Chroniques CD
02
Oct
2011

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

french black death metal split cd

S’il y a un message qui est martelé par la Church depuis des lustres c’est le suivant :

pourquoi aller chercher à l’étranger, bande de gros nazes, ce que vous avez sous les yeux si vous vous donnez la peine d’avoir un poil de culture ? 

 

TEMPLE OF BAAL est à n’en pas douter, et ce depuis le début, un des fers de lance du black metal français, qui est, rappelons-le aux ceusses qui sont là depuis avant-hier et essaient déjà de faire passer des vessies pour des lanternes à de vieux briscards, tout simplement un des meilleurs du monde, sans chauvinisme (ridicule) aucun. Le Temple de Baal transpire depuis le début un fanatisme metal rare, ses membres n’hésitant jamais à rappeler d’où ils viennent en parsemant leurs réalisations d’hommages au passé tout en maintenant une politique de progrès. Si le groupe était déjà bon en 1998 (où étiez-vous alors ?), en 2012, il pulvérise la concurrence en alliant bestialité et musicalité, ce qui pour l’auteur de ces lignes n’est que l’apanage des plus grands. Les quatre titres sur ce split sont plus qu’un instantané laissé là sur le chemin mais une véritable déclaration de guerre à la mollesse qui semble s’emparer du metal dit underground. Pour preuve le méchant Ordeals of the void qui déferle comme un forcené et défonce tout en speed les conduits auditifs de l’inconscient qui choisit casque et gros volume. Les vociférations qui s’échappent du maelström sonique évoquent irrémédiablement l’enfer mais quand le martial prend le pas sur le sauvage, le groupe se révèle tout simplement impérial et achève les troupes avec un solo de gratte ébouriffant. « Quand l’humanité s’écroule », elle l’a bien cherché après tout, le Temple en profite pour faire pleuvoir sur sa tête d’énormes hallebardes sur un rythme inexorable, et en bons « esclaves de la Bête », font bombance de cette vue apocalyptique. Ce putain de rythme de taverne du Diable aura raison des plus frileux, la teuf thrashy des cervicales. Le conclusif Heresy forever enthroned, un beau bébé de plus de neuf minutes, met les petits plats dans les grands et entraînera l’auditeur dans les tréfonds de la descente aux Enfers, du serment d’allégeance au Porteur de Lumière. Un morceau à tiroirs qui fera un malheur sur scène, comme les trois autres en fait. Vivement une date ! Faites-les jouer à n’importe quel prix !! 

 

RITUALIZATION, également issu de la capitale, a déjà à son actif deux démos virulentes (voir par exemple RITUALIZATION [Fra] The Abduction mass (Zombie Ritual / Blood Harvest) 2009) et accroît sa popularité au moyen de prestations apparemment imparables. Au niveau stylistique, ces messieurs semblent plus se réclamer du death metal brutal et sombre (US) que du métal noir, ceci dit la différence faite entre les deux a toujours été une hérésie si je peux me faire maître. On pensera donc ici aux joyeux trublions de DEICIDEANGELCORPSE ou GOREAPHOBIA avec une dose non négligeable de thrash en l’essence. Les premiers morceaux sont deux fières attaques qui ne manqueront pas de séduire les amateurs de war metal (encore une étiquette discutable) et autres ravagés du bulbe de notre espèce. Le son, plus abrasif que chez les prédécesseurs, accentue la sauvagerie des compositions et finir sur une reprise du Devil speaks in tongues des péruviens de MORTEM est une preuve indéniable du bon goût qui règne dans le local de répèt’. 

 

Un putain de split à se procurer hic et nunc même si le lay-out du livret n’est franchement pas top, le digi a quand même la fucking classe. Dispo aussi en 12’’, on en parle bientôt, et ici. 

 

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