Chroniques concerts
10
Aoû
2020

Depuis que l’Ouest était devenu un territoire régi par les lois du bal masqué décrétées par les sbires du sheriff McRon,

le saloon était franchement étrange à voir… Il n’était pourtant pas question de louper UNEARTHED, quitte à quicher au fond de la diligence un Lolo du coup privé de chaussures par Matt le cocher, à marcher sous les coups de boutoir de l’ancien dieu Râ (ou Rhââââh quand on a soif, ou mal aux pattes à force de porter d’innommables cothurnes ressemblant plus à des frondes qu’à des santiags…) pour finalement arriver à destination, les portes battantes du bastringue n’attendant plus que nous.

On parlait de santiags, au premier coup d’œil Gilles (ex-CONCUBINS DE LA CHANSON) le percussionniste est repéré, « brillant comme un miroir de bordel » avec au pied une paire de bottes naturellement cirées à force de latter les culs de ceux qui préfèrent toujours une batterie à un djembé (ouille). Devant, avec sa guitare Éric (ex-LES ROIS DU RODÉO), ce cowboy punkytonk man à la vibrante voix monocorde travaillée à la gnôle, au sourire parfois carnassier (genre James Coburn avant un repas amplement mérité) et à la gestuelle souple et reptilienne, nonchalante et trinitesque. À ses côtés, un redoutable harmoniciste, Agosta (PHLEGM). Sont-ce des mirages ou la percu se transforme-t-elle parfois en guitare ? Et Célia (LAZY DOLL FACTICE), cette délicate jeune fille nantie d'un violon, n’est-elle pas le doux fruit de l’arrosage intérieur avec Jacques et Daniel, les amis qui bourrent bon ?

Au programme quoi qu'il en soit, une relecture à la fois respectueuse et houleuse du traditionnel anglo-saxon (de Maître Cash aux ROLLING STONES en passant par MOTÖRHEAD ou le GUN CLUB), un peu comme repris par des POGUES moins bucoliques et plus cowboys fin de siècle comme si Hank Williams, Tom Waits et Nick Cave en goguette avaient gentiment semé partout de chouettes fantômes sur la route de la Vallée de la Mort… Toujours est-il que si l'harmonica joue fréquemment le coyote goguenard, le violon apporte lui un souffle joliment aérien à un ensemble très terrien dans ce chouette moment auquel il ne manquait plus que la nuit noire et un feu de camp, comme ceux d’avant que la « civilisation », avec deux putains de guillemets géants, viennent tout foutre en l'air.

Liberté toujours, gardez vos barbelés bordel !

Salutations à l’ami Christian Faure qui commit jadis quelques-uns des textes chantés ce soir-là.

Galerie photos : https://www.nawakulture.fr/photos-concerts

Vidéos : https://www.youtube.com/c/GedDudumoshingcamdici/

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