Une petite contribution ?

Chroniques concerts
20
Mai
2014

Du « jazz » à Bédarieux avec salle pleine à la Tuilerie,

et coïncidence le Chantier voisin rouvre le même jour, l’ami Chris en reprend les rênes, difficile de ne pas sortir nourrir et papilles et oreilles voraces hein ? 

 

En guise d’intro la guitare d’Ulf Wakenius se balade entre flamenco et néoclassique avec un toucher rock indéniable, les cordes graves bastonnent sec. On passe rapidement sur La Mer de Trenet car paf, la belle Youn Sun Nah monte sur scène, et c’est, surprise, le Hurt de NINE INCH NAILS qui ouvre le bal et c’est aussi la rencontre avec une voix qui susurre, fluette comme gênée par son génie, entre les morceaux mais fait pendant ceux-ci grimper à des hauteurs célestes les amateurs de voix puissante et belle, multicolore aussi. 

 

Uncertain weather rappelle la magie vocale d’une Lisa Gerrard ou de Björk avec kazoo en option sans pourtant sonner clownesque mais plutôt oriental et déjanté, sans oublier de grosses rythmiques de guitare, le tout avec humour et désinvolture. Momento magico est une composition néoclassique et loufoque de Ulf jonglant avec un jazz vocal quasi prog, on ne serait même pas loin de MAGMA des fois, d’autant que la chanteuse semble sous l’emprise de son gratteux et trépigne sur cet échevelé déluge de notes, l’accompagne même en rythme avec une main sur sa poitrine pour douce percussion puis s’envole dans un oscillation où aigus et grave jouent au yoyo, mettant Ulf en transe lors d’un scat lyrique étonnant, la chance de jouer auprès d’Elle, transcende la musique de Lui. 

 

Et c’est le feu dans la salle devant la grande complicité virtuose du duo ! Une intro avec un genre de piano à pouces et à l’écoute du morceau suivant on imagine une enfant en robe blanche qui chante sur la lune accompagnée par un jouet, elle s’extasie devant la chute de flocons argentés, qu’il est compliqué de redescendre de là-haut… Et la guitare revient en picotant, même si c’est vraisemblablement de la tristesse qui émane tout d’un coup de ce chant angélique et peaceful. La hargne revient plus tard, et les rythmiques plombées avec, très rock bien qu’acoustiques, comme si NIGHTWISH faisait une apparition surprise. Le folk qui suit rappelle dans son intro le ZEPPELIN, forcément, mais aussi COORS & DUBLINERS, avec un tel morceau et sans exactitude géographique, Braveheart aurait mis une chataîgnée aux Angliches, et le jeu avec vocodeur fait un effet bœuf. Et la demoiselle d’headbanger comme on n’ose le faire sur nos chaises qui font mal au cul et de balancer un solo de sa voix qui atterrit, apaisée, sur un folk suédois, la pâmoison de Monsieur Ulf est juste palpable. Un de ses morceaux d’ailleurs, Mistral, inspiré de bourrasques passées en Avignon, est tendu de rythmiques méchamment groovy et un fantasque jeu de respiration de la chanteuse, le tout versant dans une fusion jazz funky aux sonorités parfois arabisantes, faisant souffler en lieu et place du mistral quelques doux tourbillons de sirocco.

 

Le « dernier morceau », Ghost riders in the sky, se la joue western, avec un verre pour bottleneck, Ulf démontre encore l’incroyable talent de ses doigts sur un morceau qui rappelle aux connaisseurs les bandes originales de western spaghetti, et sonne comme un boeuf Johnny Cash / Luis Enríquez Bacalov pour un Tarentino qui aurait demandé des hennissements comiques comme piment de partition. Deux performers parfois loufoques en osmose = plaisir immense, un vrai carton dans le public qui doit sûrement légèrement halluciner devant des sons souvent inhabituels ici. Mais le « vrai » dernier morceau, une cover du Avec le temps de Léo Ferré, amène quelques derniers frissons, dommage que le voisin chante faux et pas en rythme mais il paraît qu’on ne jette pas une chaise en salle. 

 

Avec le temps tout s’en va, même Yun Sun Nah et franchement admettons qu’on n’en a pas du tout envie après un câlin d’une heure et des bananes. Ah mais tiens, et pourquoi pas un « vrai vrai » dernier morceau ? Randy Newman (Same girl) à la boite à musique démontre un sens du rythme assez dingue et cette voix enfantine et onirique laissera dans la mémoire un moment précieux. Merci.

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