté un magazine en kiosque, un geste oublié depuis des lustres rapport à un désintérêt absolu pour les brochures publicitaires, c'est dire ! Fidèle à elle-même, la SNCF se débrouille impecc' pour nous faire louper le car retour, l'enfer, on avait oublié, c'est les autres, en particulier les deux microcéphales à un mètre qui s'appellent « ma bitch » et polluent l'attente... On the road again, vite !!

Galerie de photos : https://www.nawakulture.fr/photos-concerts

Chaîne de vidéos : https://www.youtube.com/c/GedDudumoshingcamdici

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