Chroniques concerts
05
Mar
2011
watain aosoth shining death black metal reportage

Une affiche comme celle-là avec une seule date dans la moitié sud de la France garantit un salle comble.

Les locaux, dont je suis, ont la surprise de découvrir un autre public que celui habituel des lieux : beaucoup de jeunes mais aussi pas mal de pélucres en costard. Nom de dieu. On y est. WATAIN est rentable. 

 

Mais rendons pour le moment à César ce qui est à lui, un des découvreurs du groupe chez nous en France est le label Spikekult que MkM, aujourd’hui chanteur d’AOSOTH mais aussi leader d’ANTAEUS, avait monté à la fin des années 90. Témoin le split WATAIN / DIABOLICUM encore dans les mémoires d’une poignée de fidèles perdus au milieu de cette foule d’un soir. Et dire que tout ceci date d’avant ta naissance, soupir... En attendant de revoir - exceptionnellement - ANTAEUS au DeathKult fest en Allemagne, AOSOTH sont les premiers à fouler la scène de leurs pieds fourchus devant un public compact et motivé. Les gospels sataniques du groupe sont d’obédience black / death metal rapide et fanatique, n’oubliant jamais ici et là de semer quelques graines thrashy et mid tempo du meilleur effet. L’absence au début du set d’une caisse claire convenable ne semble pas gêner les adeptes qui s’entrechoquent avec violence et poses guerrières décidément délicieuses, air-guitar compris. Et terminer avec le terrible Inner war du culte ANTAEUS ne laissera que quelques survivants hébétés et sourds. Très bonne prestation malgré un batteur fraîchement entré dans les rangs. 

 

L’énigme SHINING prend le relais et force est de constater que Niklas s’est entouré d’une brochette de très bons musiciens qui maintiennent une assise musicale costaude pour enluminer les élucubrations vocales de leur leader. Quitte à aborder différents registres du black traditionnel à la pop / rock torturée. Même s’il en faut pour tous les goûts comme ta maman te l’a toujours dit sur un ton de messe, il s’en faudra de peu pour que l’auteur de ces lignes se lasse, paradoxalement d’une trop grande variété d’approches, celles-ci souvent diamétralement opposées. En effet il semble souvent que les délires de Kvarforth lorgnent de plus en plus vers une shoegaze popisante qui si elle ne laisse pas insensible perd les puristes sur la durée malgré une massive adhésion du public plus jeune qui semble totalement sous la coupe de l’homme qui titube. Mi figue mi raisin, c’est con quand on aime pas les fruits.

En quatre albums incontournables, les suédois de WATAIN ont atteint des sommets de popularité, un temps chez les disciples du black metal le plus underground et le plus pur, avec une inclination vers l’orthodoxie chère à une frange du public bien que l’on puisse parler de gimmick à part pour quelques rares groupes à l’origine de ce courant. Mais depuis le public metal en général ne s’y trompe plus, et le groupe a su en jouer dès le début en privilégiant le côté catchy du metal pour faire vibrer les bonnes cordes, sensibles chez les métalleux s’il en est. Des palettes de CDs et T-shirts plus tard, sans parler des somptueuses versions vinyle, le groupe est également devenu un fer de lance scénique du genre, peu sont ceux livrant des concerts d’une telle intensité, petite pensée ici à DESTROYER 666TEMPLE OF BAAL ou ANTAEUS, des entités de puissance équivalente. Les hymnes du groupe se succèdent les uns après les autres (My fists are Him, On horns impaled, Sworn to the dark, Reaping Death, Rabid Death’s curse...), ponctués par des morceaux plus récents au détriment d’autres classiques mais après tout quoi de plus magnifique qu’un groupe qui fait ce qu’il veut, au MÉPRIS des réflexions des ouailles ? La set list exténue un public qui sort de la Place Secrète gentiment, guidé par un Satan hilare de voir les gens hypnotisés par ses serviteurs zélés et bougrement efficaces, comme à chaque fois.

 

Le Grand Cornu : 1, Dieu : 0.

Les mots-clés :

Quelques chroniques en vrac

morgue brutal death metal grind france cd
yattai death grindcore france cassette
guerilla toss arty pop cd